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Crise des opioïdes : Thunder Bay obtient un programme d’approvisionnement sécuritaire

Façade du bureau principal des Centres de santé communautaire NorWest.

Les Centres de santé communautaire NorWest comptent quatre emplacements dans leur réseau.

Photo : Radio-Canada / Miguelle-Éloïse Lachance

Chris St-Pierre

Les Centres de santé communautaire NorWest ont obtenu 1,5 million de dollars en financement de Santé Canada pour lancer l’un des nouveaux programmes d’approvisionnement sécuritaire de drogues au pays. Les responsables à Thunder Bay espèrent ainsi mieux lutter contre la crise des opioïdes.

L’objectif est de réduire les morts liées aux drogues et les surdoses dans la communauté en remplaçant les substances illicites qui circulent par des drogues de qualité pharmaceutique, comme de l’hydromorphone, prescrites par un médecin. Thunder Bay demeure à ce jour l’un des points chauds en Ontario en matière de surdoses mortelles, avec un total de 122 décès en 2021.

Selon la directrice des services de santé de NorWest et gestionnaire du programme, Jennifer Lawrance, ce service est nécessaire puisque les programmes traditionnels de traitement des dépendances et de la toxicomanie ne sont pas suffisants pour certains clients des Centres de santé communautaire NorWest.

Normalement, les clients reçoivent des ordonnances quotidiennes qu’ils peuvent rapporter à la maison, poursuit-elle.

En plus d’une ordonnance, les gens qui font appel au programme peuvent également accéder à une multitude de services de soutien. Cela inclut des services sociaux, médicaux, juridiques et de logement. Ils s’ajoutent aux autres services de réduction des méfaits déjà offerts par NorWest, dont un centre de consommation supervisée.

« À long terme, si vous avez un programme qui compte une centaine de clients, ça peut réduire considérablement la pression sur les services juridiques et d’urgence. »

— Une citation de  Jennifer Lawrance, directrice des services de santé de NorWest

Grâce au financement, le réseau NorWest a embauché plusieurs personnes, dont un médecin, des infirmières, des travailleurs de réduction des méfaits et une spécialiste des services aux Autochtones pour la durée du projet pilote de 15 mois.

Mme Lawrance espère que le programme connaîtra du succès afin qu’il puisse être prolongé et étendu à la fin de cette période. Elle y voit une occasion d'accroître les services déjà existants à Thunder Bay.

La qualité des drogues

Selon Mme Lawrance, le programme d’approvisionnement sécuritaire et le centre de consommation supervisée travailleront main dans la main.

Nous avons des gens qui visitent le centre de consommation supervisée plusieurs fois par jour. Ces personnes pourraient vraiment s’intéresser au programme, dit-elle.

Jean-Sébastien Fallu est spécialiste en toxicomanie et chercheur à l’Université de Montréal (Archives).

Jean-Sébastien Fallu est spécialiste en toxicomanie et chercheur à l’Université de Montréal (Archives).

Photo : Radio-Canada / Laurent Boursier

Selon le chercheur et professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal Jean-Sébastien Fallu, le jumelage d’un tel programme aux services existants est une étape importante à franchir pour une communauté souhaitant lutter efficacement contre la crise des opioïdes.

Chaque mesure n’est pas suffisante à elle seule, mais répond à différents besoins, explique-t-il.

« Fondamentalement, cette crise de surdoses est le produit de plusieurs facteurs, mais le [facteur] majeur, c’est la qualité des produits sur le marché illégal. »

— Une citation de  Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé à l’École de psychoéducation de l’Université de Montréal

Il estime qu’il y a encore des recherches à faire afin de déterminer le niveau d’efficacité de certains services et programmes, puisque selon lui dans certains cas, c’est très restrictif.

Des perceptions à changer

Jennifer Lawrance souhaite profiter de la création du programme pour sensibiliser le public et faire tomber les préjugés au sujet des services et traitements associés aux troubles de consommation.

Nous espérons parler de la discrimination à laquelle les gens font face au quotidien grâce à nos programmes et au travail communautaire qui aura lieu dans le cadre de nos efforts, dit-elle.

Cependant, ces nouveautés peuvent être des couteaux à double tranchant. M. Fallu rappelle qu’il peut y avoir des risques de dérapage.

Pour certaines personnes, le fait que ce soit un problème de santé augmente la perception que c’est irrémédiable, que c’est stable, que ça ne change jamais, affirme-t-il. Mais quand on parle de légaliser ou pas, il faut se rappeler que ce n’est pas nécessairement d’avoir de l’héroïne au dépanneur. C’est le minimum pour faire face à une réalité et à une crise.

À long terme, la gestionnaire espère que le programme d’approvisionnement sécuritaire deviendra un service auquel les clients peuvent accéder par l’entremise de n’importe quel organisme local lorsqu’ils veulent obtenir des traitements.

Avec les informations de CBC

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