•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

En eaux troubles depuis des mois, le maire de Sainte-Julienne démissionne

Une affiche d'entrée avec le nom du domaine.

Le Domaine La Fierté sur la montée Hamilton, à Sainte-Julienne

Photo : Radio-Canada / Aude Garachon

Richard Desormiers démissionne à titre de maire de la Ville de Sainte-Julienne dans Lanaudière. Le maire sortant est depuis des mois au cœur d’une controverse impliquant des irrégularités sur son terrain de camping, le Domaine La Fierté, dont il est le propriétaire depuis 1998.

Son mandat a pris fin le lundi 12 septembre avec le dépôt de sa lettre de démission à la séance du conseil, lue par la directrice générale de la Ville, Nathalie Girard.

On peut y lire qu’il quitte son poste par respect pour ses concitoyens qui, selon lui, méritent un élu capable de se consacrer entièrement au développement de la communauté. Richard Desormiers précise que le litige en cours entre la municipalité et le Domaine La Fierté rend impossible la conjugaison de ses rôles de maire et de propriétaire et ainsi l’empêche d'assumer pleinement ses responsabilités publiques.

« À titre de propriétaire du Domaine La Fierté, je poursuivrai ma collaboration avec la municipalité et toute instance jugée nécessaire pour assurer une résolution rapide et raisonnable. »

— Une citation de  Extrait de la lettre de démission de Richard Desormiers

Le litige et l’enquête

En juillet dernier, un rapport d’enquête de la Direction des enquêtes et des poursuites en intégrité municipale de la Commission municipale du Québec concluait que le maire sortant, des élus municipaux et l’administration municipale avaient commis des actes répréhensibles dans le dossier du Domaine La Fierté.

L’enquête a été déclenchée au printemps, des semaines après que le maire sortant eut candidement avoué, en pleine séance du conseil municipal, que des maisons étaient construites sans permis sur le terrain du camping de La Fierté.

Richard Desormiers avait aussi admis que la coupe d’arbres, toujours sans permis, était monnaie courante sur son terrain. Des révélations qui ont mis le feu aux poudres chez les citoyens.

L’enquête de la Commission municipale du Québec est venue, entre autres, confirmer que presque la totalité des constructions au Domaine La Fierté, soit environ 160 maisons, ont été construites sans permis et en infraction à la réglementation d’urbanisme de la municipalité.

Rappelons que l'administration municipale et tous les élus étaient également visés par le rapport d’enquête. Toutefois, l'enquête avait révélé que l’administration municipale en place « n’acceptait plus le statu quo » et avait entrepris au cours de la dernière année des démarches pour voir à l’application de la réglementation municipale sur le Domaine.

Maison avec grand toit en pente.

Grande maison construite au Domaine La Fierté à Sainte-Julienne

Photo : Radio-Canada / Aude Garachon

Une élection partielle dans les prochains mois

Le conseil a nommé par résolution le conseiller Joël Ricard au poste de maire suppléant. Il ne faisait pas partie de l'équipe du maire. Lors du conseil municipal du 11 avril, c’est lui qui avait proposé une résolution sur le respect des règlements municipaux et des normes environnementales relativement au Domaine La Fierté.

Les membres du conseil municipal de l’équipe de Richard Desormiers sont devenus indépendants, sauf Enock Robin Turcotte, qui reste pour l’instant dans le parti du maire. Il est propriétaire d’une maison dans le camping du Domaine La Fierté.

Une élection partielle sera déclenchée dans les mois à venir, la démission du maire étant survenue plus d’un an avant le prochain scrutin général.

Processus judiciaire à venir

Le conseil municipal s’engage à donner suite au rapport de la Commission municipale du Québec (CMQ) et à régulariser la situation du Domaine La Fierté le plus rapidement possible pour assurer l’équité entre tous les citoyens de la municipalité.

Le conseil a adopté une résolution donnant le mandat aux procureurs de la municipalité de déposer un projet d’action en justice. Ce qui pourrait également aider le service de l’urbanisme de la municipalité à donner les constats d’infraction.

La municipalité a aussi rédigé un rapport sur les irrégularités qui a été remis à la MRC de Montcalm et à la Commission municipale du Québec.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !