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Le service médical en cas de viol devrait être élargi, croient des intervenantes

Urgence de l'hôpital.

Une patiente s'est présentée à l'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton, après une présumée agression sexuelle.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Des intervenantes au Nouveau-Brunswick croient qu’il faut élargir l’accès au programme des infirmières examinatrices des cas d’agression sexuelle (SANE).

Le programme est offert dans 12 des 23 hôpitaux de la province, seulement ceux ouverts 24 heures sur 24. Mais les infirmières du SANE peuvent se rendre dans d’autres hôpitaux.

Selon des déclarations écrites des réseaux de santé, il y a actuellement 26 infirmières du programme dans les hôpitaux du Réseau de santé Horizon et 14 dans ceux de Vitalité. Selon le réseau francophone, 45 infirmières avaient pourtant été formées en 2015.

Selon Sacha Cyr, intervenante en violence à caractère sexuel à l'Université de Moncton, l’accès au programme devrait être élargi à tous les hôpitaux de la province.

Sacha Cyr.

Sacha Cyr, intervenante en violence à caractère sexuel à l'Université de Moncton

Photo : Radio-Canada

« Pour moi, ce service est précieux et devrait être déployé à tous les niveaux. »

— Une citation de  Sacha Cyr, intervenante en violence à caractère sexuel à l'Université de Moncton

Une fois prise en charge par une infirmière SANE, elle peut recevoir des soins, il peut y avoir des prélèvements de preuves médico-légales, mais elle peut aussi recevoir une panoplie de [services de santé], psychosociaux pour vraiment la prendre en charge, ajoute Mme Cyr.

Une victime de viol refoulée à l'urgence

Lundi, une femme a raconté à CBC s’être rendue au début du mois d’août à l’urgence de l’hôpital de Fredericton, sur les conseils d’un policier de la GRC.

Elle affirmait avoir été victime d’un viol, mais lorsqu’elle est arrivée à l’hôpital, il n’y avait pas d’infirmière du programme SANE. Elle a été renvoyée chez elle. Ce n’est qu’après l’intervention d’un policier que l’hôpital a fait venir une infirmière pour effectuer un examen à l'aide d’une trousse médico-légale.

Selon Sacha Cyr, de telles situations devraient être traitées comme des urgences médicales. Elle indique que de se frapper à une porte fermée peut être décourageant pour une victime.

Nous, ce qu’on dit en intervention, c’est le plus tôt le mieux. [...] D’avoir une porte fermée, ça peut vraiment être retraumatisant, revictimisant pour elle, pense l’intervenante.

De son côté, la présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick, Geneviève Latour, croit qu’il faut voir les choses de façon plus globale.

Geneviève Latour par vidéoconférence.

Geneviève Latour est présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

Je pense que c’est important de former tout le personnel de A à Z. Oui, on a des infirmières SANE, mais on a des agents de sécurité à l’hôpital, du personnel de triage. Ces gens-là ne devraient pas attendre dans la salle d’attente. Par exemple, ils pourraient avoir une salle dédiée pour l’attente de l’infirmière. Il devrait y avoir des bénévoles qui sont là pour accompagner la personne, suggère-t-elle.

« On a des centres d’agression sexuelle dans la province, ils devraient être bien financés pour accompagner ces personnes-là. »

— Une citation de  Geneviève Latour, présidente du Regroupement féministe du Nouveau-Brunswick

De plus, elle pense que lorsque le service n’est pas disponible, on devrait fournir le transport vers un hôpital où c’est disponible, donc tout faire pour faciliter cette expérience qui est déjà difficile.

Un problème de ressources humaines

Lundi, la PDG par intérim du Réseau de santé Horizon, Margaret Melanson, a indiqué que selon sa compréhension, un manque de ressources humaines serait à l’origine de l'incident.

Dans une déclaration écrite, le premier ministre Blaine Higgs a qualifié la situation d’inacceptable. Il dit s’être entretenu avec Mme Melanson et ajoute qu’il assurera un suivi sur cette question.

Le porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, Jean-Claude d’Amour, croit qu’il est temps que le gouvernement présente un plan de recrutement et de rétention en santé.

L'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton.

L'Hôpital régional Dr Everett Chalmers, à Fredericton

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Y a pas de question de dire : vous reviendrez. Il faut avoir les ressources humaines nécessaires afin de combler le besoin qui est là, indique le député d’Edmundston-Madawaska Centre.

De son côté, le chef du Parti vert, David Coon, pense que plusieurs problèmes dans les réseaux de santé pourraient être réglés par une plus grande décentralisation.

Nous avons des défis systématiques à cause de l’hypercentralisation de la gestion du personnel infirmier. Les hôpitaux doivent avoir la responsabilité pour la direction des infirmières, avance le chef vert.

On espère avoir plus de financement

Andrée-Anne Marks, coordonnatrice de projets à Violence sexuelle Nouveau-Brunswick, croit qu'il y n'y a pas assez de ressources pour les victimes dans la province.

Son organsime qui aide les victimes à avoir accès aux services dont elles ont besoin et leur offre un certain appui a vu la demande pour ses services augmenter ces dernières années.

Dans les prochaines années, on espère avoir plus de financement pour offrir plus de ressources et de disponibilités dans tous les centres d'aide de la province, dit-elle.

Il faut que les intervenants spécialisés en matière d'agression sexuelle soient adéquatement formés, mais il faut aussi de la formation pour des employés de différentes professions. Par exemple, des médecins, des travailleurs sociaux.

Le premier ministre du Canada réagit

Le premier ministre du Canada a qualifié l'incident d'horrible. Justin Trudeau répondait alors à des questions des journalistes devant l'Hôtel Algonquin à St. Andrews, où les libéraux se sont réunis pour préparer la rentrée parlementaire.

C'est inacceptable qu'une survivante d'agression sexuelle soit confronté à ce genre de réponse à l'hôpital , a-t-il dit en ajoutant que le fédéral a dépensé 72 milliards de dollars supplémentaires dans le système de santé. M. Trudeau dit qu'Ottawa est prêt à investir davantage, mais que cette question ne dépend pas uniquement d'argent.

On s'engage à travailler avec les provinces. Non pas pour dicter aux provinces comment faire. Mais parce que les Canadiens méritent un système de santé efficace. L'argent fait partie de la solution, mais n'est pas la seule solution.

Avec des informations de Sarah Déry et du Téléjournal Acadie

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