•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Archives

Le télétravail, une option dans l’air du temps depuis plus de trente ans

Des employés au travail dans les bureaux ouverts du Service du film de Radio-Canada.

Parmi les arguments les plus courants en faveur du travail au bureau : les contacts humain et l'ambiance de travail.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Préférez-vous travailler au bureau ou à la maison? Des reportages tirés de nos archives nous montrent que cette option a été offerte par certaines grandes organisations dès la fin des années 1980.

« Les futurologues – ces messieurs sérieux chargés de prévoir l'évolution de la société – escomptaient que l'avènement de l'informatique favoriserait un monde sans bureau où la plupart des gens travailleraient à domicile. Le croiriez-vous? Ils se sont trompés! »

— Une citation de  L’animatrice Michèle Viroly en 1986

L’émission Le sens des affaires du 12 novembre 1986 animée par Michèle Viroly s’intéresse d’abord à un programme expérimental mis en place par le gouvernement fédéral pour permettre à certains de ses employés de travailler de la maison.

Reportage d'Hélène Roy sur un projet pilote du gouvernement fédéral pour permettre le télétravail. L'émission est présentée par Michèle Viroly.

La journaliste Hélène Roy rencontre deux traductrices qui ont choisi une option différente dans le cadre du programme d’assouplissement des conditions de travail (PACT) du gouvernement fédéral.

Andrée Lanoix aime mieux venir au bureau, ce qui lui assure un contact humain et lui permet de résoudre les problèmes dès qu’ils se présentent.

Louise Ouellet préfère pour sa part la tranquillité de son bureau à domicile et les économies qu’elle réalise dans ses déplacements en voiture, ses repas et même dans sa garde-robe.

Son seul regret : être coupée des collègues et amis, bien que le fait d'être plus près de sa famille comble quand même ce besoin affectif, affirme-t-elle.

Le programme a quand même ses exigences, détaille la journaliste Hélène Roy. Les employés qui travaillent de la maison doivent être facilement joignables au téléphone, travailler 7 h 30 par jour et se rendre régulièrement au bureau pour rencontrer leurs patrons.

La cheffe de section interviewée par la journaliste ne semble pas voir de différence en ce qui concerne la productivité entre les traducteurs qui travaillent au bureau ou à domicile. Leur rendement est similaire, car ils ont pu choisir leur cadre de travail et en sont heureux, avance-t-elle.

« Le programme offre un choix, un choix de lieu et d'horaire, et ce choix est aussi un vote de confiance de la part de l'employeur. »

— Une citation de  La journaliste Hélène Roy

Malgré les nombreux scénarios prévoyant un abandon des tours au bureau au profit du travail à la maison, la réalité est tout autre, conclut la journaliste.

C’est que la majorité des participants au programme fédéral ont choisi de ne pas se prévaloir de l’option du télétravail. Tant qu’à travailler, la plupart des gens préfèrent travailler dans un bureau, déclare l’animatrice Michèle Viroly.

Vox pop de Montréalais sur leur préférence entre le travail au bureau et le télétravail.

Si on vous l’offrait, aimeriez-vous faire votre travail à la maison? C’est la question posée dans ce vox pop diffusé au bulletin de nouvelles Montréal ce soir du 19 mars 1993.

« À la maison, c'est moins l'ambiance du travail, c'est moins l'esprit d'équipe », suggère un premier passant interrogé. « C'est plus individuel, c'est moins un endroit collectif où on partage les idées. »

D’autres mettent de l’avant le confort du domicile ainsi que le temps et les coûts de déplacement. L’ambiance de travail est citée à plusieurs reprises. Travailler de la maison peut rapidement devenir démotivant, voire déprimant, croit-on.

Des arguments qui semblent à première vue bien semblables à ceux des années 2020.

Reportage de Marie-Anna Murat sur les avantages et inconvénients du télétravail. Le bulletin de nouvelles est présenté par Simon Durivage.

Dans son reportage au Montréal ce soir du 19 mars 1993, la journaliste Marie-Anna Murat analyse les avantages et les inconvénients du télétravail.

En 1993, 3 millions de Canadiens travaillent de la maison, un nombre qui s’est grandement accru depuis le milieu des années 1970. Parmi les entreprises qui offrent cette option à leurs employés : la Banque de commerce, Bell Canada, Hewlett-Packard, IBM et le gouvernement fédéral.

La journaliste rencontre une employée d’IBM qui s’est aménagé un bureau dans le sous-sol de son domicile. Elle s’évite ainsi deux heures de voyagement par jour et se dit plus disponible pour sa famille.

Diane Normandin vante aussi le fait qu’elle n’a plus à se rendre au centre-ville en soirée si elle doit faire un peu d'heures supplémentaires.

« C'est une affaire de rien, descendre au sous-sol, travailler une couple d'heures et remonter après. »

— Une citation de  Diane Normandin

Il faut faire attention que ça ne devienne pas une habitude, mais c'est beaucoup plus facile de concilier famille et travail, prend soin d’ajouter la télétravailleuse.

Chez IBM Canada, 15 % des employés travaillent volontairement à domicile en 1993. Une façon pour l’entreprise de réduire ses frais immobiliers, de faciliter les rencontres avec les clients et d’offrir une meilleure qualité de vie aux employés.

On ne vit pas toutes les interruptions comme au bureau, avance le superviseur Pierre Rondeau. La production est accrue avec moins de dérangement, moins de va-et-vient, moins de petites pauses pas toujours nécessaires.

Et au sujet des contacts humains? Je pense qu'il faut faire un effort conscient de ne pas se séparer des gens avec qui on travaille, mentionne Pierre Rondeau.

En 1993, plusieurs questions restent dans l’air. Les employés sont productifs à la maison, mais travaillent-ils plus d’heures? A-t-on les mêmes chances d’avancement en n’étant pas présent sur notre lieu de travail? Et qu’arrive-t-il en cas de blessure ou en cas de vol ou de bris d’équipement?

De nouvelles lois devront être créées pour protéger les travailleurs, conclut la journaliste Marie-Anna Murat.

Syndicats, employeurs et chercheurs estiment que le télétravail à domicile ne sera pas la voie de l'avenir, se risque-t-elle à prédire. Les travailleurs de l'an 2000 partageront plutôt leur temps de travail entre la maison et le bureau central.

Encore plus de nos archives

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.