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Le jour des funérailles d’Élisabeth II sera férié au fédéral, dit Justin Trudeau

Ce ne sera pas le cas au Québec, rétorque le premier ministre sortant François Legault.

Une jeune fille tient des fleurs dans la foule.

Une telle mesure pourrait coûter entre 2 et 4 milliards $ au PIB du Canada (archives).

Photo : Getty Images / AFP / Christopher Furlong

Radio-Canada

Alors que la date des funérailles de la reine Élisabeth approche, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé, mardi matin, que ce jour sera férié pour les employés fédéraux.

Un responsable gouvernemental, s'exprimant sous le couvert de l’anonymat, avait expliqué à CBC News que la décision de rendre le 19 septembre férié pour les entreprises sous réglementation fédérale était à l’étude, entre autres options, et qu'une décision serait bientôt rendue publique.

Mardi matin, en marge d'une conférence de presse, le premier ministre Justin Trudeau a confirmé que lundi prochain, jour des funérailles de la reine Élisabeth II, sera un jour férié exceptionnel pour les employés fédéraux.

Le bureau du premier ministre a toutefois tenu à préciser que ce ne sont que les employés du gouvernement fédéral qui sont concernés, et non tous ceux relevant de la compétence fédérale.

Toutefois, 85 à 90 % des travailleurs canadiens ne seront pas concernés par une telle décision, à moins que les provinces ne décident d'emboîter le pas au gouvernement fédéral. Selon M. Trudeau, des discussions sont en cours pour que les provinces le fassent.

Nous espérons que les gouvernements [provinciaux] ne suivront pas cette voie, car les coûts seraient énormes, a toutefois jugé Dan Kelly, président et chef de la direction de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante, en entrevue avec CBC News.

Les entreprises ont déjà du mal à payer leurs employés et à trouver suffisamment de monde pour fonctionner. Pour celles qui peuvent fermer, cela signifierait la perte d’une journée de productivité.

Un homme avec une cravate.

Dan Kelly, président et chef de la direction de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (archives)

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

Pour ceux qui doivent rester ouverts, comme un restaurant, un cinéma ou une entreprise de ce genre, cela signifierait que les employés recevraient un salaire supplémentaire pour travailler, un salaire que les employeurs auraient du mal à trouver, poursuit-il.

M. Kelly estime que, même si un jour férié coûtait des milliards de dollars à l'économie, les petites et moyennes entreprises échapperaient à cet impact si les provinces décidaient de laisser le gouvernement fédéral agir seul, car la plupart des entreprises sous réglementation fédérale sont de grandes entreprises.

L'économiste en chef de la Banque de Montréal, Douglas Porter, évalue que le coût d'un jour férié supplémentaire pour l'économie canadienne est de 0,1 à 0,2 % du PIB annuel, soit de 2 à 4 milliards de dollars. Il précise que ce chiffre n'est qu'une estimation.

Tenir compte du coût

M. Porter estime que, bien que le coût puisse sembler élevé, cela ne doit pas être un facteur important dans la décision du gouvernement. Un avis que partage la Ligue monarchiste du Canada.

Nous aimerions évidemment que le gouvernement annonce une fête nationale le 19 [septembre], a déclaré le porte-parole de la ligue, Robert Finch, à CBC News, avant que la décision ne soit confirmée par M. Trudeau.

Je pense que ce serait un énorme signe de respect. Je pense que cela donnerait aux gens l'occasion de regarder les funérailles et d’y réfléchir à leur manière et d'avoir un jour de congé pour le faire.

Bien qu’il dise comprendre les arguments de M. Kelly, M. Finch souligne lui aussi que le coût ne doit pas être le facteur principal.

Je pense que ce sont des préoccupations très concrètes, absolument. Il faut en tenir compte. Mais j'aime aussi penser que ce n'est pas un événement annuel, c'est un événement ponctuel, rappelle-t-il.

Une occasion pédagogique

La Nouvelle-Zélande et l'Australie ont également déclaré qu'elles instaureront un jour férié exceptionnel pour marquer l'occasion.

La Nouvelle-Zélande organisera sa fête du jour du Souvenir de la reine Élisabeth II le 26 septembre. L'Australie tiendra cette fête nationale unique le 22 septembre.

Le premier ministre australien, Anthony Albanese, a indiqué que son gouvernement a contacté les gouvernements régionaux et qu'ils approuvent tous cette idée.

Le gouvernement fédéral a déjà annoncé que le Parlement reviendra pour une journée de séance le 15 septembre afin de commémorer la reine Élisabeth II, puis qu’il siégera de nouveau à plein temps le 20 septembre au lieu du 19 septembre, comme prévu.

Au Royaume-Uni, un jour férié a été annoncé pour la date des funérailles, qui verra la fermeture des services gouvernementaux et des écoles. Les entreprises ne seront toutefois pas tenues de fermer ou d'indemniser leurs employés.

Pas de jour férié au Québec ni en Ontario

M. Kelly indique ne pas avoir reçu de signaux fermes qu'un des gouvernements provinciaux envisageait de faire des funérailles de la reine un jour férié.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a d'ores et déjà annoncé que cette journée ne sera pas fériée au Québec. Il s'agira d'une simple journée de commémoration, a-t-il dit.

De son côté, le bureau du premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, indique que le 19 septembre sera plutôt une journée de deuil provincial. La population de l'Ontario pourra observer une minute de silence à 13 h ce jour-là.

Maintenir le 19 septembre comme un jour travaillé, selon M. Finch, pourrait aussi être une bonne nouvelle pour les monarchistes.

Le revers de la médaille, c'est que si ce n'est pas un jour férié, et si les élèves sont à l'école, cela offre une occasion d'en apprendre davantage sur le sujet, ce qui ne serait pas nécessairement le cas si c'est un jour férié, a-t-il déclaré.

Avec les informations de Peter Zimonjic, de CBC News, de Rémi Authier et de Sébastien Bovet

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