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Violence sexuelle : des sentinelles s’infiltrent dans les fêtes étudiantes

Des étudiantes s’attaquent aux violences à caractère sexuel dans les fêtes et les soirées montréalaises.

Femme de dos avec un chandail où il est écrit : sentinelle.

L'organisme Scène et sauve a été contacté pour le bal de HEC Montréal et pour des initiations.

Photo : Charlotte Dumoulin

Lancée en mars dernier, l'initiative Scène et sauve collabore régulièrement avec des associations étudiantes. Incursion avec son équipe dans un événement festif.

Premier samedi soir de la rentrée. Sous la pleine lune, des centaines d’étudiants s’agitent sur la piste de danse. 

Aux tables, des amis trinquent, heureux de se retrouver. Ils sont venus entendre trois DJ invités à l’Aire commune dans le quartier Ahunstic à Montréal, qui clôture sa saison estivale. 

Tous semblent bien s’amuser. Mais qui dit festivités dit aussi parfois abus. Des étudiantes se sont mobilisées pour les éliminer.

L’organisme Scène et sauve est là ce soir pour prévenir les violences à caractère sexuel, explique Alexandrine Beauvais Lamoureux.

Fatiguée du fait qu’aucune action n'ait été prise pour y faire face, l’étudiante en relations internationales à l’UQAM a cofondé au printemps dernier cet organisme à but non lucratif. Sa mission est de changer la culture dans les milieux festifs.

Les gens ne savent pas vers qui se référer s'il arrive quelque chose. Le but de Scène et sauve, c'est d'être la personne-ressource, précise-t-elle.

Femme aux cheveux courts qui regarde à l'horizon. Elle porte un chandail où il est écrit : Scène et sauve.

Alexandrine Beauvais Lamoureux, cofondatrice de Scène et sauve

Photo : Charlotte Dumoulin

Le travail des sentinelles

Marielou Léger fait aussi partie de Scène et sauve. Elle présente son organisme à chaque participant qui arrive à l’Aire commune. 

Si jamais vous êtes victimes ou témoins, n’hésitez pas à venir nous voir, dit-elle à un groupe de jeunes dans la vingtaine. 

Onze sentinelles sont déployées pendant la soirée. Certaines arborent des chandails roses très visibles. D’autres se fondent discrètement dans la foule à la recherche de quelqu'un qui aurait besoin d’assistance. 

Daphnée Michaud, qui prend part à la fête, appuie l’initiative : Elles ont leur place dans tous les événements dès qu'il y a de l'alcool d'impliqué, hommes et femmes mélangés, il y a toujours quelque chose qui se passe.

C'est tellement plus rassurant pour nous, confie une autre cliente.

Pendant ce temps, Alexandrine Beauvais Lamoureux fait la tournée du périmètre accompagnée d’une autre sentinelle.

Est-ce que tout va bien ici?, lance Alexandrine Beauvais Lamoureux. Une participante au loin acquiesce.

L’organisme est uniquement composé de bénévoles. Bien qu'elles étudient dans des domaines d’intervention – comme en psychologie ou en sciences infirmières –, les sentinelles ne prétendent pas être des intervenantes. S’il y a des victimes de violences sexuelles ce soir, elles les dirigeront vers les professionnels qualifiés.

Pour élaborer leur projet, les étudiantes ont d’ailleurs reçu l’aide de professionnels du Bureau d’intervention et de prévention en matière de harcèlement de l’UQAM et de la ligne d’écoute Info-aide violence sexuelle.

Et les bons mots sur l'organisation semblent circuler. L'initiative semble en effet jouir d'un certain succès : Scène et sauve a été contactée pour le bal de HEC Montréal en mai dernier et ses services ont été sollicités pendant les initiations.

Scène avec une DJ devant une foule d'étudiants dans la vingtaine.

Des centaines d'étudiants sont venus profiter d'une des dernières soirées estivales.

Photo : Antoine Sirois

Un changement de culture

Plus d'une personne sur trois qui étudie ou travaille dans les universités du Québec a déjà vécu une forme de violence sexuelle, selon l'Enquête sexualité, sécurité et interactions en milieu universitaire, menée en 2017.

Jasmin Petit, organisateur avec SNDCHECK, admet que le milieu festif connaît des lacunes. Tout le monde le voyait, mais personne n'agissait. En s’alliant avec Scène et sauve, on fait une action, souligne-t-il.

La soirée dansante tire à sa fin. L'aide des sentinelles a-t-elle été requise?

Oui, c’est arrivé ce soir, comme ça arrive tous les soirs, indique la cofondatrice. Ce soir, c’est surtout des témoins qui sont venus nous relater des événements sur la piste de danse.

Elle espère qu'un jour ses services deviendront inutiles, mais force lui est d'admettre qu'elle devra encore patienter.

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