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Étudier la médecine en région pour ensuite y rester?

Les 18 étudiants de la cohorte de médecine de Lévis sont accueillis à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Ils étudieront, ici, pendant les trois prochaines années.

Les 18 étudiants de la cohorte de médecine de Lévis sont accueillis à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu de Lévis. Ils étudieront, ici, pendant les trois prochaines années.

Photo : Radio-Canada

Le manque de professionnels de la santé se fait sentir à la grandeur du Québec, particulièrement en régions rurales comme en Chaudière-Appalaches. Pour la première fois de son histoire, l’Université Laval et le CISSS de Chaudière-Appalaches intègrent 18 étudiants de première année à l’Hôtel-Dieu de Lévis pour leur formation… en espérant qu’ils restent y travailler ensuite.

Les jeunes qui forment la première cohorte de médecine, nommée Aventure médecine, sont fébriles. Ils viennent tout juste de recevoir leur carte d’accès pour l’Hôtel-Dieu de Lévis. C'est un rêve qui se réalise pour eux. C’est ici, à l’hôpital, qu’ils passeront les trois prochaines années de leur formation en médecine universitaire.

Particularité et fait unique pour ces étudiants de première année : dès la fin du mois de septembre, ils seront en contact avec des médecins de l’établissement, du personnel soignant et tous les autres professionnels du réseau. Ils les observeront et les aideront à traiter les patients. Normalement, il faut attendre trois ou quatre ans pour pouvoir accéder à ce genre de formation.

Un jeune homme devant une affiche de l'Université Laval.

Abdelamine Kati s’attend à pouvoir développer des liens avec ses camarades de classe. Il est persuadé que l’expérience sera plus enrichissante que des cours dans des auditoriums bondés d’étudiants.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Abdelamine Kati fait partie des 18 étudiants choisis pour faire partie de la cohorte. Originaire de Montréal, il vient d’emménager à Lévis. Le contact avec de vrais patients l'enthousiasme beaucoup.

La pratique en région a été longtemps, je dirais, stigmatisée parce que justement c'est en région, c'est loin, y'a moins de monde [...] alors que c'est complètement faux, lance l’étudiant de 19 ans. Au contraire, le fait d'aller en région nous offre beaucoup plus d'opportunités. Parce que, vu qu'il y a moins de médecins, on est beaucoup plus sollicités.

Hors de question d’aller dans la grande ville

Laura Gagnon se considère comme privilégiée. Elle a grandi à Beaumont dans la région de Chaudière-Appalaches. Le médecin de la famille était au petit hôpital de Montmagny. La médecine en région, c’est ce qu’elle veut faire.

« Je viens de la campagne [...] Ça ne faisait aucun sens d'aller en ville. Je veux dire, je voulais rester proche de chez moi. »

— Une citation de  Laura Gagnon, étudiante en première année de médecine
Une jeune femme devant une bibliothèque et une affiche pour la médecine en région.

Laura Gagnon espère développer des relations avec les autres professionnels de la santé de l’hôpital pendant sa formation.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Laura Gagnon espère côtoyer les autres professionnels de la santé pendant sa formation.

Je ne veux pas juste connaître des médecins. J'aimerais vraiment me faire des amies infirmières [ou des] travailleurs sociaux, explique l’étudiante.

En mode séduction

Pour le médecin d’urgence à l’Hôtel-Dieu de Lévis et vice-doyen adjoint à l’Université Laval, François Ratté, le but est clair. Il souhaite le plus possible les séduire et essayer de les amener vers la pratique de la médecine familiale ou en région.

« On a un besoin de médecins de famille criant dans la région de Chaudière-Appalaches. »

— Une citation de  Dr François Ratté, médecin d'urgence à l'Hôtel-Dieu de Lévis et vice-doyen adjoint à l'Université Laval
Un homme en habit de médecin sourit à la caméra.

La mission principale du Dr François Ratté est de s’assurer que les étudiants reçoivent une formation d’aussi bonne qualité que sur le campus de Québec.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Au total, 259 étudiants ont été admis en première année de médecine à l’Université Laval. L’espace physique commence à manquer. La faculté de médecine de l’institution est la dernière à délocaliser des cohortes d’étudiants comme celles de Lévis et de Rimouski.

Il y a une volonté du gouvernement de pousser au niveau de l'admission en médecine. Donc une des façons de s'en sortir – parce qu’à l'université on commence à être restreint un peu dans nos locaux – c'est de se déployer vers d'autres sites, explique l’urgentologue. C'est aussi une façon de faire grossir un peu les cohortes en médecine.

D'ici trois ans, l'Université Laval espère que 90 étudiants seront inscrits dans la cohorte de l'Hôtel-Dieu de Lévis.

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