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La chaîne de blocs Ethereum veut faire sa révolution verte

L'homme se tient sur scène et parle avec un micro-casque.

Le fondateur d'Ethereum, l'informaticien russo-canadien Vitalik Buterin, lors d'un événement à Denver

Photo : Getty Images / Michael Ciaglo

Agence France-Presse

Révolution en vue pour Ethereum et le monde des cryptomonnaies : la deuxième plus importante chaîne de blocs (blockchain), après Bitcoin, va bouleverser cette semaine son mode de fonctionnement afin de devenir moins énergivore.

Une opération risquée doit avoir lieu d'ici jeudi, et certaines personnes la comparent au remplacement d'un moteur diesel par un moteur électrique... sur un véhicule en marche.

Concrètement, c'est l'un des piliers de cette chaîne de blocs – la technologie qui sert notamment de support aux cryptomonnaies – qui va être modifié. Comme elle fonctionne sans autorité centrale, il revient donc à des utilisateurs et utilisatrices de valider les opérations qui y ont lieu, comme des échanges de jetons non fongibles (JNF, ou non-fungible token, NFT, en anglais).

Jusqu'ici, pour appartenir à ce cercle de personnes qui valident des transactions, il fallait résoudre un calcul très complexe nécessitant une grande puissance de calcul informatique. L'exercice, appelé « proof of work » en anglais (preuve de travail), consomme une grande quantité d'électricité. L'idée est donc de trouver une solution de rechange plus verte.

Désormais, il faudra placer une mise de 32 ethers (la cryptomonnaie associée à Ethereum, soit environ 72 000 $ en date du 12 septembre) pour pouvoir valider des transactions sur la chaîne de blocs, cette somme pouvant être saisie en cas de mauvaise conduite, une méthode appelée « proof of stake » (preuve d’enjeu).

Pour effectuer cette bascule, une mise à jour du réseau principal de la chaîne de blocs, surnommée « the merge » (la fusion), doit intervenir entre mardi et jeudi, et diverses précautions doivent avoir été prises. Les grandes plateformes d'échanges comme Binance et Coinbase ont par exemple prévu de geler brièvement les échanges en ethers.

Si l'opération réussit, on pourrait faire baisser de 99 % la consommation d'électricité d'Ethereum, d’après Lennart Ante, chercheur du Blockchain Research Lab. Il ne restera plus aucune infrastructure, juste des logiciels, souligne-t-il.

Aujourd'hui, cette chaîne de blocs consomme quelque 112 TWh d'énergie par an, soit environ la consommation annuelle des Pays-Bas.

En quête d’une plus grande acceptabilité sociale

L’empreinte carbone imposante d’Ethereum pousse actuellement des artistes et des industries à boycotter la chaîne de blocs, mais le succès de la transition pourrait, avec le temps, accroître l'acceptabilité d'Ethereum et de toutes les applications construites sur la chaîne de blocs par les organismes de régulation et les têtes décisionnelles, anticipe ING, une grande banque et compagnie d’assurances néerlandaise, dans une note récente.

Cela pourrait ensuite stimuler la volonté des institutions financières de développer des services fondés sur Ethereum, indique la note.

D'autres spécialistes nuancent cet avis et mettent plutôt en avant les problèmes fondamentaux qui subsistent dans le monde des cryptomonnaies.

Le manque de traçabilité des personnes qui détiennent des actifs, la gestion des portefeuilles virtuels et l'opacité de la gouvernance sont autant de freins importants à l'existence de ces systèmes dans l'économie réelle, selon Stéphane Reverre, cofondateur du cabinet d'études sur les cryptomonnaies Sun Zu Lab.

Quoi qu'il en soit, le passage d'un système à un autre, inédit à cette échelle, est une opération ambitieuse, si ce n'est hasardeuse, d’après l’équipe de développement qui s'y prépare depuis la fin de 2020.

On est littéralement en train de changer un protocole complet, tout en continuant de faire tourner une économie grâce à lui. Cela peut paraître effrayant, a reconnu Sajida Zouarhi, architecte de la chaîne de blocs, lors d'une conférence à Paris.

Et cette opération n'est que la première étape d'une transition longue et compliquée pour faire d'Ethereum un système bien plus puissant et robuste, capable de traiter plus de transactions, ambitionne le fondateur de cette chaîne de blocs, l'informaticien russo-canadien Vitalik Buterin.

Les adeptes de cryptomonnaies ont pour l'instant bien accueilli le projet : le cours de l'ether résiste mieux que celui du bitcoin au choc qui secoue le marché des jetons cryptographiques depuis quelque temps.

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