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« Minable » : Legault fait de la « petite politique » sur l’immigration, dit Anglade

Dominique Anglade au micro, en compagnie de trois candidats libéraux.

Dominique Anglade admet que les propos de François Legault sur l'immigration l'ébranlent personnellement.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

La cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a accusé lundi son adversaire de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de faire de la « petite politique » sur le thème de l'immigration et de nourrir « sans arrêt la peur de l'autre » dans le but de « diviser les Québécois ».

En conférence de presse à Laval, Mme Anglade a été appelée à commenter l'utilisation par M. Legault de l'expression cohésion nationale pour expliquer l'importance de protéger le français.

Pour la cheffe libérale, l'approche du chef caquiste nourrit sans arrêt la peur de l’autre.

« C’est de la petite politique, c’est petit, c’est mesquin, c’est minable. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Dominique Anglade estime que les déclarations de François Legault sont délibérées et appartiennent, selon elle, à la plus vieille forme de politique.

Elle a même parlé de récidive, rappelant de récents propos de M. Legault, dont il s'est excusé, qui semblaient faire un lien entre l'immigration et la violence. La dernière chose à faire, c’est de monter les uns contre les autres, a-t-elle déploré.

La cheffe libérale a reconnu que ce type de déclarations sur l'immigration l'affecte personnellement. Chaque fois, ces propos-là viennent me chercher énormément. Parce que ce sont des valeurs profondes qui m’habitent, mais qui habitent toutes les personnes qui sont ici, toutes les personnes qui sont au Parti libéral, a-t-elle concédé.

« Moi, je pense à mes parents qui sont venus ici. Vous savez, l’immigration, ce n’est pas un processus qui est facile. Ils sont venus ici, ils ont travaillé, ils ont contribué. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

La politicienne a dit espérer que le chef caquiste rencontrera sur sa route des Québécois issus de l'immigration pendant la campagne, et a rappelé que le Québec s’est bâti avec des gens venus de l’extérieur.

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La cohésion sociale

Dominique Anglade assure que l’immigration ne nuit pas à la cohésion sociale. Elle a néanmoins reconnu qu’il existe des lacunes dans le processus d’accueil des nouveaux arrivants.

Est-ce qu’il y a des efforts à faire dans l’apprentissage de la langue française? Bien sûr. Est-ce qu’il y a des efforts à faire en matière d’intégration? Bien sûr. Mais on ne va pas arriver à faire quelque chose de grand si chaque fois on joue avec le petit instinct et on essaie d’insinuer qu’on devrait avoir peur de l’autre, a-t-elle déclaré.

Dimanche, à la question : Qui menace la cohésion nationale?, François Legault a répondu : C'est sûr que les partis qui veulent aller à 70 000 ou 80 000 par année de nouveaux arrivants, c'est comme mathématique, si on veut arrêter le déclin [du français] pendant un certain temps, il faut mieux intégrer les nouveaux arrivants au français.

François Legault en gros plan porte une chemise blanche.

Le chef caquiste François Legault a expliqué que, pour que la nation québécoise demeure forte, il fallait protéger le français.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le chef de la Coalition avenir Québec a affirmé lundi que l'expression cohésion nationale qu'il a utilisée faisait référence à la solidarité observée durant la pandémie, le grand respect des consignes sanitaires et l'entraide en période de crise. Il estime que les citoyens du Québec partagent certaines valeurs et forment une nation tissée serré.

« Pour qu'il y ait une cohésion nationale, il faut qu'il y ait une nation, une nation forte. Et la nation québécoise, pour être forte, il faut protéger le français, sinon il y a des inquiétudes. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ

Il a d'emblée reconnu que l’immigration représentait une richesse, tout en soulignant que le Québec devait aussi tenir compte de sa capacité d'accueil et de sa responsabilité de défendre le français.

On a le défi de prendre un nombre d’immigrants qu’on est capables d’intégrer pour protéger à long terme le français. Puis le français est en déclin actuellement au Québec. Quand j’entends certains chefs, on dirait qu’ils ne réalisaient pas cela, s’est-il enflammé.

Au sujet des critiques de la cheffe libérale, M. Legault a rétorqué : Mme Anglade est toujours négative. Les Québécois n’aiment pas ça. Il va falloir qu’elle nous dise à un moment donné comment elle va arrêter le déclin du français au Québec.

Legault est « mal placé », selon Duhaime

De son côté, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, croit que François Legault est très mal placé pour parler des menaces à la cohésion sociale.

M. Duhaime a souligné que M. Legault n’en était pas à sa première déclaration controversée, lui qui a eu des propos quand même assez particuliers en associant l'immigration à la violence il y a à peine quelques jours; lui qui, il y a à peine quelques semaines, associait l'immigration à la louisianisation; lui qui, il y a à peine quelques mois, parlait d'"anecdotes" pour parler des immigrants qui se sont intégrés à la majorité francophone.

C'est un homme qui a beaucoup divisé le Québec, particulièrement sur ces enjeux, a-t-il laissé tomber.

Les deux sont debout devant un lac.

Le porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois lors d'un point de presse en compagnie de la candidate Maïtée Labrecque Saganash.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

Pour sa part, le porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois souhaite voir François Legault se ressaisir sur la question de l'immigration, qu'il dépeint toujours de manière négative, selon lui.

Moi, je ne comprends pas pourquoi François Legault est aussi mal à l’aise avec la question de l’immigration, a-t-il déclaré. Je ne comprends pas pourquoi pour lui, ça a toujours l’air d’être un problème. Je trouve ça dommage, ce ton-là, et moi, je lui demande de se ressaisir, et de proposer aux Québécois et aux Québécoises un projet positif et mobilisant pour qu’on règle la pénurie de main-d’œuvre [et] pour qu’on relance nos régions, a-t-il déclaré.

Québec solidaire s’engage à relancer le système de francisation au Québec, que le PLQ a désorganisé et que la CAQ n’a pas réparé, a fait valoir M. Nadeau-Dubois ce midi.

St-Pierre Plamondon lance un appel au calme

Paul St-Pierre Plamondon parle aux médias devant son autobus.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'un arrêt à Val-d’Or.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

Quant au chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, il a lancé un appel au calme dans l’actuel échange sur l’immigration. J’appelle tous les chefs de parti, Mme Anglade, M. Legault, M. Nadeau-Dubois, à élever le niveau des débats, a-t-il déclaré.

« Les Québécois ne doivent pas se faire confisquer un débat fondamental et très important sur l’avenir du français et l’immigration par des déclarations exagérées et outrancières. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le chef péquiste a du même souffle rappelé à ses adversaires que s’ils veulent, eux aussi, augmenter le taux de participation des citoyens et les intéresser à la politique, il convient avant tout de s’adresser à leur intelligence.

Pablo Rodriguez saute dans la mêlée

Le ministre fédéral du Patrimoine, Pablo Rodriguez, a invité François Legault à cesser de diviser les Québécois entre nous et eux, à l'occasion de la réunion du caucus libéral fédéral.

Quelqu’un qui choisit de s’établir au Québec, qui travaille, qui donne le meilleur de lui-même, qui élève ses enfants est un Québécois, peu importe d’où il vient, a déclaré le lieutenant du premier ministre Justin Trudeau au Québec.

Il a dit avoir l'impression pour la première fois de sa vie de se faire traiter de menace pour la société québécoise, lui qui est arrivé au pays sans parler un seul mot de français.

Quelqu’un qui arrive avec du cœur au ventre, qui ne parlait pas le français et qui l’apprend, qui vit sa vie au Québec, que ses enfants se développent au Québec, comme je l’ai fait, comme mes parents l’ont fait, est-ce que c’est une menace ou un atout? Pour moi, c’est un atout, a-t-il fait valoir.

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