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Forages miniers : les déclarations de François Legault ne calment pas l’opposition

Une affiche sur laquelle est inscrit : « Lac-des-plages incompatible à l'activité minière ».

Plusieurs affiches comme celle-ci ont été déployées dans des municipalités de la MRC de Papineau (archives).

Photo : Radio-Canada / Rebecca Kwan

Radio-Canada

Plusieurs municipalités opposées aux forages miniers en zone récréotouristique ne sont pas satisfaites de la réponse du premier ministre François Legault.

Interpellé sur cet enjeu la semaine dernière en point de presse, M. Legault avait indiquéqu'il n'y aurait pas d'exploitation minière sans acceptabilité sociale. Il a réitéré l'engagement de son parti à réduire les émissions de GES de 37,5 % d'ici 2030.

Lundi, les municipalités de Lac-des-Plages et Duhamel ont ajouté leurs voix à celles d’autres municipalités qui interpellent le gouvernement du Québec pour décréter un moratoire sur l’attribution de nouveaux claims miniers dans le sud de la province.

Un ajout qui ne constitue pas une surprise dans la mesure la MRC de Papineau, dont elles font partie, s’était déjà prononcée pour un moratoire sur le développement minier, en août.

Dans les faits, ça fait des années qu’on interpelle le gouvernement par des dépôts de mémoires et on n’a pas eu de réponses à ces mémoires, regrette le maire de Duhamel, David Pharand, en entrevue à ICI Ottawa-Gatineau. Le dernier date de quelques mois qui s’est adressé au premier ministre pour s’assurer que le message soit bien entendu. Depuis des années, on souhaite principalement protéger notre activité économique, le récréotourisme, la villégiature. Il y a d’autres éléments dans le mémoire qui souhaite protéger l’agriculture et l’industrie forestière.

« Le danger qui nous guette, c’est l’arrivée de claims aux abords des lacs habités de notre région de l’Outaouais et maintenant, on constate que ce n’est pas juste l’Outaouais, mais bien le sud du Québec qui est affecté sérieusement par l’arrivée de ce que je qualifierai de boom minier, puisqu’en Outaouais, en 18 mois, les claims ont plus que triplé. »

— Une citation de  David Pharand, maire de Duhamel

Plusieurs municipalités demandent depuis plusieurs mois de réviser les orientations gouvernementales régissant les territoires incompatibles avec l’activité minière au Québec.

Nous ne sommes pas satisfaits des récentes déclarations du premier ministre François Legault selon lesquelles il n’y aura pas de mines sans acceptabilité sociale, se désole Gilles Charest, conseiller municipal et porte-parole du dossier pour la municipalité Lac-des-Plages, dans un communiqué de presse diffusé lundi. Ces déclarations ne règlent en rien le problème des claims et des forages miniers qui continuent de se multiplier sur nos territoires sans aucune évaluation environnementale ni consultation publique.

Déjà des effets pour les résidents, selon le maire de Duhamel

Le maire de Duhamel David Pharand ajoute que les municipalités souhaitent que le premier ministre et tous les partis politiques se prononcent sur la nécessité d’un moratoire pour ne pas aggraver la situation.

Nous leur demandons de s’engager à revoir les règles actuelles afin de protéger nos zones touristiques, les lacs et nos milieux naturels hautement valorisés, dit-il. On juge qu’il faut arrêter le train qui est mal parti pour s’asseoir ensemble, avec les différents ministères, pour s’assurer que notre région reçoive cette activité minière avec une saine administration, une saine gestion. On ne peut pas se permettre, par exemple, que le lac d’Argile, qui est bien connu dans la région, puisse être claimé et présentement, c’est le cas du côté est. [...] On parle d’un lac habité.

David Pharand, maire de la Municipalité de Duhamel.

Le maire de Duhamel, David Pharand (archives)

Photo : Radio-Canada

Si les claims existants sont des droits acquis, reconnaît-il. Leurs effets se font déjà sentir, raconte le maire.

Les claims qui ont été octroyés dans le passé ont été octroyés aux abords de lacs habités, dont le lac Doré, chez nous, où environ une centaine de résidents constatent les effets de l’arrivée de l’exploration minière. On n’est pas encore à l’étape de l’exploitation, mais déjà - et ce sera encore comme ça pour plusieurs mois - la firme Lomiko procède à du forage 7 jours par semaine, 24 heures par jour.

Il est donc temps, selon lui, de se prononcer sur les prochaines demandes.

Nous, ce qu’on souhaite, c’est que le gouvernement identifie correctement, avec nous, les zones où l'accessibilité sociale est assurée et on pourra investir l’argent de l’industrie minière intelligemment. [...] Il faut travailler ensemble et mettre le train sur les rails.

Lomiko se défend et se fera entendre

Par voie de communiqué, la firme Lomiko continue de défendre son approche, argumentant que la seule façon d'assurer la transition vers les énergies renouvelables est de sécuriser nos ressources naturelles brutes et de les développer de manière responsable.

La cheffe de la direction et directrice de la compagnie minière, Belinda Labatte, assure écouter les préoccupations exprimées, ajoutant que Lomiko croit aux réussites climatiques et que l'exploration, le développement et l'exploitation minière responsables sont essentiels à notre transition vers les énergies renouvelables.

L'entreprise compte participer à plusieurs événements dans les prochaines semaines pour défendre son approche.

Avec les informations de Stéphane Leclerc

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