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Maïtée Labrecque Saganash et le co-porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois en visite dans Ungava.

Maïtée Labrecque Saganash est candidate pour Québec solidaire dans la circonscription d'Ungava.

Photo : Radio-Canada / Jacaudrey Charbonneau

« Ça prend beaucoup de courage pour se présenter en politique, encore plus quand tu es autochtone, encore plus quand tu es une femme autochtone. C’est encore un boys club, la politique! » C'est la première chose que Romeo Saganash, ancien député fédéral néo-démocrate, confie lorsqu'il parle de sa fille Maïtée Labrecque Saganash, candidate pour Québec solidaire dans Ungava.

À 27 ans, elle tente de se faire élire dans la circonscription d'Ungava et ainsi devenir la première Autochtone élue à l’Assemblée nationale.

Le manque et le besoin de représentation autochtone, qu’elle juge plus criants à Québec qu’à Ottawa, l’ont poussé à se lancer dans l’arène politique.

Au fédéral, il y en a de plus en plus et ils font un travail exceptionnel. Mais il n’y a aucun représentant autochtone élu au parlement à Québec en ce moment. Il y a aussi le contexte politique des dernières années qui, selon elle, a fait mal à la cohésion sociale et au vivre ensemble.

« Mon père a vécu 10 ans dans les pensionnats autochtones. Il a vécu 10 ans de génocide. Je sais quelles idées mènent à des systèmes comme les pensionnats indiens. J’ai une responsabilité sociale de combattre ces idéologies-là. »

— Une citation de  Maïtée Labrecque Saganash, candidate pour Québec solidaire dans Ungava

Très engagée tant chez les Cris que chez les Inuit de la Jamésie, elle travaille pour le Conseil cri de la santé et des services sociaux de la baie James. J’ai vécu la pandémie dans le système de santé. Je la vis aussi, cette crise d’accès aux services publics. C’est aussi pour ça que se présenter au provincial était plus naturel pour moi, affirme-t-elle.

Huit ans comme député pour le NPD

Un homme pose en veston bordeaux avec le regard en l'air.

L'ancien député néo-démocrate Romeo Saganash

Photo : Radio-Canada / Marie-Laure Josselin

Coût de la vie, pénurie de logements, accès aux soins de santé, son père aussi connaît bien ces enjeux. Pendant huit ans et demi, il a représenté la circonscription Abitibi—Baie-James—Nunavik—Eeyou à la Chambre des communes sous la bannière néo-démocrate.

Malgré qu’on ait réussi au niveau fédéral d’augmenter le budget de Nutrition Nord. Je pense qu'on n'en a pas fait suffisamment de ce côté-là. Et il faut travailler là-dessus dans les prochaines années, croit-il.

Il ne dira pas quoi faire à sa fille. D’ailleurs, elle ne l’a pas consulté avant de faire le saut en politique. Elle m’a seulement envoyé une photo d’elle avec Manon Massé. Je lui ai demandé si elle l’avait convaincue et elle m’a répondu oui, raconte-t-il.

Or, si l'on demande à Maïtée qui l’a convaincu entre Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, elle répond : ma nation. C’est pour elle qu’elle veut travailler à poursuivre le travail entamé par son père.

« Je savais qu’un jour elle allait considérer. Elle me voit aller dans tout ce que je fais depuis les 40 dernières années. À un moment donné, je pense que les enfants tentent de suivre les traces de leurs parents. »

— Une citation de  Romeo Saganash, ancien député néo-démocrate

La souveraineté

Si elle a choisi Québec solidaire, c’est parce qu’elle trouve qu’il s’agit du meilleur véhicule et du parti le plus progressiste.

Et la souveraineté? Je ne suis pas contre la souveraineté d’un peuple sauf si elle brime la souveraineté d’un autre, affirme-t-elle.

Même s’il n’y a pas de terrain d’entente en ce moment avec les peuples autochtones concernant ce dossier, elle juge que son parti fait les démarches nécessaires pour commencer à discuter de ces questions.

Romeo Saganash respecte le choix politique de sa fille, et il est aussi persuadé qu’elle comprend bien la complexité de cette question sur le plan politique, juridique et constitutionnel.

« Si jamais il y a une réponse claire à une question claire à la souveraineté, une des questions qui devront être abordées, ce sont les territoires nordiques. »

— Une citation de  Romeo Saganash

Ungava dans la ligne de mire des solidaires

Gabriel Nadeau-Dubois répète depuis le début de la campagne qu’il va travailler très fort pour faire élire la première Autochtone. Mais la partie n’est pas gagnée d’avance.

Le député caquiste sortant Denis Lamothe mène dans les intentions de vote. La circonscription a fait élire le Parti québécois sans interruption de 1981 à 2014. Cette année, l’ex-maire de Kuujjuaq, l’Inuit Tunu Napartuk, représente le Parti libéral du Québec (PLQ).

Bref, la lutte s’annonce intéressante.

Cette année aussi, 9 candidats autochtones se présentent à l’échelle de la province aux élections. Une bonne nouvelle, selon celui qui est devenu le premier juriste d’origine crie en 1989.

Plus on voit des candidats se présenter, plus il y aura de l'intérêt de la part des jeunes à se lancer en politique. Moi, depuis mon temps, les candidatures autochtones n'ont fait qu'augmenter. Plus on va voir des gens performer et plus il y aura de l’intérêt des jeunes, croit-il.

« S’il n’y a personne qui est prêt à prendre la parole en notre nom à l’Assemblée nationale ou au Parlement, qui le fera? »

— Une citation de  Romeo Saganash
Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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