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François Legault parle en point de presse.

Presque à mi-chemin de la campagne électorale, François Legault répète qu'il ne doit rien tenir pour acquis.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Certains diront qu’il s’agit de « gaffes ». D’autres diront plutôt qu’il s’agit d’« erreurs ». Peu importe comment on les appelle, les quelques faux pas de François Legault depuis le début de la campagne, notamment sur le thème de l’immigration, n’ont pas plombé le moral des troupes à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Dans l’entourage du chef, on souligne qu’à peu de choses près, François Legault mène exactement la campagne que le parti espérait. Presque à mi-chemin du parcours électoral, la machine caquiste semble obtenir les échos qu’elle attendait en provenance du terrain.

Les erreurs, ce n’est pas typique à notre parti ou à notre chef, souligne une source impliquée dans la campagne caquiste. Les derniers jours lui donnent raison. Paul St-Pierre Plamondon, par exemple, a trébuché le jour du décès de la reine Élisabeth en s'opposant à la mise en berne des drapeaux sur les édifices du gouvernement.

Gabriel Nadeau-Dubois, lui, a vu son parti embarrassé par une histoire de tracts distribués sur les campus. Dominique Anglade a vécu son lot de malheurs avec les départs de candidats ou certains propos qu’ils ont tenus.

Quant à Éric Duhaime, il s’est fait rattraper par une histoire de taxes municipales impayées. Dans cet éventail, l’expression cette madame, utilisée par François Legault au premier jour de la campagne pour désigner la cheffe libérale, peut paraître bien anodine.

D’ailleurs, hormis quelques flèches décochées ces derniers jours envers Québec solidaire, le chef caquiste a limité le nombre d’attaques personnelles. Les organisateurs de la CAQ sont conscients que leurs adversaires prennent un malin plaisir à essayer de dépeindre M. Legault comme un homme arrogant.

Il aime la joute. Il aime débattre, mais ce n’est pas dans sa nature [de vouloir faire des attaques personnelles]. Il est le premier à nous rappeler de rester les deux pieds sur Terre, souligne notre source.

« On ne fait pas exprès pour donner des munitions à ceux qui veulent nous dépeindre comme arrogants. »

— Une citation de  Une source impliquée dans la campagne caquiste

Il devrait se garder une petite gêne

Dimanche, lors d'un rassemblement militant à Drummondville, François Legault a répété ce qu'il a déjà dit à quelques reprises : il n'est pas parfait. Sa base militante le reconnaît et l’accepte.

On l’aime comme ça, naturel, confie Maryse Labonté, une sympathisante de longue date. C'est sûr que si on veut quelqu'un de spontané, il faut prendre ce qui vient avec, qui des fois n'est peut-être pas toujours politically correct.

Son conjoint, Jacques Gourde, est du même avis. Il croit néanmoins qu’en sa qualité de premier ministre sortant, M. Legault devrait faire un peu plus attention à la manière dont il formule les choses.

« Il devrait se garder une petite gêne, mais c’est Legault! »

— Une citation de  Jacques Gourde, militant caquiste
Jacques Gourde lors d'une entrevue

Jacques Gourde, qui porte le même nom qu'un député fédéral, est un militant caquiste de longue date.

Photo : Radio-Canada

M. Gourde se dit satisfait de la campagne menée par la CAQ jusqu’ici. Seul bémol : il n’a pas trop aimé les 21 milliards de dollars de mesures annoncées dans le bouclier contre l’inflation.

La première semaine, il y avait trop de "donnage" d'argent à gauche et à droite, résume-t-il, tout en affirmant qu’il s’agit peut-être là d’un mal nécessaire. C'est la politique, on doit donner un peu pour attirer du monde.

Justement, attirer du monde reste la clé du succès en politique. Les attirer vers l’urne, surtout. François Legault l’a clairement indiqué dans son discours, dimanche : pas question de ralentir jusqu’au jour du vote.

Cependant, il y aura un ralentissement inévitable sur un front : celui des promesses. L’essentiel du programme caquiste a déjà été dévoilé.

Moins d’annonces, beaucoup de répétition

Il reste certes quelques annonces à faire, mais elles seront beaucoup moins nombreuses qu’elles ne l’ont été au cours des deux dernières semaines. D’après le cadre financier présenté samedi, sur les 29 milliards de dollars de promesses caquistes, seuls 725 millions n’ont pas encore été dévoilés.

François Legault en compagnie du ministre sortant des Finances, Éric Girard.

Le cadre financier présenté par la Coalition avenir Québec prévoit des dépenses supplémentaires de 29,6 milliards de dollars.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Cela inclut notamment l’annonce annulée à la dernière minute, le jour du décès de la reine Élisabeth, François Legault ayant préféré suspendre sa campagne « par respect » pour la famille royale et le peuple britannique.

Si l’annonce avait été faite ce jour-là comme prévu, il est clair qu’elle aurait passé dans le beurre, analyse un membre de l’équipe caquiste. Sans surprise, le parti voulait éviter de gaspiller une cartouche.

À partir de maintenant, c’est donc surtout avec des éléments déjà connus que la CAQ fera campagne.

Il risque d’en être de même particulièrement au Parti libéral du Québec (PLQ) et au Parti conservateur du Québec (PCQ) dont les plateformes ont été dévoilées avant même le déclenchement de la campagne.

D’ici au 3 octobre, il faut donc s’attendre à beaucoup de répétitions dans les discours des chefs, dans l’espoir que les électeurs retiennent le message.

Or, si le passé est garant de l’avenir, de nouvelles gaffes pourraient survenir. Avec la fatigue qui s’accumule et les deux débats des chefs qui auront lieu le 15 et le 22 septembre, la campagne peut réserver encore bien des surprises.

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