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Éthiopie : les rebelles du Tigré prêts à des pourparlers menés par l’UA

Un camp de déplacés.

Des Éthiopiens qui ont fui les combats dans la région du Tigré se rassemblent près de la frontière du Soudan (archives).

Photo : Reuters / MOHAMED NURELDIN ABDALLAH

Radio-Canada

Les rebelles éthiopiens du Tigré ont annoncé dimanche qu'ils étaient prêts à participer à des pourparlers de paix sous l'égide de l'Union africaine (UA), destinés à mettre fin à près de deux ans de conflit armé dans cette région du nord de l'Éthiopie.

Cette annonce a été saluée par l'UA comme une occasion unique.

Le gouvernement du Tigré est prêt à participer à un processus de paix robuste sous les auspices de l'Union africaine, indique un communiqué des autorités de la région rebelle.

En outre, nous sommes prêts à respecter une cessation des hostilités immédiate et mutuellement acceptée, afin de créer une atmosphère propice, ont-elles ajouté.

Cette décision survient alors que les efforts diplomatiques se multiplient pour trouver une solution pacifique au conflit, après que la reprise des combats le mois dernier a brisé une trêve établie en mars.

Le gouvernement éthiopien insistait depuis longtemps sur le fait que tout processus de paix devait être négocié sous l'égide de l'UA, dont le siège est à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne.

Mais le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) avait jusqu'alors toujours rejeté la médiation de l'envoyé spécial de l'UA dans la Corne de l'Afrique, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, dénonçant sa proximité avec le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.

Olusegun Obasanjo en habits traditionnels portant un masque de procédure.

L'envoyé spécial de l'Union africaine (UA) dans la Corne de l'Afrique, Olusegun Obasanjo.

Photo : afp via getty images / EDUARDO SOTERAS

Une avancée saluée

Le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, a salué une opportunité unique de mettre fin à près de deux ans de guerre, et appelé les deux parties à œuvrer urgemment à la mise en place d'un cessez-le-feu, à s'engager dans des négociations directes, dans le cadre d'un processus sous l'égide de l'UA, incluant des partenaires internationaux mutuellement agréés.

Sur Twitter, le ministre d'État éthiopien pour la paix, Taye Dendea, a qualifié l'annonce du TPLF d'évolution positive, tout en insistant sur le fait que les soi-disant TDF [forces de défense du Tigré] doivent être désarmées avant le début des pourparlers de paix.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé dans un communiqué les parties à saisir cette opportunité de paix et à prendre des mesures pour mettre fin définitivement à la violence et opter pour le dialogue. Il a assuré que les Nations unies étaient prêtes à soutenir le processus de paix dirigé par l'UA.

L'annonce du TPLF, qui coïncide avec le nouvel an éthiopien, ne mentionne pas de condition préalable, mais les rebelles tigréens disent vouloir un processus de paix crédible, avec des médiateurs acceptables par les deux parties, ainsi que des observateurs internationaux.

Au début du mois, le chef du TPLF, Debretsion Gebremichael, avait proposé une trêve sous condition prévoyant un accès humanitaire sans entrave et le rétablissement des services essentiels au Tigré, qui souffre de pénuries alimentaires et d'un manque d'électricité, de communications et de services bancaires.

Un camion en feu sur une route dans un paysage désertique génère un nuage de fumée.

Un camion du Programme alimentaire mondiale (PAM) transportant des grains vers le Tigré est la proie des flammes, en juin 2022.

Photo : afp via getty images / EDUARDO SOTERAS

Dans une lettre adressée au secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, il avait également demandé le retrait des forces érythréennes de l'ensemble de l'Éthiopie et du Tigré.

La déclaration de dimanche précise qu'une équipe de négociation comprenant Getachew Reda, le porte-parole du TPLF, et le général Tsadkan Gebretensae, ancien chef d'état-major de l'armée éthiopienne aujourd'hui au commandement militaire central du Tigré, est prête à être déployée sans délai.

Le mois dernier, M. Debretsion avait révélé que deux séries de réunions confidentielles en tête-à-tête avaient eu lieu entre de hauts responsables civils et militaires, la première reconnaissance par l'une ou l'autre des parties belligérantes de contacts directs.

Les combats font rage sur plusieurs fronts dans le nord de l'Éthiopie depuis la reprise des hostilités le 24 août, les deux parties s'accusant mutuellement d'avoir rompu la trêve conclue en mars.

Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix, avait envoyé des troupes dans le Tigré en novembre 2020 pour renverser le TPLF, après ce qu'il avait considéré comme des attaques contre des camps de l'armée fédérale.

Mais les rebelles avaient réussi en juin 2021 à reprendre la plus grande partie du Tigré, avant que les combats n'aboutissent à une impasse.

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