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« Legault, y’a fait ce qu’il a pu » : incursion dans la caravane de la CAQ

Récit d’une brève incursion à bord de la caravane de la Coalition avenir Québec.

M. Legault serre la main d'une citoyenne.

Les arrêts de la caravane électorale du premier ministre sortant François Legault donnent parfois lieu à des moments de complicité avec les citoyens.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Dimanche dernier, au Marché 440 à Laval. L’autobus de campagne de François Legault se gare à l’avant du stationnement, devant l’allée centrale.

Un couple et ses deux enfants s’approchent, sacs réutilisables à la main. La jeune mère de famille contemple la scène sur la pointe des pieds, avec curiosité. François Legault est-tu là? demande-t-elle à son conjoint. Oui, regarde, il est de dos, répond l’homme, plus grand.

Elle hésite à s’approcher. Ouin… j’ai pas vraiment les mêmes valeurs que lui, mais je trouve qu’il a fait vraiment une bonne job, énonce-t-elle à haute voix, comme pour se parler à elle-même.

Veux-tu voir M. Legault? demande-t-elle à son plus vieux. L’enfant hésite. Avant qu’il n’ait le temps de se décider, François Legault a déjà été emporté ailleurs par la foule.

Derrière leurs kiosques de fruits et légumes, les commerçants voient défiler le premier ministre et son entourage de gardes du corps, journalistes, photographes et conseillers.

C’est pas Justin, mais quand même! s’impressionne une passante.

Elle essaie d’attirer l’attention du chef caquiste puis, après s’être faufilée, réussit à lui serrer la main.

Tu veux savoir ce que je pense pour vrai? demande une agricultrice, derrière son kiosque, lorsqu’on lui demande son opinion sur François Legault.

« Je pense que c’est facile de critiquer quand on n’est pas dans les souliers de quelqu’un. Au moins, il a essayé. C’était pas parfait, mais il a fait quelque chose. »

— Une citation de  Une citoyenne

François Legault, y’a fait ce qu’il a pu, renchérit un homme à proximité. En fait, cette phrase, c’est la phrase qui revient le plus souvent lorsqu’on aborde les citoyens, croisés au hasard des déplacements de la caravane.

Car, même si on ne soulève pas avec eux la question de la pandémie, le sujet revient immanquablement lorsqu’ils aperçoivent François Legault.

La pandémie, encore et toujours

MM. Legault et Dubé portant le masque et arrivant à la conférence de presse.

Les points de presse du premier ministre et de la santé publique ont ponctué la pandémie de COVID-19.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Manifestement, pour nombre de Québécois, la visibilité exceptionnelle dont a joui le chef du gouvernement, aux premières heures de la pandémie, a créé un fort attachement entre eux et lui.

Malgré l’hécatombe dans les CHSLD et les consignes souvent contradictoires du gouvernement, plusieurs se disent reconnaissants envers leur premier ministre. Tout n’a pas été parfait bien sûr, prend-on soin de nous signaler de manière presque systématique… mais un autre n'aurait pas fait mieux, ajoute-t-on aussi presque toujours.

Bien sûr, tous ne se pressent pas pour serrer la main de François Legault là où il va. Des gens lèvent les yeux au ciel et pressent le pas. Legault ouin bof, nous dira un homme.

Une citoyenne manifeste son mécontentement près de la caravane électorale.

Un agent responsable de la sécurité du premier ministre sortant interpelle une citoyenne près de la caravane.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

C’est sans compter les quelques fois où il a été pris à partie par des électeurs devant les médias.

Une femme l’a accusé de préparer en secret le retour du passeport vaccinal et du masque, alors qu’il était de passage dans Portneuf. À Laval, des citoyens anglophones et allophones lui ont reproché son nationalisme linguistique.

Si les médias ne retiennent de ces bains de foule que les rares occasions où les chefs politiques sont pris à partie par des citoyens insatisfaits, la vaste majorité des interactions, tous partis confondus, sont pourtant chaleureuses.

C’est le seul qui dit des niaiseries, mais au moins il parle comme nous. Il parle comme le peuple. Il n’est pas comme les autres, estime Pierrette. Elle s’inquiète de voir la jeune génération moins s’intéresser aux élections. Les jeunes, ils ne vont plus voter. Ils savent pas qu’il a fallu qu’on se batte pour ça, nous autres, les femmes.

Pourtant, à en croire la réaction des élèves lorsque François Legault se rend dans une école de Victoriaville, les jeunes – même ceux qui n’ont pas encore l’âge de voter – savent très bien qui il est.

Ils l’ont beaucoup vu à la télé pendant la pandémie. Ça écoutait les conférences de presse en famille, indique une employée.

Que pense-t-elle de François Legault? Elle parle elle aussi de la pandémie, avant d’enchaîner sur le mauvais état des routes.

Lâchez pas!

Si des gens de tous les âges abordent le chef de la CAQ, on sent que ses fans les plus enthousiastes ont souvent la cinquantaine ou la soixantaine.

Est-ce qu’on peut vous serrer la main? demande une dame, l’air gêné, appareil photo à la main, alors que François Legault effectue un arrêt à Tadoussac. Lâchez pas! l'encourage-t-elle.

Solange et Gaétan habitent à Charlesbourg, mais sont de passage dans la région. Ils nous parlent de la pandémie, mais aussi du troisième lien, de la protection du français et de la hausse de la criminalité.

Ça nous prend dans les fibres quand Legault parle, nous dit Gaétan. On voit vraiment qu’il est pour le Québec. Puis quand il fait des erreurs, il s’excuse.

Lui et sa conjointe avaient voté pour la CAQ en 2018, mais n’ont jamais été impliqués politiquement.

Je suis tannée de la minorité qui n’est pas d’accord avec rien, insiste Solange. Il faut que la majorité prenne sa place. Legault, il parle pour la majorité.

Un homme un peu plus loin nous aborde. Il trouve les médias trop négatifs.

« Le peuple aime la direction où il va. Dites-le. Avec la pandémie, il l’a pas eu facile. »

— Une citation de  Un citoyen

C’est maintenant dit… On verra le 3 octobre si c’est vrai.

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