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Nucléaire : l’Iran juge « non constructive » la déclaration européenne

Le drapeau de l'Iran flotte devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le drapeau de l'Iran flotte devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.

Photo : Associated Press / Michael Gruber

Agence France-Presse

L'Iran a jugé « non constructive », samedi, la déclaration de Londres, Paris et Berlin qui ont exprimé leurs « doutes » sur l'engagement de Téhéran à parvenir à un « résultat positif » dans les négociations pour relancer l'accord de 2015 sur le nucléaire.

L'accord, dont les États-Unis s'étaient retirés en 2018, est destiné à limiter le programme nucléaire iranien, en échange de la levée de sanctions américaines.

Il est surprenant et regrettable qu'alors que des contacts diplomatiques et des échanges de messages se poursuivent entre les parties en négociation, les trois pays européens publient une déclaration aussi non constructive, a indiqué le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

Nasser Kanani en conférence de presse à côté d'un drapeau iranien.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

Photo : Associated Press / Ministère iranien des Affaires étrangères

Dans un communiqué commun diffusé samedi, les gouvernements français, allemand et britannique rappellent que début août, après un an et demi de négociations, le coordinateur du JCPOA (l'accord de 2015, NDLR) a présenté un ensemble de textes finaux qui devait permettre à l'Iran de remplir de nouveau ses obligations au titre du JCPOA et aux États-Unis de revenir à l'accord.

Dans ce paquet final, le coordinateur a apporté des modifications supplémentaires qui nous ont poussés aux limites de notre flexibilité, soulignent-ils.

Malheureusement, l'Iran a décidé de ne pas saisir cette opportunité diplomatique décisive et poursuit l'escalade de son programme nucléaire bien au-delà de ce qui pourrait être justifié de manière plausible pour des raisons civiles, regrettent Londres, Paris et Berlin.

Téhéran avait récemment demandé une nouvelle fois la clôture d'une enquête de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) concernant des traces d'uranium enrichi retrouvées sur trois sites non déclarés, ce que le patron de l'Agence, Rafael Grossi, refuse.

Cette dernière demande soulève de sérieux doutes quant aux intentions de l'Iran et à son engagement en faveur d'un résultat positif concernant le JCPOA, font valoir les trois pays.

Selon eux, la position de l'Iran n'est pas conforme à ses obligations juridiquement contraignantes et compromet les perspectives de rétablissement du JCPOA, conclu en 2015 avec Téhéran par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) plus l'Allemagne.

L'Iran doit coopérer pleinement et immédiatement avec l'AIEA, en toute bonne foi, ajoutent-ils.

Rafael Mariano Grossi en conférence de presse devant le logo de l'AIEA.

Le directeur général de l'Agence internationale de l'Énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, lors d'une conférence de presse le 7 juin 2021 au sujet de la surveillance du programme nucléaire iranien.

Photo : Associated Press / Lisa Leutner

Compte tenu du fait que l'Iran ne conclut pas l'accord sur la table, nous discuterons avec nos partenaires internationaux de la meilleure façon de gérer l'escalade nucléaire continue de l'Iran et son manque de coopération avec l'AIEA, préviennent Paris, Londres et Berlin.

La dernière réponse de l'Iran dans les négociations en cours est un pas en arrière, avait déjà estimé vendredi à Bruxelles le secrétaire d'État américain, Antony Blinken.

L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont adopté la position qu'Israël voulait, a ajouté samedi le porte-parole iranien, dont le pays est l'ennemi juré de l'État hébreu, hostile à l'accord nucléaire.

Si une telle approche se poursuit, ils devront aussi porter la responsabilité d'un échec des négociations, a-t-il mis en garde.

Les menaces et les sanctions n'empêcheront pas le peuple iranien de continuer à défendre ses droits et à préserver ses intérêts, a-t-il encore ajouté.

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