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Le PQ propose un ministère de la Condition féminine en bonne et due forme

Paul St-Pierre Plamondon entouré majoritairement de femmes sur la pelouse.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a dévoilé son plan pour améliorer la condition féminine dans la province samedi matin au parc Maisonneuve, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Valérie Gamache

« On ne peut jamais rien tenir pour acquis sur le sujet [de la condition féminine] », a dit Paul St-Pierre Plamondon, quelques jours après le huitième féminicide à survenir dans la province cette année. « C'est presque un par mois. Il faut agir », a-t-il déclaré.

Le Parti québécois (PQ) promet d'améliorer le sort des femmes, notamment en créant en bonne et due forme un ministère québécois de la Condition féminine.

Le Québec est présentement doté d'un Secrétariat à la condition féminine, qui relève du Conseil exécutif. Une structure insuffisante, selon le chef Paul St-Pierre Plamondon, qui souhaite la mise sur pied d'un ministère avec des expertises, du pouvoir et des budgets.

« Des gains peuvent être faits, et être perdus si on n'est pas vigilants. On le voit partout sur la planète, il y a des reculs importants. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Cette annonce est accompagnée d'une liste de mesures qui visent entre autres à offrir un meilleur soutien aux victimes de violence conjugale, mais aussi aux organismes qui leur viennent en aide.

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Rebâtir la confiance

La mission première de ce nouveau ministère serait de mettre en place des mesures structurantes pour pallier [le] manque de ressources [sur le terrain], selon les mots du leader péquiste, qui souhaite la mise sur pied d'un plan d'action efficace contre la violence conjugale.

Le Parti québécois souhaite ainsi l'application de l'ensemble des recommandations du rapport Rebâtir la confiance déposé en 2020 par le Comité d'experts sur l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et de violence conjugale.

Ainsi, le PQ promet d'offrir un meilleur soutien à l'hébergement des victimes. La clé, lorsqu'une femme est victime de violence conjugale, c'est de ne pas retourner à la maison, a avancé Paul St-Pierre Plamondon, qui a insisté sur le fait que 15 000 demandes d'hébergement ont été refusées l'année dernière, faute de ressources.

« Ce qu'on veut faire [...], c'est avoir une approche transversale. Pour plusieurs des problèmes, il y a des mesures en place, mais il n'y a pas de ministère pour demeurer vigilant et s'assurer que la mise en œuvre des mesures est réussie. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Le chef péquiste propose également de modifier la loi sur les normes du travail pour accorder 10 jours de congés payés aux victimes de violence. Sans ça, les femmes n'ont pas l'occasion de gérer ce qu'il y a à gérer. Trouver un logement, trouver de l'aide, faire des changements dans leurs finances..., a-t-il affirmé.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.

Louise Riendeau, porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, salue la proposition du PQ d'offrir 10 jours de congés payés aux femmes victimes de violence conjugale.

Photo : Radio-Canada

Cette proposition est saluée par la porte-parole du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Louise Riendeau. En entrevue, celle-ci affirme que la loi prévoit déjà des journées, mais non payées, et pas assez nombreuses.

« Pour certaines femmes, ça peut faire toute la différence. Si, en plus de fuir la violence, il faut s'appauvrir, c'est parfois difficile de quitter un conjoint violent. »

— Une citation de  Louise Riendeau, porte-parole du regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale

Paul St-Pierre Plamondon a écorché au passage le gouvernement sortant, qu'il accuse de ne pas en avoir fait assez pour mettre en place des réformes.

Je considère que les résultats dont nous sommes témoins en matière de violence conjugale et de féminicides sont complètement inacceptables, a dit le chef du PQ. De toute évidence, il n'y a pas assez de pouvoir et pas assez d'attention au gouvernement sur cette question-là.

Louise Riendeau semble donner raison au chef péquiste. Dans le dernier budget, il y avait de l'argent pour créer quatre nouvelles maisons [pour femmes victimes de violence], avance-t-elle. C'est un premier pas, mais c'est nettement insuffisant, surtout dans les régions plus critiques, comme Montréal ou l'Outaouais.

L'évaluation des risques est la clé, selon PSPP

Le leader péquiste a mis l'accent sur l'importance de dépister en amont les hommes susceptibles d'avoir des comportements violents.

Il souhaite ainsi augmenter les effectifs sur le terrain, surtout dans les régions, où, selon lui, il n'y a pas d'évaluation, parce qu'il n'y a pas de ressources.

Mais il propose également de revoir l'approche des interventions sur le terrain, qui requiert souvent le consentement des deux conjoints avant qu'une évaluation de la situation puisse avoir lieu.

Le PQ souhaite donc que le consentement du conjoint violent ne soit plus nécessaire.

Si tu n'évalues pas le risque, si tu n'as pas de discussion avec une personne potentiellement violente, c'est là que les drames surviennent, a-t-il affirmé.

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