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L’Alberta invitée à revoir sa politique en matière de réhabilitation des animaux sauvages

Trois oursons marchent dans un parc.

Trois oursons sont devenus orphelins à 7 mois, après que leur mère a été abattue par des agents du ministère albertain de l'Environnement et des Parcs, car elle était entrée avec ses petits dans un garage du hameau de Bragg Creek, dans le sud de la province.

Photo : Radio-Canada / Karel Bergmann

Radio-Canada

Le sort incertain de trois oursons noirs devenus orphelins après que leur mère a été abattue soulève des critiques sur la politique de l'Alberta qui interdit la réhabilitation des animaux sauvages entre juillet et janvier.

Comment organiser une coexistence apaisée entre les humains et les animaux sauvages? La question a fait l’objet, mercredi, d’une rencontre publique à Bragg Creek, à l'ouest de Calgary. Cela fait suite à un incident ayant poussé des agents du ministère de l'Environnement et des Parcs à abattre une ourse entrée avec ses petits dans un garage à la fin du mois dernier.

Le sort des oursons devenus orphelins à seulement 7 mois inquiète des environnementalistes, qui ont mis à profit cet incident pour interpeller le gouvernement sur sa politique.

Selon cette réglementation, il est interdit à quiconque de venir au secours de ces oursons, à moins d’avoir une autorisation écrite du ministère, rappelle Lisa Dahlseide, membre du centre de réadaptation Cochrane Ecological Institute. Lisa Dahlseide explique que cinq oursons sont récemment devenus orphelins dans la région de Bragg Creek.

À ses yeux, la politique provinciale est une aberration qui n'existerait qu'en Alberta. Sarah Elmeligi, coordonnatrice pour la section du sud de l’Alberta de la Société pour la nature et les parcs du Canada, a le même sentiment.

En entrevue à l’émission La croisée, elle s’est insurgée contre la politique du gouvernement albertain, qui, selon elle, ne fait pas sens, parce qu’elle ne repose sur aucune base scientifique.

« Nous sommes la seule juridiction [au monde] qui a cette stipulation qu’on ne peut pas réhabiliter les animaux sauvages après le 1er juillet. »

— Une citation de  Sarah Elmeligi, biologiste et consultante en matière de conservation

Opposition sur la chance de survie des oursons

Le ministère a indiqué pour sa part, dans un communiqué, que ses services continueront de surveiller l'état des trois oursons, et qu’ils prendront en conséquence une décision dans l'intérêt des ours et de la sécurité publique.

Il ajoute que la réhabilitation des trois oursons orphelins n'était pas considérée comme nécessaire, car ils sont assez vieux pour pouvoir se nourrir seuls.

Mais pour Sarah Elmeligi, qui est par ailleurs auteure d'un livre sur les ours, la chance de survie des trois bébés ours peut être compromise, surtout à l’approche de l’hiver, et ce, compte tenu de leur jeune âge.

Coexistence avec la faune sauvage

Quant à la question de savoir comment organiser la gestion de la coexistence entre les humains et les animaux, Sarah Elmeligi soutient qu'elle devrait relever d’une responsabilité individuelle et communautaire, car elle dépend, par exemple, de comment nous gérons nos ordures individuelles et collectives, qui peuvent attirer les ours près des habitations.

Elle propose, par conséquent, un ramassage centralisé des ordures, pour éviter que les ours viennent à proximité des résidences pour chercher de quoi manger. S’il n’y a rien de tel, alors ils iront loin dans la forêt pour trouver leur subsistance, souligne-t-elle.

Une autre solution qu'elle suggère, pour réduire l’effet d’attraction, est de sensibiliser les résidents à ramasser les fruits qui tombent de leurs arbres fruitiers.

Avec les informations de Jo Horwood, Omar Sherif et l'émission La croisée

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