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Rivière-à-Pierre toujours privée de réseau cellulaire

Une antenne de téléphonie cellulaire à Horseshoe Bay en Colombie-Britannique

Après avoir interpellé le premier ministre sortant en campagne, la mairesse de Rivière-à-Pierre envisage de solliciter l'aide du député fédéral de Portneuf–Jacques-Cartier.

Photo : Radio-Canada / Philippe Moulier

Avoir un téléphone mobile et ne pas pouvoir s'en servir... Impensable pour certains. C’est le quotidien des habitants de Rivière-à-Pierre, dans le comté de Portneuf, à une trentaine de kilomètres de Saint-Raymond.

Pas par choix, mais par obligation. La municipalité n’est pas couverte par le réseau cellulaire. Et rien n’indique que cela va changer.

La mairesse, Danielle Ouellet, le déplore : Depuis 1995, les maires qui se sont succédé ont fait des pieds et des mains auprès de Telus, du CRTC, des gouvernements. Mais rien ne se passe.

Elle-même se démène pour faire bouger les choses. La semaine dernière, Danielle Ouellet a interpellé François Legault, alors en campagne à Saint-Raymond, sur le sujet.

Il vantait notre région en disant qu’on avait de beaux paysages, qu’il y avait de la motoneige, de la chasse, puis de la pêche. Je lui ai dit que ce qu’il nous manque, c’est le réseau cellulaire.

Lundi, le premier ministre sortant a promis de le compléter d’ici la fin de son deuxième mandat, s’il est réélu. J'aimerais y croire, commente la mairesse de Rivière-à-Pierre.

Les citoyens impatients, les commerçants pénalisés

Elle n’est pas la seule à pâtir de l’impossibilité d’utiliser un téléphone sans fil. Elle souligne qu’à chaque conseil municipal, au moins un ou deux citoyens interrogent les élus sur les avancées dans ce dossier.

Les commerçants de la municipalité aussi sont pénalisés.

Des livreurs qui ne trouvent pas une adresse viennent à la mairie pour demander des renseignements parce qu’ils n’ont pas de réseau et qu’ils ne peuvent pas appeler les commerçants directement, rapporte Danielle Ouellet.

Un homme tente de trouver un réseau téléphonique à l'aide de son cellulaire, lors du siège de la Douma en 2014.

Pas la peine de chercher à capter un signal pour utiliser son cellulaire à Rivière-à-Pierre, il n'y a pas de réseau sur la totalité du territoire de la municipalité.

Photo : AFP/Getty Images / ABD DOUMANY

Hanane Ouargui, la propriétaire du casse-croûte Au Bois Rond sur la rue principale, trouve cette situation surréaliste.

En 2022, pas avoir de réseau, ça fait tard, affirme-t-elle.

Régulièrement, des visiteurs franchissent les portes de son commerce, non pas pour manger, mais pour utiliser sa ligne fixe.

Ils sont plusieurs, ils se sont donné rendez-vous pour aller dans la réserve [faunique de Portneuf]. Ils n’arrivent pas à se retrouver. Alors, ils viennent pour voir s’ils peuvent emprunter mon téléphone, explique-t-elle.

Les conseils de la SQ

Début août, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a annoncé qu’il versera 20,5 millions $ pour financer 10 projets de déploiement des services mobiles sans fil le long de routes et d’autoroutes au Québec, à Terre-Neuve-et-Labrador et au Manitoba.

Telus obtiendra, entre autres, 6,5 millions $ pour installer des antennes et opérer les branchements nécessaires en bordure des routes 132, 195 et 299, en Gaspésie.

Ça fait quatre ans qu’on se fait dire qu’on est les premiers sur la liste pour les projets de développement. Mais ça n’arrive jamais, s’impatiente la mairesse.

Selon elle, il y a pourtant urgence. En plus des 578 habitants de Rivière-à-Pierre, elle considère qu’au-delà de 50 000 personnes passent à l’année pour aller dans les chalets, à la chasse, à la pêche.

« C’est devenu un besoin pour la sécurité des gens. On est rendu là. »

— Une citation de  Danielle Ouellet, mairesse de Rivière-à-Pierre

En attendant qu’il soit résolu, comment contourner le problème? Le lieutenant Benoît Richard, coordonnateur aux communications de la Sûreté du Québec (SQ) a quelques conseils à prodiguer.

Il recommande à celles et ceux qui vivent, même temporairement, dans la municipalité de faire installer une ligne de téléphone fixe chez eux, dans la mesure du possible. Pour les personnes qui s’y rendent pour la chasse, la pêche ou autre, il suggère d’informer à l’avance leurs proches de leurs déplacements.

Il s’agit de se montrer prévoyant. Ce sont des principes de base de sécurité. C’est comme quand on part en bateau, déclare-t-il.

La SQ, pour sa part, ne craint pas de mener une intervention dans une zone entièrement déconnectée, comme Rivière-à-Pierre. Le corps policier s’est doté de son propre système de radio télécommunication.

Chaque véhicule est équipé d’émetteurs et de récepteurs particuliers qui ne passent pas par les réseaux classiques.

Nous avons aussi des téléphones satellites au besoin, confie le lieutenant Richard.

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