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Recrudescence des surdoses dans la région de Timmins

La porte d'entrée du Site de Santé sûr de Timmins

Le Site de Santé sûr de Timmins est situé à proximité de l'hôtel de ville.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Le groupe de travail sur les interventions d’urgence liées aux opioïdes de Timmins lance une alerte aux produits toxiques qui circulent dans les drogues de rue après une série de surdoses qui ont eu lieu la semaine dernière.

Dans un communiqué de presse diffusé mercredi, le groupe de travail a indiqué que les ambulanciers ont été appelés 11 fois pour des surdoses soupçonnées dans la région au cours de la dernière semaine.

Selon Seamus Murphy, commandant des services médicaux d’urgence du district de Cochrane, il s’agit du plus grand nombre d’appels que nous ayons reçus en une semaine en 2022.

En moyenne, M. Seamus dit que les ambulanciers ont répondu à quatre ou cinq urgences du genre par semaine depuis le début de l’année.

Encore plus inquiétantes, plusieurs des victimes de surdoses n’ont pas directement consommé d’opioïdes, ces substances se sont retrouvées dans d’autres drogues consommées comme la cocaïne et la méthamphétamine.

Toute drogue peut contenir des opioïdes puissants, peut-on lire dans le communiqué.

Si les analyses toxicologiques des drogues n’ont pas été effectuées, M. Seamus dit soupçonner la présence de fentanyl ou d’autres drogues synthétiques dans les produits qui ont mené aux surdoses.

En 2020, il y a eu 40 décès liés aux opioïdes dans le territoire desservi par le bureau de santé de Porcupine, presque le double de l’année précédente. Parmi ces décès, 35 se trouvaient dans la région de Timmins. La ville avait un ratio de 46,8 décès par 100 000 habitants, comparable à celui de Vancouver.

Un centre de consommation supervisé qui ne règle pas tout

Patrick Nowak, responsable du programme de lutte contre les dépendances de l'hôpital de Timmins constate que l’ouverture du Site Santé Sûr de Timmins, qui permet la consommation de drogues en toute sécurité depuis deux mois, ne peut pas empêcher à 100% le nombre de surdoses.

Cette hausse des surdoses est un signe qu’il y a une contamination dans les drogues qui circulent, explique-t-il.

Il constate que la manière dont fonctionne le centre laisse des trous dans la couverture.

Michèle Boileau et Patrick Nowak qui tiennent une plaque.

Patrick Nowak (à gauche), est impliqué dans le Site Santé Sûr de Timmins.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Nous ne pouvons offrir un environnement sécuritaire que pendant nos heures d’ouverture, de 9h à 20h, ce qui ne protège pas ceux qui utilisent des drogues pendant la nuit, explique-t-il.

De plus, le Site Santé Sûr n’offre pas de service de consommation par inhalation entre ses murs, ce qui réduit en partie leur accès à certains consommateurs qui utilisent cette technique.

Certains des appels aux ambulanciers au cours des dernières semaines concernaient des gens qui consomment leurs drogues comme le crack ou le fentanyl en inhalant, et ces drogues peuvent aussi être contaminées, explique-t-il.

S’il concède que le centre n’est pas une solution miracle, M. Nowak croit qu’il joue tout de même un rôle crucial et grandissant pour sauver la vie de plusieurs personnes.

Qui sait ce qui arriverait si les gens qui consomment ici consommaient plutôt dehors? Je crois que le centre à un impact, dit-il.

Nous sommes en voie de doubler le nombre de visites qui ont eu lieu en août, lorsque nous regardons les données préliminaires ce mois-ci, ajoute-t-il.

D’autres mesures de réduction des méfaits nécessaires

Karla Ghartey, infirmière en santé communautaire et étudiante au doctorat en santé publique à l’Université de Toronto croit que d’autres mesures sont nécessaires pour soutenir le travail des centres de consommation supervisée.

Karla Ghartey sourit.

Karla Ghartey croit que d'autres mesures de réduction des méfaits sont nécessaires pour résoudre la crise des dépendances.

Photo : CBC / Karla Ghartey

Il y a beaucoup de preuves que ces centres sont utiles pour réduire les méfaits, mais ces centres ne vont pas à eux seuls régler la crise des dépendances ni la crise de la toxicité des drogues, affirme-t-elle.

Parmi les autres mesures qui pourraient aider, Mme Ghartey avance la possibilité de donner accès à des prescriptions de drogues aux consommateurs.

Ils pourraient avoir accès à des substances sous forme de prescription, afin d’aider à ce que les drogues consommées soient déjà analysées et ne contiennent pas d’autres substances, explique-t-elle.

Si les consommateurs n’ont pas à se démener pour trouver une drogue sûre dans la rue, ils vont pouvoir plus facilement consommer de manière plus sécuritaire, explique-t-elle.

Elle croit que les consommateurs de drogues souffrent encore de stigmatisation dans la société et au niveau politique, ce qui mine les efforts de réduction des méfaits qui sont prouvés par la science et utilisés ailleurs comme en Europe, explique-t-elle.

La réduction des méfaits, si bien faite, sauve des vies et les utilisateurs de drogues sont des membres de notre société et ils sont importants, conclut-elle.

Avec les informations de Bienvenu Senga et Chris St-Pierre.

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