Ambulance Nouveau-Brunswick ne « fait pas le travail », selon des élus des 3 partis

Quatre ambulances devant l'Hôpital de Moncton, le 6 mai dernier.
Photo : Radio-Canada / Pierre Richard
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Malgré les sérieuses critiques de la vérificatrice générale envers Medavie, l’administrateur des services ambulanciers au Nouveau-Brunswick, le gouvernement provincial n’a fait aucun effort en deux ans pour rouvrir le contrat et rectifier la situation.
C’est ce que des représentants d’Ambulance Nouveau-Brunswick (ANB) ont indiqué aux élus, jeudi, lorsqu’ils ont comparu devant le comité parlementaire des comptes publics pour répondre à leurs questions.
En octobre 2020, la vérificatrice générale (VG) du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-MacPherson, avait dit que la façon dont les statistiques sur le temps de réponse des ambulances sont compilées masque un service de piètre qualité dans les régions rurales, et permet à Medavie d’atteindre les cibles requises pour toucher des primes.
Services de santé Medavie Nouveau-Brunswick (SSMNB), une entreprise privée qui administre les services ambulanciers de la province, reçoit une prime si elle répond à au moins 90 % des appels dans un délai de 9 minutes en milieu urbain, ou 22 minutes en milieu rural.
Or, selon la vérificatrice générale, la façon dont les statistiques sont regroupées en quatre régions est un problème. Les objectifs de rendement sont atteints dans une zone assez grande, alors même que pour des communautés rurales situées à l’intérieur de cette zone, les temps de réponse des ambulances sont mauvais.

Ancienne vérificatrice générale du Nouveau-Brunswick, Kim Adair-MacPherson est aujourd'hui vérificatrice générale de la Nouvelle-Écosse.
Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau
Depuis deux ans, il n’y a eu aucune ouverture ou renégociation du contrat
, a déclaré jeudi en comité parlementaire le vice-président du conseil d’administration d’Ambulance Nouveau-Brunswick, John Estey, qui est aussi directeur des services d’urgence au ministère de la Santé.
Megan Mitton, députée du Parti vert dans Memramcook-Tantramar, croit que cinq autres années de mauvais services sont à prévoir, car le contrat d’une durée de 10 ans ne vient à échéance qu’en 2027.
Ce contrat est absolument inacceptable. Franchement, c’est terrible qu’il permette à Medavie de faire des millions de dollars sans être obligé d’atteindre leurs objectifs.

La porte-parole du Parti vert en matière de santé, Megan Mitton.
Photo : Radio-Canada
Les élus n’ont pas confiance. Des politiciens des trois partis représentés à l’Assemblée législative ont manifesté leur mécontentement, jeudi. Je ne crois pas ces chiffres
, a lancé pendant la session du comité Michelle Conroy, députée du Parti progressiste-conservateur dans Miramichi.
Elle s’est dite déçue qu’aucun effort n’ait été fait en deux ans pour rouvrir le contrat et rectifier la situation. Elle affirme qu’elle pressera ses collègues du caucus progressiste-conservateur pour que des actions soient entreprises. À l’époque du rapport de la VG en 2020, Mme Conroy était députée d’un autre parti, l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick.

Chuck Chiasson, député de Victoria-La-Vallée (archives).
Photo : Radio-Canada / Michel Corriveau
Selon le député libéral Chuck Chiasson, on ne peut pas fermer les yeux sur la situation actuelle. Il n’y a souvent pas d’ambulance à Saint-Quentin et Saint-Léonard, deux collectivités de sa circonscription de Victoria-La Vallée, dit-il.
Ils ne font pas le travail pour lequel ils ont été engagés, en particulier dans ma région.
Megan Mitton a souligné qu’en juillet 2021, les ambulances avaient répondu dans le temps requis 88,4 % du temps dans la zone où est situé le village de Port Elgin, qui est dans sa circonscription. Mais dans le village de Port Elgin même, le taux de rendement n’était que de 9,1 %.
La façon dont les communautés sont regroupées et dont les données sont compilées cache ce qui se passe à l’échelle des communautés
, a dénoncé Megan Mitton pendant l’audience du comité parlementaire.
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La vérificatrice générale déplorait par ailleurs en 2020 que les longs temps de réponse des ambulances étaient parfois exclus des statistiques, car le contrat le permet s’il y a des circonstances sur lesquelles Medavie n’a pas de contrôle.
Jean-Pierre Savoie, le vice-président de Medavie, dit qu’il y a des raisons valables pour ces exceptions. Les longs temps de déchargement ne sont pas de la faute de l’entreprise, souligne-t-il. Les ambulanciers sont contraints d’attendre avec leurs patients devant l’hôpital, parfois pendant de nombreuses heures.
Les fermetures récurrentes de certaines salles d’urgence à travers la province ne sont pas non plus causées par Medavie, dit-il.
Selon M. Savoie, il y a eu 30 000 heures d’attente pour les déchargements jusqu’ici cette année, alors que le volume d’appel a augmenté de 12 % en un an.
