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Crise du logement à Rimouski : des électeurs pessimistes de voir une résolution rapide

Un quartier de Rimouski et l'île Saint-Barnabé à l'horizon.

Vue sur un quartier de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

La crise du logement frappe de plein fouet à Rimouski. Tous les candidats à l’élection provinciale dans la circonscription en ont fait leur priorité, mais sur le terrain, les électeurs ne sont pas convaincus que le prochain gouvernement sera en mesure de mettre fin à cette crise rapidement.

Il faut que ça soit créatif, moi j’ai pour mon dire, il ne faut pas penser à critiquer, si j’avais un reproche à faire aux politiciens, c’est de toujours tomber dans la critique , dit la Rimouskoise Pierrette Jalbert. Elle croit qu’il est possible d’atténuer la crise du logement qui sévit à Rimouski, mais pour cela, il faut que la classe politique propose des idées.

Enseignante, la femme qui est propriétaire d’un duplex dans le quartier Saint-Robert, a décidé de mettre l’épaule à la roue cette année. Elle loue depuis la rentrée universitaire les chambres de ses deux fils partis étudier à Montréal et à Québec à des étudiantes de l’Université du Québec à Rimouski.

Pierrette Jalbert dans son salon

Pierrette Jalbert a voulu faire sa part pour amoindrir les effets de la crise du logement. Elle a décidé d'offrir deux chambres à louer cette année à des étudiants de l'UQAR. Une expérience qu'elle apprécie.

Photo : Radio-Canada

La crise du logement touche particulièrement les étudiants cette année, l’UQAR a même fait cet été un appel à la population rimouskoise pour demander de louer des chambres aux étudiants. Le taux d'inoccupation de Rimouski est l'un des pires de la province, établi à 0,2 % selon la Société canadienne d'hypothèque et de logement.

Pour louer les chambres chez elle, Pierrette n’avait qu’un seul critère : que les chambreurs étudient dans le domaine de l'éducation. C’est sur Facebook qu’elle a rencontré Chloé Giroux-Lessard et Marion Millan, ses deux nouvelles colocataires, comme elle se plaît à les appeler.

L’année scolaire vient à peine de débuter que déjà les trois femmes se lient d’amitié. L’éducation est souvent un sujet de discussion à table. La crise du logement en est un autre.

Tranquillement, Chloé tente de se faire une tête sur cet enjeu qui est, d’après elle, après l’environnement, l'une des grandes priorités de cette campagne électorale.

Chloé Giroux-Lessard dans la cuisine de Pierrette Jalbert

Chloé Giroux-Lessard ne croit pas que la crise du logement va se résorber rapidement.

Photo : Radio-Canada

La jeune femme de 26 ans, originaire de Laval, a construit avec son conjoint une minimaison en Haute-Gaspésie où elle entend vivre après ses études. Un mode de vie alternatif et différent de celui de la génération de ses parents, elle en consent. Un choix qu’elle et son conjoint ont fait, en raison des difficultés à accéder à la propriété, même en région.

Assise à la table de la cuisine chez Pierrette, elle raconte avoir épluché les annonces de location à Rimouski, une à une, pendant plusieurs semaines avant de dénicher une chambre qui correspondait à son budget.

J’aimerais qu'il y ait plus de logements accessibles et j’aimerais que les loyers soient moins chers et qu'il y ait une certaine réglementation autour de ça, dit-elle, tout en mentionnant qu’elle est aussi pour un assouplissement des règlements. Je trouve qu’on se complique la vie pour rien, il faut qu’il en ait pour ne pas qu’il y ait trop d’abus, mais en même temps, c’est se mettre des bâtons dans les roues pour aller vers des solutions un peu plus originales.

Des solutions, Pierrette en voit : minimaison, aménagement d’unités dans des sous-sols ou des greniers de résidences familiales, construction de logements adaptés pour les personnes âgées, les étudiants et des logements sociaux, etc. Il est possible, selon elle, dans une ville comme Rimouski, de densifier les quartiers, sans nécessairement les défigurer avec des tours d’habitation.

Chloé ne partage pas l'enthousiasme de Pierrette. Réalistiquement, on va en parler pendant plusieurs années et ça va être long avant que ça se règle, ajoute-t-elle.

La Gaspésienne d’adoption compte mieux se renseigner sur les différentes plateformes politiques d’ici le jour du scrutin, mais d’emblée, elle constate que Québec Solidaire se distingue dans Rimouski sur l’enjeu du logement. Si je me fie aux pancartes électorales, il y a juste Québec Solidaire qui en parle.

Sur le campus de l’UQAR, il suffit de discuter avec les étudiants pour comprendre que leurs attentes sont élevées, mais qu’ils ne se font pas d’illusion. La CAQ, au pouvoir, a nié pendant deux ans la crise du logement, dit Étienne Gariépy-Girouard, un étudiant à la maîtrise. Selon lui, le gel des loyers et des tarifs d’électricité est une solution à court terme qui pourrait apaiser la crise pour les locataires.

Plus de logements sociaux et mettre fin au mur-à-mur

Quand on demande au maire de Rimouski, Guy Caron, si le logement est la priorité de ces citoyens, il répond sans hésiter : clairement, clairement. L’ex-député fédéral néo-démocrate a sérieusement étudié cet enjeu au cours de sa carrière et il s’attend à ce que les candidats aux élections provinciales se mouillent en vue de créer plus de logements sociaux et de faciliter les mises en chantier.

Le visage de Guy Caron en gros plan.

Le maire de Rimouski souhaite des investissements dans les logements sociaux et un assouplissement des règlements en matière d'aménagement et d'urbanisme au Québec.

Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Les gouvernements devraient miser sur le logement social, selon Guy Caron, et non sur le logement abordable qui est lié aux conditions de marché. Si le marché est en hausse, le logement abordable va être beaucoup moins abordable, explique-t-il.

Un avis partagé par Alexandre Cadieux, intervenant au Comité logement Bas-Saint-Laurent qui vient en aide aux locataires dans le besoin. Il déplore le désinvestissement des gouvernements et il ne voit pas comment il peut être optimiste dans ce contexte.

Le gouvernement en place, avant même la campagne électorale, a tenu un point de presse et il a dit environ les chiffres qu'il comptait investir dans le logement pour les quatre prochaines années s'il était réélu. Et, ce chiffre-là est inférieur à ce qu'il a investi dans les quatre dernières années, dit-il.

« Au niveau du logement social et abordable, tous les gouvernements arrivent avec de grandes idées et de grandes ambitions durant les campagnes électorales. Je n'ai pas vu de grandes ambitions être réalisées au cours des dernières années. »

— Une citation de  Guy Caron, maire de Rimouski

Guy Caron estime qu'il en coûte désormais entre 350 000 et 400 000 dollars pour construire une unité de logement social. Ce qui est hors de prix pour une ville comme Rimouski où la liste d’attente pour un logement social grimpe maintenant à 400  ménages.

Il pense aussi que les besoins des villes de taille moyenne comme Rimouski, Drummondville ou Granby ne sont pas les mêmes que ceux de Montréal et Québec. À ses yeux, une révision de la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme du Québec s’impose pour faciliter la densification de certains quartiers.

Il est trop facile, par exemple, de contester la construction de duplex dans les secteurs zonés pour les résidences unifamiliales, mentionne-t-il, tout en spécifiant que la superficie de la ville de Rimouski est légèrement inférieure à celle de l’île de Montréal.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

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