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Le groupe des accusés du barrage de Coutts infiltré par la GRC

Des conducteurs déplacent un un camion sur les lieux d'une manifestation aux environs du poste frontalier de Coutts, dans le sud de l'Alberta, le 2 février 2022.

Le poste frontalier de Coutts a été bloqué pendant 17 jours environ.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Les Albertains accusés d’avoir conspiré pour tuer des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ont tenté d’utiliser deux policières infiltrées pour faire passer des armes au sein de la manifestation anti-restrictions sanitaires de Coutts, en février dernier, selon de nouveaux documents judiciaires.

Les documents ont été dévoilés après qu’un consortium de médias eut contesté avec succès l’interdiction de publication qui les avait préalablement scellés.

Le blocage du poste frontalier de Coutts a commencé le 29 janvier et ne donnait pas de signe d’essoufflement.

D'après les documents, deux policières de la GRC ont infiltré le groupe de manifestants, et le 11 février, elles ont affirmé avoir été témoins de la planification d’un échange d’armes, prévu pour le soir même, entre Chris Carbert, Anthony Olienick et Jerry Morin.

Photos portraits côte à côte des quatre accusés.

Chris Carbert, Anthony Olienick, Jerry Morin et Chris Lysak (de gauche à droite) ont été accusés de complot en vue de tuer des policiers.

Photo : Facebook/Carbert, Facebook/Coutts Convoy Restart, Facebook/Morin, Instagram/Berta Bucks

Selon les documents, ces trois hommes voulaient que les deux femmes les aident, mais étaient en désaccord sur la manière de le faire. Ils souhaitaient qu’elles transportent des armes dans un sac de hockey. Chris Carbert croyait que le sac serait trop lourd pour elles, mais Anthony Olienick estimait que des femmes serviraient de couverture parfaite.

Le plan était qu’elles rencontrent Jerry Morin à un point de contrôle le long du chemin de fer, où il leur donnerait un paquet lourd.

Bien que les deux agentes se soient rendues au point de rencontre, leur superviseur leur a ordonné de quitter les lieux. Par conséquent, elles n’ont pas vu le sac de hockey contenant les armes.

Le lendemain, la GRC a lancé une rare opération d’écoute électronique danger imminent, qui peut être exécutée sans l’approbation d’un juge lorsque des agents font face à un danger immédiat.

En se basant sur les observations de ses agentes, la GRC croyait que Jerry Morin fournirait des armes à Anthony Olienick et Chris Carbert dans le but de tirer sur des policiers et de les tuer.

Photos d'armes saisies.

La Gendarmerie royale du Canada a saisi des armes d’épaule, des gilets pare-balles, des armes de poing, une grande quantité de munitions et une machette dans trois remorques de manifestants à Coutts.

Photo : Gendarmerie royale du Canada

Anthony Olienick aurait affirmé aux deux agentes infiltrées qu’il avait accès à des centaines d’armes à feu et de munitions à Coutts. Jerry Morin a quant à lui publié sur les réseaux sociaux un appel à tous à se joindre à la manifestation. C’est la guerre, affirme-t-il dans une vidéo, relatent les documents judiciaires.

Des accusations criminelles

Le 14 février, la police fédérale a mené des perquisitions dans des propriétés et des remorques sur place, saisissant plus d’une douzaine d’armes à feu, des munitions et des gilets pare-balles.

Elle a déposé des accusations criminelles contre 14 personnes. Jerry Morin, 41 ans, Chris Lysak, 48 ans, Chris Carbert, 45 ans, et Anthony Olienick, 40 ans, font face aux accusations les plus sérieuses, soit celles d’avoir comploté pour tuer des agents de la GRC.

Anthony Olienick fait aussi face à une accusation pour possession d’une bombe artisanale, qui a été saisie sur son terrain de Willow Creek, près de Claresholm, au sud de Calgary.

Selon les documents judiciaires, la police suspecte que trois des quatre hommes se connaissaient et avaient déjà fait des plans avant la manifestation de Coutts. Les documents contiennent toutefois peu d’information sur le quatrième accusé, Chris Lysak.

Des publications sur les réseaux sociaux montrent que ce dernier et Chris Carbert ont des liens avec Diagolon, un mouvement milicien d’extrême droite violent et suprémaciste blanc. Des enseignes de ce groupe ont été trouvées sur les gilets pare-balles saisis par la police lors des perquisitions.

La GRC indique également que le groupe d’hommes avait établi un système de surveillance élaboré, traquant les mouvements des policiers dans la région de Coutts.

La police fédérale a continué son enquête après l’arrestation des quatre hommes et elle croit que leur groupe comprenait d’autres membres qui n’étaient pas présents à Coutts.

Avec des informations de Rachel Ward et Meghan Grant (CBC)

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