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Les programmes nucléaires de l’Iran et de la Corée du Nord inquiètent l’AIEA

Le drapeau de l'Iran flotte devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Le drapeau de l'Iran flotte devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne. Inquiète, l'AIEA affirme ne pas pouvoir garantir que le programme nucléaire iranien soit exclusivement pacifique.

Photo : Associated Press / Michael Gruber

Agence France-Presse

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) affirme mercredi avoir de sérieuses préoccupations quant aux activités de l'Iran et de la Corée du Nord relativement à leur programme nucléaire respectif.

En ce qui a trait à l'Iran, d'abord, et dans un rapport publié avant le Conseil des gouverneurs de la semaine prochaine, le directeur général de l'instance onusienne Rafael Grossi, se dit de plus en plus inquiet alors qu'aucun progrès n'a été fait pour résoudre le dossier des traces d'uranium enrichi retrouvées par le passé en divers endroits.

Il appelle la République islamique à répondre à ses obligations légales et à coopérer au plus vite.

C'est un des principaux points sur lesquels butent les négociations qui ont démarré en avril 2021 à Vienne pour ranimer l'accord de 2015, torpillé trois ans plus tard par l'ancien président américain Donald Trump.

Téhéran a encore réclamé mardi une clôture de l'enquête de l'AIEA pour parvenir à un compromis avec ses interlocuteurs directs (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Chine et Russie), tandis que les États-Unis y participent indirectement.

L'AIEA déplore également la décision annoncée en juin par l'Iran d'enlever un certain nombre de caméras de surveillance, évoquant des conséquences préjudiciables pour la capacité à vérifier le caractère civil du programme nucléaire.

Tout en restreignant l'accès à l'instance onusienne, l'Iran a continué ces derniers mois à accumuler de l'uranium enrichi, selon des estimations livrées dans un document distinct.

Les stocks dépassent désormais de plus de 19 fois la limite autorisée par l'accord international de 2015.

Téhéran a ainsi porté ses réserves totales à la date du 21 août à 3940,9 kg, contre 3809,3 kg mi-mai, loin du plafond de 202,8 kg auquel il s'était engagé.

L'Iran a notamment élevé son stock de matière enrichie à 20 % à 331,9 kg, contre 238,4 kg auparavant. Ce niveau, qui se situe au-delà des 3,67 % fixés par l'accord, permet en théorie de produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers.

La République islamique dispose par ailleurs de 55,6 kg contre 43,1 kg d'uranium enrichi à 60 %, seuil proche des 90 % nécessaires à l'élaboration d'une arme atomique, contre 33,2 kg précédemment.

Une violation manifeste

Par ailleurs, l'AIEA affirme dans son rapport annuel – rendu public mercredi – que les activités nucléaires de la Corée du Nord demeurent la source de graves préoccupations.

La poursuite du programme militaire est profondément regrettable, affirme l'organisme onusien, selon lequel il s'agit d'une violation manifeste des résolutions permanentes du Conseil de sécurité de l'ONU.

La réouverture du site d'essais nucléaires est "vraiment troublante", tout comme "l'expansion de l'installation d'enrichissement" et "la poursuite de l'exploitation du réacteur d'une capacité de cinq mégawatts", estime le rapport.

Sur le site d'essais nucléaires de Punggye-ri, des travaux ont également eu lieu, note l'AIEA, notamment pour rouvrir un tunnel d'essai. La construction de routes a repris fin août.

À Yongbyon, dans le principal complexe nucléaire du pays, la construction d'une nouvelle annexe a commencé en septembre 2021 et revêt désormais un aspect achevé depuis l'extérieur, selon l'Agence, qui ne peut en déterminer l'objectif.

Washington rejette une offre

L'avenir de ce complexe nucléaire fut l'un des points de contentieux du deuxième sommet du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un avec le président américain Donald Trump, qui s'est soldé par un échec en 2019.

Donald Trump et Kim Jong-un se promènent dans la zone démilitarisée, sous l'oeil de militaires et de journalistes.

Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un en promenade dans la zone démilitarisée, lors de la visite du président américain en Corée du Nord, en 2019.

Photo : Reuters / Kevin Lamarque

La Corée du Nord avait proposé d'en démanteler une partie, mais pas ses autres infrastructures de production nucléaire, en échange d'une levée partielle des sanctions économiques. Cette offre avait été rejetée par Washington.

En août, Pyongyang, qui a mené cette année une série record d'essais d'armement, a rejeté une offre d'aide économique de la part de la Corée du Sud, en échange de sa dénucléarisation.

Le rapport, qui intègre toutes les informations pertinentes disponibles à l'agence, sera examiné par la Conférence générale de l'AIEA dans le courant du mois de septembre.

Le régime reclus est sous le coup de multiples sanctions internationales pour ses programmes militaires, notamment nucléaires, interdits et qui ont considérablement progressé sous le règne de Kim Jong-un.

Les inspecteurs de l'AIEA, dont le siège se trouve à Vienne, en Autriche, ont été expulsés de Corée du Nord en 2009. Ils la surveillent désormais depuis l'étranger.

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