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Éric Duhaime s’active à séduire les électeurs anglophones

Éric Duhaime parle dans un micro.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, s’engage à abroger la loi 96 si son parti est appelé à former le prochain gouvernement.

Photo : Radio-Canada / Sébastien Desrosiers

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, passe à l’offensive et déploie une opération charme pour courtiser la communauté anglophone, un électorat traditionnellement favorable aux positions du Parti libéral du Québec (PLQ).

Le leader conservateur était de passage mardi matin à l’Institut du courtage et de la finance, à Montréal, où il s’est rendu pour parler de la protection de la langue française au Québec.

D’entrée de jeu, Éric Duhaime a indiqué que le PCQ prône un nationalisme positif et inclusif.

On ne voit pas les Anglais [sic] comme une menace, mais plutôt comme des alliés, a-t-il déclaré.

Il reconnaît néanmoins que le français est la langue commune du Québec. À un niveau individuel, je suis de ceux qui croient que le bilinguisme est une richesse, a-t-il confié.

Le politicien dit s’inquiéter du déclin du français dans la province. Il attribue à une mauvaise intégration des immigrants cette fatalité.

« La majorité francophone ne réussit pas à intégrer une plus grande majorité des nouveaux arrivants au Québec au sein de sa communauté linguistique. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du PCQ

Pour faire la promotion du français, Éric Duhaime ne mise pas sur des mesures coercitives. Nous préférons l’incitation. Nous voulons y aller d’une façon positive, a-t-il affirmé.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Abroger la loi 96

Ainsi, le chef conservateur s’engage à abroger la loi 96 si sa formation est appelée à former le prochain gouvernement. Il compte également procéder à trois changements importants pour combattre le déclin du français dans la province.

Premièrement, il souhaite rapatrier tous les pouvoirs du gouvernement fédéral en matière d’immigration, afin de mettre fin au chevauchement et à la duplication des politiques.

Éric Duhaime serre la main d'un homme sur le trottoir.

Le chef du Parti conservateur du Québec Éric Duhaime est allé à la rencontre de ses militants mardi matin.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

De plus, il entend revoir le processus de sélection des immigrants afin d’accueillir une plus grande proportion de candidats qui maîtrisent la langue française. Finalement, il prévoit améliorer les programmes d’inclusion et de francisation afin d’offrir de meilleurs outils d’intégration.

Il accuse la Coalition avenir Québec (CAQ) d’avoir divisé et polarisé les Québécois sur le thème de la langue, opposant francophones et anglophones. Il a qualifié de tentative de diversion l’adoption de la loi 96 à la fin de la dernière session parlementaire pour éviter de parler de son bilan des quatre dernières années qui a été désastreux.

Il dit s’être opposé au projet de loi 96, car il impliquait entre autres le retrait de 38 articles de la Charte des droits et libertés du Québec.

« C’était d’autant plus une mauvaise idée que les anglophones au Québec ont des droits historiques qu’on doit reconnaître et respecter. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du PCQ

Changer de paradigme

Pendant son discours, M. Duhaime a parlé d’une nouvelle entente et a dit proposer un nouveau partenariat avec la minorité anglophone.

Il avait ce message pour la communauté anglophone : les temps ont changé. Il a évoqué publiquement la possibilité qu’à l’issue du scrutin les deux vieux partis vont être réduits à de tiers partis.

Dans cette nouvelle réalité, les anglophones n’ont pas intérêt à se marginaliser. Les anglophones ont intérêt à faire partie d’une plus large alliance avec des francophones qui partagent leurs valeurs fondamentales, qui partent leurs valeurs de respect des droits, de respect des libertés, de respect de la démocratie, estime-t-il.

« Je demande aux anglophones de nous envoyer des députés conservateurs anglophones à l’Assemblée nationale le 3 octobre au soir. »

— Une citation de  Éric Duhaime, chef du PCQ

Il accuse le Parti libéral du Québec d’avoir trahi la communauté anglophone au fil du temps. Vous avez été les otages trop longtemps du PLQ, un parti qui vous a pris pour acquis, a-t-il déclaré.

Parallèlement, il reproche à la Coalition avenir Québec de faire la sourde oreille aux demandes de la communauté anglophone. De l’autre côté, une CAQ qui ne vous écoute pas, qui ne vous entend pas, qui ne veut même plus vous parler, a-t-il soutenu.

Anglade imperméable aux propos de Duhaime

Dominique Anglade fronce les sourcils.

La cheffe libérale, Dominique Anglade, lors d'un point de presse, le 6 septembre 2022.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

En mêlée de presse, la cheffe libérale Dominique Anglade n’a pas semblé perturbée par la proposition du chef conservateur d’abroger la loi 96 et son intention de vouloir séduire les anglophones, n’y portant guère d’attention.

« Quand je regarde Éric Duhaime, je me rends compte qu’il ne dit pas la même chose en français et en anglais. Alors quand il dira la même chose en français et en anglais, on s’en reparlera. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

Elle a cité en exemple aux journalistes le cas du Collège Dawson. Est-ce qu’il va faire l’expansion ou il ne va pas la faire? Il dit une chose en français, une chose en anglais, a-t-elle fait remarquer.

Néanmoins, les anglophones ont une option supplémentaire à considérer aux élections. Pourquoi n’iraient-ils pas avec le Parti conservateur qui promet d’abroger la loi 96?

Je pense que les valeurs du Parti libéral sont bien au-delà de tout cela. Je vous dirais que ce que les gens ont envie d’entendre, c’est une formation politique qui est capable de rallier la population, d’arrêter de diviser entre francophones et anglophones, d’arrêter de diviser entre immigrants et non-immigrants, et c’est exactement ce que fait le PLQ, a-t-elle clamé.

Les diverses positions du PLQ dans le dossier du projet de loi 96 ont-elles fragilisé ou rompu le lien de confiance avec la minorité anglophone?

Il y a un lien qu’on a maintenu tout au long [des ans] avec communauté anglophone et qu’on continue de maintenir aujourd’hui dans toutes les rencontres qu’on fait. Les valeurs du Parti libéral qu’on met de l’avant, les valeurs qui font en sorte qu’on rassemble les Québécois, cela rejoint drôlement l’ensemble de la communauté anglophone, a-t-elle rétorqué.

François Legault peu impressionné

De passage à Trois-Rivières pour une annonce sur la lutte contre le décrochage scolaire, le leader de la Coalition avenir Québec (CAQ) et premier ministre sortant a réagi à la volonté d'Éric Duhaime d'abroger la loi 96, adoptée en mai dernier sous la gouverne caquiste.

Je n'en reviens pas, a-t-il laissé tomber en gesticulant.

Écoutez, on a eu des chiffres inquiétants qui nous disaient qu’il y a un déclin du français et là, le Parti conservateur du Québec nous dit qu’il veut abroger la loi 96 pour renforcer le français. Et il n’a aucun moyen à proposer pour arrêter le déclin du français, a résumé François Legault.

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