•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il y a 10 ans, la fermeture de la centrale Gentilly-2 : Pauline Marois exprime un regret

L'ex-première ministre du Québec croit que c'est dans la manière d'annoncer la nouvelle qu'elle aurait pu faire autrement.

Site de la centrale nucléaire déclassée de Gentilly vue des airs.

La centrale nucléaire de Gentilly, à Bécancour, avait été mise en service en 1983.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Radio-Canada

Le 20 septembre 2012, deux semaines après son arrivée au pouvoir, la nouvelle première ministre du Québec confirmait la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. La nouvelle avait créé une onde de choc dans la région, notamment chez les quelque 800 employés de la centrale.

Dix ans plus tard, Pauline Marois regrette le ton et le moment choisi. Elle avait l’impression d’avoir tellement répété l'engagement de son parti qu’elle n’a pas saisi l’importance de faire une annonce en bonne et due forme une fois élue.

C’est dans les corridors de l’Assemblée nationale, à la sortie de son tout premier conseil des ministres, qu’elle a lancé la nouvelle. J’aurais dû aller dans la région, reconnaît-elle aujourd’hui, dans une entrevue portant sur les 10 ans de la fermeture de la centrale.

« Je n’ai jamais eu peur de rencontrer les gens et d’accepter la critique, les échanges [...], mais j’aurais dû [aller le confirmer sur place], plutôt que de le faire brutalement, dans un sens, froidement. »

— Une citation de  Pauline Marois, première ministre du Québec de 2012 à 2014

C’est la chose que j’aurais faite différemment, affirme l’ancienne cheffe du Parti québécois (PQ), mais sur le fond, elle assume encore la décision qu’elle a prise il y a une décennie.

Le visage de Pauline Marois dans une maison.

Pauline Marois a été première ministre du Québec de 2012 à 2014.

Photo : Radio-Canada / Martin Chabot

Un choc économique

La population, la communauté des affaires, les maires et les députés de l’opposition de la région se sont rapidement mobilisés pour tenter d’infléchir la décision du nouveau gouvernement. Hydro-Québec était devenue l’un des plus importants employeurs de la région.

Ça a été dramatique, ça a été un choc pour la population et un choc économique évidemment, raconte celui qui était maire de Bécancour au moment des événements, Jean-Guy Dubois.

Des gens qui marchent avec des drapeaux.

Le 30 septembre 2012, 10 jours seulement après l’annonce de la fermeture de la centrale nucléaire, une grande marche avait lieu dans les rues de Bécancour.

Photo : Radio-Canada

Je savais qu’il y aurait un coût humain et il fallait qu’il soit le moins lourd possible, affirme Pauline Marois. Elle précise qu’elle avait confiance que plusieurs employés d’Hydro-Québec allaient pouvoir rester au sein de la société d’État, dans un autre poste. La majorité des gens ont pu conserver leur emploi, mais ils ont été replacés ailleurs.

Par contre, l’impact économique de la fermeture me préoccupait énormément, admet-elle. Pauline Marois a d’ailleurs créé un fonds diversification économique pour la Mauricie et le Centre-du-Québec pour compenser la perte d’activité économique liée à la centrale.

Critiquée par le milieu en raison de ses critères, il aura finalement fallu 10 ans pour épuiser le fonds de 200 millions de dollars. La dernière subvention a été octroyée en juillet 2022.

Pauline Marois devant des drapeaux du Québec et derrière des micros à un podium à l'Assemblée nationale du Québec.

« Finalement, je réaffirme l’engagement pris lors de la campagne électorale de procéder à la fermeture de la centrale Gentilly-2 », avait indiqué Pauline Marois lors d'un point de presse tenu à Québec, le 20 septembre 2012.

Photo : Radio-Canada

Le défi de se défaire des déchets nucléaires

Avant et pendant la campagne électorale en 2012, le Parti libéral du Québec (PLQ), qui était au pouvoir avant la victoire du PQ, avait alimenté l’espoir de prolonger la durée de vie de Gentilly-2.

Mais sitôt élu, le nouveau gouvernement de Pauline Marois n’a pas attendu le rapport d’Hydro-Québec pour conclure que l’explosion des coûts de réfection de la centrale jumelle de Pointe-Lepreau, au Nouveau-Brunswick, les craintes liées à une explosion dans une centrale au Japon à la suite d’un tsunami et la production inévitable et incessante de déchets nucléaires allaient clouer le cercueil de la centrale Gentilly-2.

Comment allions-nous nous départir des déchets? se questionne Pauline Marois encore aujourd’hui.

À ce jour, à ce que je sache, le gouvernement canadien qui a tenté d’élaborer une politique à cet égard n’a pas encore trouvé de solution pour le lieu où entreposer ces déchets radioactifs, poursuit-elle.

Site de la centrale nucléaire déclassée de Gentilly, vu des airs.

La centrale nucléaire de Gentilly, à Bécancour, a cessé ses activités en décembre 2012.

Photo : Radio-Canada / François Genest

Hydro-Québec confirme qu’effectivement la Société de gestions des déchets nucléaires du Canada n’a toujours pas sélectionné un site dans le Bouclier canadien où enfouir les unités de stockage bétonnées dans lesquelles ont été entreposées les grappes de combustible irradié.

Dans le cas de Gentilly-2, la Société a au moins jusqu’en 2048 pour y penser, puisque c’est à partir de ce moment que le combustible irradié pourra être transporté et que le démantèlement de la centrale pourra s'amorcer. D’ici là une quinzaine d’employés veilleront sur elle.

Jusqu'à maintenant, le déclassement de la centrale nucléaire Gentilly-2 a coûté 2 milliards de dollars, selon Hydro-Québec.

D'après le reportage de Julie Grenon

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !