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Cadre financier du PLQ : un flot de dépenses qui contraste avec l’ère Couillard

Le déficit passerait de 2,8 G$ en 2022-2023 à 6,7 G$ en 2026-2027 sous un gouvernement Anglade.

Dominique Anglade en conférence de presse.

La cheffe libérale Dominique Anglade assure qu'elle n'entend pas couper dans les services publics.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Le Parti libéral du Québec (PLQ) est devenu dimanche la première des cinq principales formations politiques de la province à présenter son cadre financier, dont l'ampleur des dépenses et des déficits prévus tranche avec la « rigueur budgétaire » dont faisait preuve son ancien chef Philippe Couillard, au pouvoir de 2014 à 2018.

Révélé au huitième jour de la campagne électorale dans un hôtel de Montréal, le document prévoit des dépenses brutes de 41 milliards de dollars (G$) sur cinq ans.

Les dépenses nettes, elles, sont estimées à 29 G$. Environ 40 % de ce montant serait consacré à des baisses de taxes et d’impôts, tandis que 60 % irait aux mesures visant à aider les Québécois à faire face au coût de la vie.

Mise à jour

Le Parti libéral a dû ajuster son cadre financier, après que le quotidien La Presse+ ait révélé des erreurs dans le calcul de la dette dans le document original.

Le président de la campagne du parti et ancien ministre des Finances, Carlos Leitão, a admis avoir omis 16,3 milliards de dollars dans ses prévisions pour l'endettement de la province, mais a affirmé que cette erreur n'affecterait en rien les promesses du parti.

Toutefois, le ratio entre la dette et le produit intérieur brut a été revu, et sa baisse est nettement moins importante que ce qui était prévu à l'origine par le parti.

Les deux promesses les plus coûteuses sont les baisses d’impôt de 1,5 point de pourcentage pour les deux premiers paliers et l’allocation aux aînés de 2000 $ par année promises par les libéraux, qui estiment les coûts respectifs de ces deux engagements à 12 G$ et 10 G$ sur cinq ans.

Le PLQ évalue que l'ensemble des mesures financières qu'il propose dans ce qu'il a baptisé son « Plan Portefeuille » rapportera en moyenne, pour une famille de deux enfants et deux adultes, 5000 $ annuellement.

Les Libéraux sont les premiers à dévoiler leur cadre financier. Pas de retour de l'austérité budgétaire comme à l'ère de Philippe Couillard. Au contraire, des déficits pour les sept prochaines années. Explications de Véronique Prince

Des déficits de 5 G$ par année en moyenne

Pour pouvoir faire preuve d'autant de générosité, des déficits sont prévus pour les sept prochaines années, passant de 2,8 G$ en 2022-2023 à 6,7 G$ en 2026-2027.

Ces montants ne sont pas exagérés, fait valoir la cheffe libérale Dominique Anglade, qui n'a pas hésité dimanche à qualifier son cadre financier de visionnaire, de responsable et d'équitable.

Le PLQ prétend que les déficits prévus n'affecteront pas la cote de crédit du Québec et qu’ils sont nécessaires dans un contexte inflationniste doublé d’une pénurie de main-d'œuvre.

Dans ce contexte, la Loi sur le retour à l’équilibre budgétaire serait de nouveau suspendue.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Diminuer le ratio dette/PIB

En ce qui a trait aux versements au Fonds des générations, que la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire (QS) veulent amputer, un gouvernement Anglade les maintiendrait jusqu’à ce que la dette nette du Québec, qui représente 38 % du PIB, rejoigne la moyenne canadienne de 32 %.

Une telle cible devrait être atteinte dans huit ans, selon les projections libérales.

De 2022 à 2027, les versements au Fonds passeraient de 3,4 G$ à 5,2 G$ par année. Pendant la même période, la dette nette du Québec, elle, passerait de 192 G$ à 211 G$.

Le PLQ affirme que son cadre financier respecte les paramètres établis dans le rapport préélectoral de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc en ce qui a trait à la croissance des revenus autonomes et des dépenses de portefeuille (santé, éducation, etc.).

Le cadre financier des libéraux disposé sur une table pendant la conférence de presse.

Le cadre financier du PLQ prévoit notamment un retour à l’équilibre budgétaire en 2029 et le maintien des versements au Fonds des générations pour toute la durée du prochain mandat.

Photo : Radio-Canada / John Jaramillo

Dominique Anglade promet par ailleurs de ne pas couper dans les services publics.

Pour réaliser des gains budgétaires, la cheffe libérale souhaite plutôt aller chercher 3,4 G$ en luttant contre les paradis fiscaux et 2 M$ en luttant contre le travail au noir.

Son parti propose aussi d'augmenter les impôts des particuliers gagnant plus de 300 000 $ par année, ce qui devrait permettre à l'État d'engranger 1,4 G$ sur cinq ans, et d'instaurer une taxe sur les immeubles non occupés sur l'île de Montréal, qui totaliserait 1 G$ pour la même période.

C'est un message d'équité qu'on envoie, a déclaré Mme Anglade en conférence de presse. Le Québec est à la croisée des chemins. Tout le monde doit faire sa part.

Les libéraux, c'est rendu Québec solidaire

De passage dans la circonscription de Fabre, à Laval, le chef caquiste et premier ministre sortant, François Legault, a raconté qu’il n’en croyait pas [ses] yeux lorsqu’il a vu que le cadre financier du PLQ prévoyait un déficit de 6,7 G$ en 2026-2027.

Quant à moi, ça vient de les disqualifier, a-t-il déclaré devant des militants. C’est totalement irresponsable. Ce n’est pas le Parti libéral qu’on a connu [sous] Robert Bourassa.

« Ils sont en train de pelleter à nos enfants les services d’aujourd’hui. Ils sont en train d’utiliser la carte de crédit de nos enfants. […] Ça n’a pas de bon sens et je ne vois pas comment quelqu’un à Laval va pouvoir voter pour un parti irresponsable comme ça. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ et premier ministre sortant

Selon M. Legault, le PLQ, sous Dominique Anglade, n’est plus le Parti libéral qu’on connaissait.

C’est un parti dépensier, c’est un parti qui fait des promesses jour après jour avec l’argent de nos enfants, a-t-il lancé. Ce n’est pas ça que les Québécois souhaitent. Ils souhaitent un gouvernement qui est responsable comme le gouvernement de la CAQ.

Contrairement à François Legault, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, ne croit pas que le cadre financier du PLQ soit irresponsable.

Ce qu’il faut regarder, […] c’est le ratio dette/PIB, ce n’est pas l’endettement en soit, mais la proportion de l’endettement sur la taille de l’économie, et quand on regarde ce que les libéraux mettent de l’avant, ma compréhension […], c’est qu’on continue à diminuer le ratio dette/PIB, a-t-il déclaré en mêlée de presse.

Donc d’aller jusqu’à qualifier d’"irresponsables" des dépenses qui, en fait, permettent de réduire le ratio dette/PIB, ça me semble nettement exagéré.

Pour présenter son cadre financier, Mme Anglade était accompagnée dimanche des candidats Fred Beauchemin (Marguerite-Bourgeoys), Désirée McGraw (Notre-Dame-de-Grâce) et Julie White (Jean-Talon), ainsi que du président de la campagne libéral, Carlos Leitao, qui a fait savoir en juin qu'il ne se représenterait pas.

La cheffe libérale devait se rendre en début d'après-midi dans la circonscription montréalaise de Saint-Henri–Sainte-Anne, où elle tentera de se faire réélire, pour le dépôt officiel de son bulletin de candidature.

Elle devait ensuite prendre un bain de foule dans Mille-Îles, à Laval, avant de revenir à Montréal pour participer à l’émission spéciale Cinq chefs, une élection dans la Nouvelle Maison de Radio-Canada.

Avec les informations de Véronique Prince

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