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Le voilier Tara sur le chemin du retour après deux ans de moisson de micro-organismes

Le voilier Tara sur la mer

La mission du Tara visait à mieux connaître les micro-organismes marins comme les virus, les bactéries, le phytoplancton, le zooplancton et les larves.

Photo : Getty Images / CARL DE SOUZA

Agence France-Presse

La goélette française Tara a jeté l'ancre au Sénégal avant d'entamer son retour vers l'Europe et de boucler presque deux ans de navigation dans l'Atlantique sud destinée à l'étude des micro-organismes marins et leur rôle clé dans l'écosystème océanique.

Depuis qu'il a largué les amarres le 12 décembre 2020 de son port d'attache à Lorient (ouest de la France), le voilier-laboratoire conçu par l'explorateur Jean-Louis Étienne dans les années 1980 a parcouru quelque 38 000 milles (environ 70 000 kilomètres), ralliant le Chili, touchant aux confins de l'Antarctique en mer de Weddell et retraversant l'océan pour remonter les côtes ouest-africaines.

Avec ses six marins et une équipe de plusieurs scientifiques de toutes nationalités régulièrement renouvelée, la mission appelée « Microbiomes » a procédé à des prélèvements devant servir à comprendre le fonctionnement méconnu des micro-organismes, acteurs largement invisibles à l'œil nu et pourtant primordiaux, et leurs interactions avec le climat et les pollutions.

Les micro-organismes (virus, bactéries, phytoplancton et zooplancton, larves...) représentent deux tiers de la biomasse marine.

On prélève de l'eau en surface ou en profondeur, qu'on filtre à différentes fractions de taille, et ça nous permet d'avoir accès à ces différentes communautés de plancton et de microbiome, a expliqué samedi dans le port de Dakar Samuel Chaffron, chargé de recherche à Tara Océan, la fondation scientifique française qui œuvre pour la préservation des océans et a conçu la mission.

Une goélette vogue sur la mer avec des gens à son bord.

Des membres de l'expédition scientifique sur le Tara.

Photo : Getty Images / SEBASTIEN SALOM GOMIS

Étudier les différents plastiques

Autre objet d'étude : la pollution plastique. Pour cela, on a collecté énormément de plastique – macro, micro et nano –, pendant toute la mission, a-t-il dit.

Dans sa partie africaine, la mission, à laquelle sont associés 42 instituts de recherche du monde entier, s'est spécialement intéressée aux fleuves comme le Congo ou le Gambie, à leur influence sur la biodiversité et la pollution par les micro-plastiques.

La mission a aussi pour vocation d'éduquer et de sensibiliser le grand public aux enjeux océaniques lors de ses escales et à servir au plaidoyer politique.

« Il faut faire un plan Marshall de la transition écologique dans le monde entier. »

— Une citation de  Romain Troublé, directeur général de Tara Océan

On est en train de voir qu'on touche les limites de tout. On pêche trop, l'écosystème le montre : il n'y a plus de thiof [mérou blanc] ici depuis quelques années. On pollue trop, il n'y a qu'à voir le port de Dakar pour le comprendre, s'est-il alarmé.

Le Sénégal, où le voilier de 36 mètres est arrivé lundi, constitue la dernière séquence dédiée à la science et à la sensibilisation à la cause des océans avant le retour via Lisbonne et une arrivée à Lorient prévue mi-octobre.

Entre le 11 et le 19 septembre, la mission sera sur le fleuve Casamance, a indiqué une porte-parole de Tara Océan.

L'échantillonnage dans les eaux sénégalaises nous permet de savoir ce qu'il y a à cette période-là, les poissons qui sont actuellement dans les eaux du Sénégal et qui ne peuvent pas migrer, de quoi [...] ils se nourrissent, s'est réjoui Baye Cheikh Mbaye, océanologue sénégalais.

Il a déploré le manque de moyens et de données des instituts de recherche sénégalais. La mission de Tara, ça permet de compléter un gap, a-t-il dit.

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