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Tricoter des bas avec une machine de la Première Guerre mondiale

La machine automatique à tricoter ressemble à une boîte de conserve avec une manivelle.

La machine automatique à tricoter ressemble à une boîte de conserve avec une manivelle.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Une résidente de Kapuskasing, en Ontario, fait des chaussettes avec une machine à tricoter fabriquée en 1898 en Angleterre. Un artéfact qui a la réputation d'avoir contribué à gagner la guerre.

Lors de la Première Guerre mondiale, les soldats étaient exposés à un problème connu sous le nom de pied de tranchées. Si l’infection n’était pas traitée, ça pouvait mener à la gangrène, voire à l’amputation.

D’après les recherches de Colette Séguin, le remède ne venait pas de flacons médicinaux, mais de chaussettes sèches, changées régulièrement, qui ont permis de sauver des vies.

Des soldats britanniques dans une tranchée étroite durant la Première Guerre mondiale.

Des soldats britanniques dans une tranchée étroite durant la Première Guerre mondiale.

Photo : Getty Images / Hulton Archive

Le pied de tranchées a coûté la vie à 20 000 soldats seulement pendant la Première Guerre mondiale.

Afin de remédier au problème, la Croix-Rouge a distribué des machines automatiques à tricoter et 10 livres de laine à des familles canadiennes.

« Les compagnies [de textile] ne fournissaient pas à créer des bas pour les soldats [...] Là, les groupes de femmes se sont mis ensemble.  »

— Une citation de  Colette Séguin

La machine leur était donnée à condition que la personne s’engage à fabriquer 80 paires de bas par mois.

Une machine à tricoter des bas.

La machine témoigne de son époque en soulignant le jubilé de la reine Victoria, dans le coin supérieur droit.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l’armée les a reprises pour les envoyer à la fonderie et les transformer en armes. Rares, sont-elles aujourd’hui, jure Mme Séguin.

Il en reste très peu, surtout celles qui viennent d’Europe. Les machines européennes se différencient par bien des caractéristiques comme elles sont fabriquées en fer, tandis que les machines fabriquées en Amérique du Nord ont été faites en aluminium.

Elles sont moins résistantes, fonctionnent moins bien à l’humidité ou au froid.

Un trésor national qui suscite les regards

Dans l’atelier de sa résidence nord-ontarienne, Colette Séguin s'assure de bien huiler le mécanisme, manipule 84 aiguilles disposées en cercle, passe sa bobine de fil, pour ensuite tourner la manivelle. Plus vite elle la fait tourner, plus vite elle tricote.

Avant, faire une paire de chaussettes manuellement avec les quatre aiguilles lui demandait une semaine. Maintenant, une quarantaine de minutes sont suffisantes.

La Franco-Ontarienne, qui a grandi sur une ferme à Earlton, a découvert cette machine un peu par hasard, en faisant des recherches sur YouTube.

Une femme fait un bas.

Colette Séguin a modifié sa machine pour la rendre au goût du jour et utiliser notamment ses bobines de fil imprimé à l'aide de son imprimante 3D.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Un coup de foudre instantané, j’en voulais une. Le défi fut de mettre la main sur l'une d'entre elles.

Très difficile d’en trouver, assure-t-elle, les quelques-unes que je pouvais trouver étaient très coûteuses.

Colette Séguin a poursuivi ses recherches, en trouvant une sur un site de petites annonces à Timmins.

Depuis son achat, elle ne l’a jamais sortie en public, mais l’artéfact suscite les regards de son entourage, autant parmi les hommes que les femmes.

Des bas en exposition.

Colette Séguin a même fait des bas au couleur du canton de Moonbeam pour leur centenaire.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ça intéresse beaucoup les hommes parce qu’eux même peuvent tricoter des bas et voir tout le système derrière le mécanisme, tandis que les femmes sont plus intéressées par le produit et la vitesse à laquelle on peut faire des bas, fait-elle valoir.

Sa machine lui apporte la joie de créer quelque chose que les gens aiment. Il est hors de question de faire don de sa machine à un musée pour qu'elle soit déposée dans un présentoir.

Colette se donne comme mission de faire fonctionner la machine à vive allure pour réchauffer les gens.

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