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Enfance et CPE : les promesses cousines du Parti québécois et de Québec solidaire

Les uns promettent des « micro-CPE », les autres aspirent à imposer le modèle des centres de la petite enfance à tout le Québec.

Gabriel Nadeau-Dubois tient la petite Hélène dans ses bras.

Gabriel Nadeau-Dubois prend une pause de la campagne électorale avec sa fille Hélène.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

À quelques minutes d’intervalle, Québec solidaire et le Parti québécois ont dévoilé des promesses électorales très proches pour améliorer l’accès aux centres de la petite enfance, et le service de garde à moins de 10 $ par jour pour les parents chanceux qui parviennent à obtenir une place pour leurs enfants.

En point de presse à Rimouski, Québec solidaire a défendu le concept de micro-CPE. Ça ressemble à une garderie en milieu familial, avec 8 à 20 places, mais avec le niveau d’encadrement des CPE, a exposé le co-porte-parole de QS Gabriel Nadeau-Dubois.

Ces garderies seraient développées en priorité dans les régions au sein de locaux existants, d'une municipalité ou d’une entreprise, par exemple. Coût de l’opération? Québec solidaire l'évalue à 610 millions de dollars par année. Son credo politique : un enfant, une place.

M. Nadeau-Dubois anticipe la création de 37 000 nouvelles disponibilités, soit le chiffre exact évoqué par le gouvernement caquiste, mais qui ne s’est pas encore concrétisé. Pour y arriver, il prône davantage de flexibilité dans le réseau des CPE.

Les chefs solidaire et péquiste ont fait des annonces similaires sur les places en garderies. Explications de Jacaudrey Charbonneau.

De son côté, le Parti québécois a indiqué vouloir imposer le système des CPE à toutes les garderies du Québec. Son chef Paul St-Pierre Plamondon a promis d’atteindre près de 135 000 places et d'en ajouter 15 000 nouvelles, au coût de 225 millions de dollars. En revanche, il n’empêcherait pas les garderies en milieu familial de continuer à fonctionner, a nuancé M. St-Pierre Plamondon.

« Chaque tout-petit québécois doit avoir une chance égale, donc accès à une place en service de garde éducatif de qualité. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

À l’école primaire, il n'arrive jamais qu’on dise [que] tel enfant n’est pas chanceux, il n’a pas trouvé de place au primaire, bonne chance pour ton éducation!, a justifié le chef péquiste. Il souhaite ainsi que tous les jeunes Québécois soient logés à la même enseigne... inspectée et bien encadrée.

En tant que prestataires de services de garde reconnus avec des obligations à respecter, les CPE doivent se conformer à certaines normes en matière de santé, de sécurité, de bien-être et de développement des enfants.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Au travail

Aux yeux du chef péquiste, l'augmentation du nombre de places en CPE libérera in fine les parents pour qu’ils puissent retourner sur le marché du travail. Pendant la pandémie, les failles du système actuel ont eu un impact sur la pénurie de main-d'œuvre et les finances de l’État, a-t-il signalé. Pour nous, c’est une question d’équité.

Dans le discours électoral de Québec solidaire, il en va aussi de la revitalisation des régions et du pouvoir d’attraction des jeunes familles dans les zones dépeuplées.

Comment peut-on garder ces familles-là, si on n'est pas capables d'offrir des services en conséquence pour leurs besoins dans les services éducatifs à la petite enfance?, a demandé Carol-Ann Kack, candidate de QS dans Rimouski.

Si des mesures comme celles-là avaient été mises en place, ma vie aurait été changée, a témoigné à son tour la candidate dans Rivière-du-Loup–Témiscouata, Myriam Lapointe-Gagnon. Je n’aurais pas passé mon congé de maternité à angoisser à l’idée de ne pas pouvoir terminer mes études, faute d’une place en garderie.

Gabriel Nadeau-Dubois, derrière un micro, regarde à sa gauche

Gabriel Nadeau-Dubois était de passage à Rimouski pour annoncer son plan d'offrir une place en CPE à chaque enfant.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Autre exemple cité, celui des mères monoparentales au foyer qui doivent recourir à l’aide sociale, et parfois aux banques alimentaires. Ce sont 52 000 familles en crise, car elles n’ont pas de place, a résumé Gabriel Nadeau-Dubois.

Critiques à l’encontre de la CAQ

Gabriel Nadeau-Dubois a aussi relevé comment, pouf, comme par magie, la liste d'attente des CPE était passée de 52 000 à 34 000 personnes, selon une nouvelle méthode de calcul du ministère de la Famille pendant la première semaine de campagne électorale.

« Sérieusement, le stratagème de comptabilité créative de Mathieu Lacombe ne convainc absolument personne. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Paul St-Pierre Plamondon a quant à lui épinglé un système de garderie désorganisé, avec un gouvernement qui patche les problèmes. Il s'est engagé à améliorer les conditions de travail en CPE dans un souci d’attractivité et dans le but de proposer une qualité uniforme du système de garderies, ce qu'a également proposé Québec solidaire.

L'électorat courtisé par QS comprend les éducatrices qui ont cessé leurs activités, démotivées par la surcharge de travail. Les micro-CPE leur offriraient davantage d’autonomie comparativement à une grosse institution. Le porte-parole de QS leur a promis moins d'isolement. Elles seront vraiment mieux épaulées, a-t-il soutenu.

Autres propositions

Les promesses des partis se rejoignent grandement en matière de CPE. Vendredi, la cheffe du Parti libéral, Dominique Anglade, a elle aussi appuyé l'idée d'un droit à un service de garde, reconnu au même titre que le droit à l’éducation.

Mme Anglade s'est engagée à ce que tous les enfants de la province aient accès à une place en garderie à 8,70 $ par jour. Pour ce faire, elle mise sur la conversion de toutes les places non subventionnées en places subventionnées d'ici cinq ans.

La CAQ fait valoir de son côté que les idées de Québec solidaire sont inspirées essentiellement de ce qu’on a mis en place il y a plus de 10 mois déjà, soit en octobre 2021, a écrit le cabinet du ministre sortant Mathieu Lacombe à Radio-Canada.

Le Plan d'action du ministère de la Famille mentionnait il y a un an environ le développement de plus petites installations en région là où la demande ne justifie pas la construction de grandes installations. Quelques mois auparavant, c'est aussi ce que suggérait la Fédération québécoise des municipalités (FQM) dans un mémoire de recommandations sur les services de garde pour la petite enfance.

Selon les consultations rapportées, les petites installations ou CPE de moins de 30 places s'avéraient financièrement moins ou non rentables par rapport au modèle classique. La FQM estimait toutefois que les petites installations représentaient une solution à la pénurie de main-d’œuvre en milieu familial et une réponse au besoin de garde des familles en région.

Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime s'est exprimé sur le sujet jeudi, affirmant que la liberté de choix devait aussi s'appliquer au choix des parents entre CPE et les garderies privées. Il préfère offrir aux parents un bon de garde imposable de 200 $ par semaine et par enfant, soit 10 400 $ par année.

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