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Transport collectif : les annonces pleuvent, mais ne rassurent pas deux experts

Un autobus du RTC embarque des passagers.

Le projet-pilote aura lieu du 1er au 30 octobre.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Beaumont-Drouin

Jérémie Camirand

La campagne électorale n’est vieille que d’une semaine et les différents partis politiques ont déjà multiplié les annonces en matière de transport en commun. Deux experts apportent toutefois des nuances à ces promesses.

Dans la région de Québec, le projet de troisième lien et le tramway retiennent l’attention des formations politiques, et ce, depuis bien avant le déclenchement de la campagne. Le transport est donc rapidement devenu un enjeu électoral pour nombre de partis. 

Bouton menant au portail sur le tramway de Québec

« On voit un peu que les propositions, grosso modo, sont d’opposer les projets autoroutiers avec les projets de transport en commun.  »

— Une citation de  Jean Dubé, professeur titulaire à l'École supérieure d'aménagement du territoire et de développement régional de l’Université Laval

En effet, on retrouve la CAQ qui défend un projet de troisième lien qui prendrait la forme d’un tunnel bitube sous le fleuve. De son côté, le PCQ propose la construction d’un pont à l’est qui passerait par l’île d’Orléans pour relier les deux rives. 

Quant au PQ, la formation propose un train léger. Dans le même ordre d’idées, QS promet de nouvelles lignes d’autobus et une ligne de tramway supplémentaire. Pour ce qui est du PLQ, le parti souhaite réaliser un troisième lien exclusivement réservé au tramway. 

La gratuité ne fait pas tout

Si Québec solidaire propose de couper les tarifs de transport collectif de moitié, que le Parti libéral du Québec compte rendre le transport gratuit pour les aînés et que le Parti québécois souhaite offrir des « passes climat » au coût de 365 $ par année, deux experts remettent en doute ces annonces. 

La gratuité n’est pas une solution universelle adéquate , pense Pierre-Olivier Pineau, professeur titulaire au département de sciences de la décision au HEC Montréal. 

Pierre-Olivier Pineau, expert en politiques énergétiques et professeur à HEC Montréal, devant un paysage de montagne et forêt.

Pierre-Olivier Pineau est expert en politiques énergétiques et professeur à HEC Montréal.

Photo : Radio-Canada

La gratuité peut être intéressante, mais ce qui est déterminant dans le transport en commun, c’est la qualité du service. La qualité du service, on parle de fréquence, de rapidité, de confort et de ponctualité , explique l’expert. 

Même son de cloche pour Jean Dubé, les tarifs ne font pas tout. D’autres mesures doivent accompagner des baisses de prix.

Le prix est un facteur important, mais ce n’est pas parce que c’est gratuit que tout le monde va décider de le prendre [le transport en commun] , pense-t-il. 

Moins d’autoroutes?

Le professeur Jean Dubé se montre critique également des mesures proposées par la CAQ et le PCQ qui promettent de construire un lien routier pour lier Québec et Lévis. De nouvelles voies routières ne règleraient pas les problèmes de gestion à Québec, dit-il. 

S’il y a une chose que la littérature nous montre, c’est que d’ajouter des voies autoroutières en milieu urbain, ça ne fonctionne pas , précise M. Dubé.

Un homme chauve portant un polo rouge parle avec ses mains devant un micro dans un studio de radio.

Jean Dubé, professeur titulaire à l'École supérieure d’aménagement du territoire et de développement régional de l'Université Laval.

Photo : Radio-Canada / Erik Chouinard

L’expert ajoute également que la municipalité doit se coller aux pratiques montréalaises et délaisser certains réflexes en ce qui a trait au transport. 

Quand on est à Québec et qu’on parle de régler les problèmes de transport et d’embouteillage, réflexe numéro un : c’est l’autoroute , mentionne Jean Dubé.

Pour Pierre-Olivier Pineau, le gouvernement doit avant tout mettre le financement nécessaire pour se sortir du problème.

En transport en commun, il faut s’assurer d’avoir un financement durable pour offrir un service qui est de qualité , affirme M. Pineau.

Avec les informations de Flavie Sauvageau

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