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Quand la vie coûte trop cher, les femmes ont moins de bébés, disent des experts

Un bébé dort sur le dos, avec une sucette dans la bouche.

L'indice de fécondité des Britanno-Colombiennes s’élevait à 1,17 en 2020, soit le plus bas de toutes les provinces canadiennes.

Photo : getty images/istockphoto / LeManna

Les Britanno-Colombiennes ont eu moins d’enfants que les femmes des neuf autres provinces du pays, en 2020, selon des données de Statistiques Canada. Des chercheurs expliquent en partie cette situation par le coût élevé de la vie dans la province.

En 2020, l'indice de fécondité par femme, une estimation du nombre moyen d'enfants qu'une femme peut s'attendre à avoir au cours de sa vie, s’élevait à 1,17 en Colombie-Britannique, soit le plus bas de toutes les provinces canadiennes. Par comparaison, la Saskatchewan détenait l’indice le plus élevé, avec 1,78 enfant par femme pour cette même année.

Si cet indicateur a atteint un creux historique à l’échelle nationale en 2020, s'établissant à 1,4 enfant par femme, des experts estiment que le prix des logements dans certaines grandes villes britanno-colombiennes en a dissuadé plusieurs de fonder une famille.

C'est frappant, ce qui se passe en Colombie-Britannique, affirme Don Kerr, professeur de démographie au King’s University College de l'Université Western, en Ontario. La Colombie-Britannique n'a jamais eu un taux de fécondité aussi bas. Son taux de fécondité total est tombé en dessous de 1,2, ce qui est vraiment bas.

Les familles fuient les grandes villes

Pour mener des études régionales, le chercheur a obtenu de Statistique Canada des données sur la fécondité dans les 41 régions métropolitaines de recensement (RMR) du Canada, des centres urbains qui comptent une population de 100 000 habitants ou plus.

Il a constaté qu’en 2020, Victoria, Nanaimo et Vancouver avaient les trois indices de fécondité les plus bas parmi les 41 centres urbains du pays. Vancouver se situait à 1,09 enfant par femme, Nanaimo était à 1,08 enfant par femme et Victoria, à 0,95 enfant par femme.

Par contre, il remarque avec étonnement que Chilliwack se situe en tête de la liste, avec un indice de fécondité de 1,72 enfant par femme en 2020, et qu’Abbotsford-Mission n’est pas loin, avec 1,57 enfant par femme pour la même année.

J'imagine donc que les personnes qui n'ont pas les moyens de vivre à Vancouver, mais qui souhaitent fonder une famille, font beaucoup d'allers-retours entre la ville et leur domicile. Et ceux qui ne donnent pas la priorité à la vie de famille sont plus enclins à rester [...] à Vancouver ou à Victoria, conclut-il.

Des bateaux dans False Creek, à Vancouver, le 14 juillet 2022.

En 2020, l'indice de fécondité des Vancouvéroises se situait à 1,09 enfant par femme, selon Don Kerr, professeur de démographie au King’s University College de la Western University, en Ontario.

Photo : Radio-Canada / ALEXANDRE LAMIC

Boursière du programme Takemi en santé internationale à l’École de santé publique de l’Université Harvard et aussi chercheuse à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), Farah Shroff croit que la province n’offre pas suffisamment d’avantages aux familles, comme des services de garde abordables, pour les encourager à avoir des enfants.

En Colombie-Britannique, le problème est causé par une combinaison du manque de soins pour les enfants [et] des barrières économiques, déplore la chercheuse.

La tendance d'avoir moins d’enfants peut aussi s’expliquer par d’autres facteurs, rappellent les deux experts, comme retarder le moment de fonder une famille pour faire des études ou trouver un bon emploi.

Des conséquences à long terme

Le fait d’avoir moins d’enfants aura inévitablement des conséquences dans les années à venir, estime Don Kerr. Nous savons que nous verrons probablement au moins 25 % de notre population avoir plus de 65 ans dans les 10 à 15 prochaines années, prévient le démographe.

Cela signifie, selon lui, qu’il faudra dépendre davantage de l’immigration pour accroître la main-d'œuvre disponible, mais aussi qu’il y aura moins d’enfants en bas âge, donc moins de demandes de places dans les écoles.

Farah Shroff juge qu’il revient à la province de mettre des politiques en place, comme des services de garde bon marché, un revenu minimum garanti ou un accès à des logements moins chers, pour inciter les jeunes adultes à avoir des enfants.

Maintenant, on voit que [le coût élevé des logements] a un impact sur beaucoup d'autres choses, dont la fertilité et la décision d'avoir un enfant, un deuxième ou un troisième, souligne-t-elle.

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