•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Conciliation campagne-famille

Il la tient dans ses bras.

Gabriel Nadeau-Dubois prend une pause de la campagne avec sa fille Hélène.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Ils partent sur la route pendant 35 jours. Souvent, les journées sont longues, loin de la maison et de leur famille. Trois des cinq chefs ont de jeunes enfants et tentent de concilier campagne et famille.

Sur la route en famille

Pas maintenant, c’est un moment en famille. C’est le genre de réponse qu’on donne parfois aux journalistes dans la caravane des médias qui couvrent Québec solidaire lorsqu’on demande une réaction sur un sujet. À 32 ans, Gabriel Nadeau Dubois est devenu père en février dernier. Sa conjointe Maëlle Desjardins et sa fille Hélène l’accompagnent sur la route.

On essaie de prendre des 15 minutes le matin et des 15 minutes comme ça, en après-midi, lance Gabriel Nadeau-Dubois, assis à une table à pique-nique à la plage publique de Caplan, en Gaspésie.

La caravane s’est arrêtée dans ce décor bucolique pour une pause du feu roulant qu’exige une campagne électorale. J’ai dit à mon équipe que c’était possible que les plans changent si Maëlle me signifie qu’elle a vraiment besoin de moi.

Élections Québec 2022

Consulter le dossier complet

Des fleurs devant l'édifice du Parlement, à Québec.

C’est donc possible que des événements de la campagne de Québec solidaire soient annulés parce que ses responsabilités de père l’appellent. J’ai décidé de ne pas choisir entre la vie politique et la vie familiale, insiste-t-il. Sa conjointe acquiesce en précisant que c’est un choix qu’ils ont fait à deux.

Après avoir pris quatre semaines de congé de ses fonctions de chef parlementaire et de porte-parole du parti, il avoue en vouloir plus. Il y a des choses que j’avais envie de vivre, ajoute-t-il avant de se reprendre, ému. Il y a des choses que j’avais envie de vivre que je n’ai pas pleinement eu le temps de vivre avec Hélène. Donc, j’ai l’intention de prendre du temps de congé après la campagne.

Gabriel Nadeau-Dubois à la plage avec sa conjointe et sa fille

De passage à Caplan, en Gaspésie, Gabriel Nadeau-Dubois prend une pause familiale à la plage.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

Le co-porte-parole n’a pas l’habitude d’être émotif ni même de parler de sa vie privée. J’ai longtemps eu une perception très cérébrale de la politique [...] Mais je me suis réconcilié avec le fait que l'émotion, ça fait partie de la politique et c’est correct. C’est pas mauvais et il ne faut pas regarder ça de haut.

La sécurité pour les familles aussi

Alors que plusieurs candidats ont rapporté avoir été victimes de menaces, dont la candidate libérale Marwah Rizqy, la sécurité s’est imposée comme enjeu.

Les chefs bénéficient d’une protection assurée par la Sûreté du Québec. Toujours escortée par des gardes du corps, la conjointe du co-porte-parole solidaire affirme se sentir en sécurité. C’est sûr que c’est surprenant ce qu’on entend et c’est inquiétant. Mais pour nous, présentement, je me sens en sécurité, dit-elle.

Gabriel Nadeau-Dubois est un habitué des menaces, mais avoue que cet aspect a fait partie des discussions avant le départ. Or, le couple en est venu à une conclusion : pas question de ne pas se voir pendant 35 jours.

Papa pense à toi, papa t'aime

Chez les Plamondon-Tremblay, l'organisation campagne-famille a fait l'objet de plusieurs discussions. Le chef péquiste avait peine à s'imaginer ne pas voir ses enfants pendant une aussi longue période et, en même temps, il se questionnait sur l'impact que les longues journées de campagne auraient sur eux.

Un homme en discussion avec un enfant par son téléphone intelligent

La technologie permet de garder le contact.

Photo : Gracieuseté : Parti québécois

Finalement, Paul St-Pierre Plamondon et sa conjointe Alexandra Tremblay ont décidé qu'il valait mieux que le politicien se résigne à se séparer de Maurice et de Lorette, ses deux enfants âgés respectivement de 2 et de 4 ans.

On a beaucoup discuté de l'organisation de la campagne et on est arrivé à la conclusion que, pour des enfants de cet âge-là, faire de l'autobus à raison de 16 heures par jour pour voir leur père qui n'est pas disponible et qui est dans sa tête, ça ne marchait pas pour leur intérêt, raconte le chef péquiste, qui admet trouver la situation difficile par moment.

En attendant, je leur parle. Ils ont beau être jeunes, je leur explique en leur disant : "Papa pense à toi, papa t’aime".

Une citation de Paul St-Pierre-Plamondon, chef du Parti québécois

L'horaire de campagne prévoit des moments où le chef péquiste prend une pause de la politique pour se retrouver en famille. Ce samedi par exemple, lorsque la caravane quittera Québec pour retourner à Montréal, Paul St-Pierre-Plamondon va enlever son chapeau de politicien et devenir papa à temps plein... du moins pour quelques heures.

Je me suis fait conseiller que c'était mieux d'être là avec eux pour des périodes satisfaisantes que d'être là physiquement, mais pas toujours à l'écoute, explique le père de famille.

C'est pour moi que c'est plus difficile, mais j'essaie d'avoir deux fois par semaine du temps avec eux, mais d'être entièrement avec eux, ajoute-t-il. Et pour que les enfants saisissent un peu ce qui se passe, leur père leur a fait faire une visite guidée de son autobus.

Un homme avec deux jeunes enfants dans un autocar

Paul St-Pierre Plamondon fait visiter son bus de campagne à ses enfants.

Photo : Gracieuseté : Parti québécois

Pendant que le chef péquiste fait le tour du Québec en autobus, sa conjointe, Alexandra, fait campagne dans la circonscription Camille-Laurin, où il tente de se faire élire pour la première fois. Elle en profite pour initier les enfants à la politique et elle n'hésite pas à faire du porte-à-porte avec eux. Puis elle tente de saisir tous les moments possibles lorsque la caravane est de passage à Montréal.

Alors que le chef péquiste multiplie les promesses électorales, il fait cette promesse postélectorale à ses enfants : Après, on va prendre des vacances en famille et on va acheter un cerf-volant, c'est qu'ils m'ont demandé, un cerf-volant.

La culpabilité d’une mère en campagne

Dominique Anglade est une habituée des nuits courtes. À l’époque, c’était pour s’occuper de ses trois bébés. Maintenant, c’est pour parler à Michael, son aîné de 15 ans. Si vous avez des ados, vous savez que c’est parfois par texto qu’on se parle pour maintenir un contact constant, mais j’ai un fils qui aime parler à 23 h 30! Elle doit quand même se lever aux aurores pour accorder des entrevues aux radios régionales où la caravane libérale l’amène.

Dominique Anglade enlace ses deux filles.

Dominique Anglade et sa famille au lancement de la campagne électorale à Québec

Photo : Instagram/Dominique Anglade

C’est une façon pour elle de se sentir moins coupable de partir de la maison pendant plus d’un mois. Il y a un élément de culpabilité qu’on vit au quotidien, mais ce sont des choix qu’on fait et je pense que les enfants comprennent.

Dominique Anglade est aussi la mère de deux filles de 13 et de 10 ans. Toutes les deux fêteront d’ailleurs leur anniversaire en septembre, au beau milieu de la campagne électorale, sans leur maman… ou presque. On va organiser des moments pour que je puisse aller les voir à la maison et qu’elles aussi puissent venir me voir dans l’autobus. On va trouver l’équilibre, pas facile, mais faisable, dit-elle.

La cheffe libérale a non seulement manqué leur rentrée scolaire, mais toute la famille vit maintenant une nouvelle réalité : les copains de classe savent que leur mère mène sa première campagne électorale, avec de bons et de moins bons moments.

Ils sont assez vieux pour comprendre la dynamique et entendre les critiques. Mes deux filles vont me suivre sur Instagram pour savoir ce qui se passe. Elles vont me proposer des idées. Au bout du compte, je suis leur maman et, peu importe ce qui arrive, on s’aime et fondamentalement c’est ce qui compte.

Malgré l’absence de mode d’emploi pour concilier une campagne électorale et la vie familiale, aucun ne remet en question son implication politique. Sans vouloir être des exemples, ils veulent à tout le moins démontrer que même s’il y a parfois des choix déchirants à faire, la politique et la famille peuvent aller de pair.

Vous souhaitez signaler une erreur?Écrivez-nous (Nouvelle fenêtre)

Vous voulez signaler un événement dont vous êtes témoin?Écrivez-nous en toute confidentialité (Nouvelle fenêtre)

Vous aimeriez en savoir plus sur le travail de journaliste?Consultez nos normes et pratiques journalistiques (Nouvelle fenêtre)

Infolettre Politique

Pour mieux comprendre les enjeux politiques de l’heure.

Formulaire pour s’abonner à l’infolettre Politique.