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Une rentrée syndicale chargée en Ontario

Une photo prise par drone de l'assemblée législative de l'Ontario.

La rentrée syndicale s'annonce intéressante.

Photo : CBC/Jon Castell

Loi 124, inflation, pénurie de main-d'œuvre, retour en classe : même fortement majoritaire, le gouvernement Ford devra composer avec les syndicats cet automne.

Il devra notamment négocier une nouvelle entente avec les infirmières de même qu'avec plusieurs syndicats du secteur de l’éducation dont les conventions collectives sont arrivées à échéance le 31 août.

Mais le gouvernement reporté au pouvoir avec une majorité accrue en juin a-t-il le champ libre pour imposer des conditions de travail s’il le désire? Le professeur en relations industrielles à l'Université Laurentienne Louis Durand ne le croit pas.

Selon lui, le faible taux de participations aux dernières élections et le fait que le gouvernement Ford n’ait reçu, toute proportion gardée, l'appui que de 18 % de la population pourraient être à l’avantage des syndicats.

Louis Durand assis à Radio-Canada Sudbury.

Le professeur Louis Durand de l'Université Laurentienne.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Mathieu Tremblay

Les partis d’opposition pourraient également mettre de la pression sur le gouvernement, s'il ne se montre pas prêt à négocier de façon équitable avec les syndicats, croit M. Durand.

Ça va être favorable aux partis d'oppositions, puisqu’ils vont pouvoir vraiment jouer un rôle de critique du gouvernement et auront probablement une occasion de renouveler des associations avec les syndicats afin d’augmenter la sympathie du public par rapport à leurs positions, affirme-t-il.

Le professeur dit avoir l'impression que M. Ford a un peu changé son style et qu’il pourrait avoir une approche beaucoup plus consensuelle avec les syndicats pour cette ronde de négociations.

La loi 124 , qui limite les augmentations salariales annuelles dans le secteur public à 1 %, serait aussi devenue un poids pour les conservateurs en raison de la pandémie, selon lui. Il croit que le gouvernement est aussi conscient que, pour arriver à une entente, il devra présenter une offre qui est au moins décente pour les syndicats.

« Je suis convaincu que le Parti conservateur aimerait beaucoup mieux avoir une entente avec les syndicats que d'être obligé d'imposer par une loi à nouveau les conditions de travail. »

— Une citation de  Louis Durand, professeur en relations industrielles à l'Université laurentienne

Négociations ardues

Dans le secteur de la santé, le gouvernement entrera en pourparlers officiels avec l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO), qu’il affrontera aussi en cour.

Le syndicat, qui représente 68 000 infirmiers, infirmières et professionnels de la santé, sera en cour dès lundi pour tenter d'invalider la loi 124.

La loi 124  est anticonstitutionnelle, et c’est triste de voir le gouvernement Ford utiliser l’argent des contribuables pour se battre en cour contre les infirmiers et infirmières de la province, affirme l’AIIO dans un communiqué de presse.

Le système de santé fait face à une importante pénurie d’infirmiers et d'infirmières qui force plusieurs hôpitaux à fermer leurs urgences temporairement et à faire appel à des agences de placement d’infirmière. À titre d'exemple, au Réseau universitaire de la santé, le montant dépensé pour l’embauche d’infirmières venant du privé est passé d'environ 775 000 $ en 2021 à plus de 6,7 millions $ en 2022.

Louis Durand affirme que la combinaison des facteurs tels que la pénurie de personnel dans le système de santé, la loi 124 ainsi que les salaires qui ne suivent pas le taux d’inflation, et l’opinion publique sur les travailleurs de la santé est favorable aux syndicats et les place en bonne position dans leurs négociations avec le gouvernement.

Il demeure qu'on a une inflation qui est là [...] et les employés du secteur public ont été limités à une augmentation de 1 % au cours des trois dernières années, donc au niveau syndical, je dirais que l'on a un bon dossier, estime M. Durand.

Dans le secteur de l’éducation, les négociations avec les syndicats s'annoncent plus ardues.

Le syndicat représentant les travailleurs de l'éducation a déjà qualifié publiquement l’offre du gouvernement d'accorder aux travailleurs de l'éducation qui gagnent moins de 40 000 $ une augmentation de 2 % par année, et de 1,25 % pour tous les autres, d'une réduction de salaire pour ces travailleurs de l'éducation.

Du côté des professeurs, Durand espère que le gouvernement ne tentera pas de nouveau d'augmenter la taille des classes, ce qui mènerait à d'importantes pertes de ressources dans les écoles.

Durand affirme que ni le gouvernement ni les syndicats ne souhaitent la grève.

C'est la dernière chose qu'ils veulent faire.

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