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Perdre un proche en raison d’une surdose, la réalité de plusieurs Monctoniens

Amanda XO et Taylor Estabrook RIP.

Des coeurs en hommage aux victimes de surdose dans la région de Moncton cette année.

Photo : Radio-Canada / Frederic Cammarano

Radio-Canada

L’organisme Ensemble Moncton constate une augmentation du nombre de décès liés au fentanyl au cours des derniers mois et lance un appel à l’aide.

Plusieurs Monctoniens ont récemment perdu un proche.

Ryan Clements, un bénévole d’Ensemble Moncton, le voit presque tous les jours. Dans les quatre derniers mois, il a perdu cinq amis à cause de surdoses de fentanyl, un opioïde particulièrement puissant.

Ces quatre derniers mois, Ryan Clements a aussi sauvé la vie de 37 personnes qui auraient pu mourir en raison d’une surdose.

À la seconde où un signe de surdose [de fentanyl] apparaît, il faut immédiatement commencer la réanimation cardio-pulmonaire, explique-t-il.

Un homme dehors a une main sur une chaise décorée de fleurs.

Ryan Clements, bénévole pour l'organisme Ensemble Moncton, le 31 août 2022.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Pendant cette même période, Ensemble Moncton a constaté une augmentation du nombre d’empoisonnements au fentanyl, de surdoses et de décès dans la région, soit une vingtaine, selon l'intervenante communautaire Ashley Legere.

Selon l’organisme, cette augmentation serait causée par le prix plus abordable et la composition de cette drogue.

Si Ensemble Moncton a un service d’injection supervisée, ses représentants attendent avec impatience un programme permettant un approvisionnement et la décriminalisation du fentanyl.

Sans implication criminelle, ceux et celles qui en consomment ne le font plus en cachette et vont plus facilement chercher de l’aide, souligne Ashley Legere.

Être témoin de la destruction d’un proche

Michel Boucher a vu de près la destruction que peut causer le fentanyl.

La drogue est devenue partie intégrante de la vie d’une femme avec qui il a eu une relation pendant cinq ans.

Un homme dans une rue de Moncton, au Nouveau-Brunswick, regarde la caméra.

Michel Boucher, le 31 août 2022.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Cammarano

Depuis un an, elle a overdosé, je dirais quatre, cinq fois, raconte-t-il, ajoutant qu’à deux reprises, elle a été transportée à l’unité des soins intensifs d’un hôpital.

Elle n’apprend rien de ça, affirme Michel Boucher. Elle a perdu beaucoup de poids. Elle est plus la même personne. Plus la même personne du tout. Ça fait vraiment pitié.

Miser sur la réduction des méfaits

Ensemble Moncton a organisé un barbecue extérieur, mercredi, dans le cadre de la Journée internationale de sensibilisation aux surdoses.

La députée fédérale de de Moncton-Riverview-Dieppe, Ginette Petitpas Taylor était aussi sur place.

Pour moi, toute la question de réduction des méfaits, c’est sûr que c’est une priorité absolue et puis on doit faire sûr que les gens vont recevoir les services nécessaires, a-t-elle clamé.

La femme politique a été travailleuse sociale pendant 25 ans avant de se lancer en politique.

Elle tenait à participer au barbecue d’Ensemble Moncton, en premier lieu, pour une voisine qui a perdu sa fille en raison d’une surdose.

Pendant l’événement, les noms des personnes qui ont perdu la vie dans le Grand Moncton ces dernières années en raison d’une surdose ont été lus aux personnes présentes.

La province reconnaît qu’il existe un problème de toxicomanie

De son côté, le gouvernement du Nouveau-Brunswick comptabilise 69 décès causés par la drogue en 2021, dont 41 étaient liés aux opioïdes.

Les données révèlent aussi que dans les six premiers mois de 2022, il y a eu 33 décès liés à des substances, dont au moins six liés à des opioïdes.

Le gouvernement estime que ce chiffre devrait augmenter, car des enquêtes du coroner sont toujours en cours.

Par ailleurs, un total de 4823 trousses de naloxone à emporter ont été distribuées par la province entre octobre 2018 et juin 2022.

Ce médicament, souvent vendu sous le nom NARCAN, vient contrer les effets des opiacées pendant une courte durée.

La distribution des trousses par le gouvernement augmenté de 50 % lors des deux premiers trimestres financiers de cette année en comparaison avec l’an dernier.

D’après le reportage de Frédéric Cammarano

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