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Les médias sociaux durant la rentrée : les autorités lancent un appel à la prudence

Des crayons de couleur dans un verre sur un bureau.

La Police provinciale de l'Ontario conseille d'éviter le partage de vos informations personnelles et de celles de vos enfants. (Archives)

Photo : CBC/David Donnelly

Chris St-Pierre

Alors que la rentrée scolaire bat son plein, la Police provinciale de l'Ontario (PPO) rappelle qu’il faut faire preuve de vigilance sur les réseaux sociaux. Le partage accidentel d’informations sensibles dans les photos traditionnelles de rentrée scolaire peut poser un risque à la sécurité de vos comptes personnels, mais aussi pour vos enfants.

C’est un lieu public et les criminels sont prêts à tout pour obtenir vos informations personnelles, qui peuvent être utilisées dans un crime, rappelle l’agent d’information de la PPO pour la région du Nord-Est, Carlo Berardi.

La tradition des photos de rentrée scolaire a évolué avec la venue des médias sociaux.

Nina Duque, chargée de cours et chercheuse au Département de communication sociale et publique à l’Université de Québec à Montréal (UQAM), souligne qu’il existe plusieurs enjeux liés à cette évolution, comme le consentement, la sécurité de la vie et des informations privées et les risques de fraude.

Ça ouvre une boîte de Pandore, estime-t-elle au sujet de l’impact des réseaux sociaux. Les fraudeurs tirent avantage de notre ignorance.

M. Berardi abonde dans le même sens.

Il croit que c’est toujours un risque de placer des informations comme le nom de son enfant, l’école et le nom d’un enseignant puisque tout le monde peut voir ce que tu mets sur Internet.

Selon eux, il existe plusieurs moyens de réduire les risques liés au partage de photos.

Moins c’est mieux

Joël Belliveau, un père de deux filles, a arrêté de partager les photos de rentrée scolaire de ses deux filles pendant un certain temps par crainte qu’elles se fassent reconnaître en public.

Bien qu’il soit en faveur de raconter sa vie et de la voir comme une histoire, il constate que ce n’est pas sain de tout partager.

Une photo de Joël Belliveau.

Joël Belliveau croit que la tradition des photos de rentrée a pris de l'ampleur grâce aux réseaux sociaux. (Archives)

Photo : Joel Belliveau

Ce sont des médias à la portée de tous. On développe un rapport avec des personnes qu’on ne connaît pas. On reconnaît des individus qu’on ne connaît pas. Avant, on ne reconnaissait que les vedettes! Maintenant, ça inclut toutes sortes de gens, explique-t-il.

« Je me suis dit : "Est-ce que je veux vraiment que mes enfants soient des petites vedettes?" »

— Une citation de  Joël Belliveau, père de deux filles

Maintenant que ces filles sont plus vieilles, M. Belliveau a recommencé à publier des photos tout en suivant les recommandations des autorités concernant le partage d’information sur les médias sociaux.

La première chose c’est de limiter les informations personnelles sur Internet, indique Carlo Berardi.

Une photo banale d’un enfant devant une école est souvent bourrée d'informations, ajoute Mme Duque.

On est fréquemment capable de savoir où elle a été prise, l’école où va l’enfant, on peut jauger son âge et même voir d’autres enfants en arrière. On est en train de donner une panoplie d’informations à des gens qui ne sont pas toujours bienveillants.

La littératie numérique pour mieux partager

S'il est important pour les jeunes de développer une littératie numérique afin de naviguer sur Internet et les nouveaux réseaux sociaux en sécurité, il en va de même pour les parents. C’est pas mal nouveau pour les adultes aussi, constate Mme Duque.

« Tant et autant qu’on n’offre pas des cours 101, ce sera à chaque individu de faire ses propres devoirs. »

— Une citation de  Nina Duque, chercheuse au Département de communication sociales et publique à l’UQAM

L’organisme ontarien Parents partenaires en éducation (PPE) envisage d'ajouter un volet de sensibilisation à la saine exposition sur Internet ou à l’éthique sur Internet aux ateliers qu’il offre aux parents les jeudis.

On est en train d’élaborer des politiques pour nos membres du C. A., pour nos employés, mais pourquoi pas pour nos parents, se questionne le président de PPE, Paul Baril.

Tant qu’à faire de la recherche puis trouver des façons saines d’avoir une présence sur les médias sociaux ou sur Internet, pourquoi ne pas les partager avec nos parents?

C’est d’avoir le réflexe de prendre 10 secondes avant de publier une photo, ajoute Mme Duque.

Le consentement

À l’ère du numérique, beaucoup d’enfants grandissent ne sachant pas qu’ils ont une présence établie sur le web.

Peut-être qu'il y aurait lieu de faire un peu de sensibilisation face à mettre son enfant sur les médias sociaux parce qu'il y a des enfants qui arrivent à l'âge de 6 ou 7 ans qui ont déjà un profil et une vie numérique derrière eux, pense M. Baril.

Nina Duque en visioconférence.

Nina Duque s'intéresse surtout aux pratiques en ligne des plus jeunes et des adolescents.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Pour éviter des conflits, Mme Duque conseille de se demander si ça pourrait être gênant pour mon enfant, "est-ce que j’ai demandé sa permission", "est-ce qu’il est content et qui va avoir accès à ces photos-là".

Avec des habitudes saines comme ça, on ne se prive pas du plaisir de montrer notre enfant. Mais en même temps, on garde une sécurité et une manière saine d’utiliser les réseaux sociaux, explique-t-elle.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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