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Contestation des tarifs douaniers sur le bois d’oeuvre : trop tard, selon Mario Simard

Des morceaux de bois étalés dans la cour d'un magasin .

Bois d'œuvre dans la cour d'une quincaillerie.

Photo : Radio-Canada / Gabrielle Morissette

Le processus de contestation des tarifs américains sur les exportations de bois d’œuvre résineux mis en branle par le gouvernement canadien arrive trop tard, selon le député bloquiste de Jonquière, Mario Simard.

Les tarifs, prévus dans l’Accord Canada-États-Unis-Mexique (ACÉUM), avaient initialement été fixés à 18 %, mais ont plus tard été abaissés à 8,5 %.

Porte-parole du Bloc québécois en matière de Ressources naturelles, le député Simard est d'avis que le fait de contester est une bonne chose, mais que la démarche aurait dû être entreprise en décembre.

Le gouvernement agit aujourd’hui parce qu’on a vu ce qui est sorti sur le caribou. Il y a des gens du secteur forestier qui ne sont pas très contents. On sait aussi que le Canada a une réponse positive pour l’exportation de véhicules électriques. Le Canada ne voulait pas déplaire aux États-Unis et attendait de régler la question des véhicules électriques et face à la grogne étant donné l’accord sur le caribou, on se met à l’ouvrage et on décide de contester les tarifs américains, ce qui aurait dû être fait dès le mois de décembre , a-t-il déclaré, en entrevue au Téléjournal Saguenay-Lac-Saint-Jean

Mario Simard rappelle que des représentants de tous les partis politiques se sont rendus à Washington pour discuter avec certains sénateurs à la fin de 2021 et que la question du bois d’œuvre devait être abordée en marge de ces rencontres. Ce ne fut finalement pas le cas.

« Comme toujours, c’est le secteur automobile qui passe avant le secteur forestier et c’est une démonstration aujourd’hui, avec cette contestation des tarifs qui arrive au moment où on a réussi à sécuriser le secteur de l’automobile de l’Ontario. »

— Une citation de  Mario Simard, député de Jonquière, Bloc québécois

Selon Mario Simard, l’argument selon lequel le bois canadien est illégalement subventionné ne tient plus la route.

On a changé notre régime forestier. Les attributions se font maintenant par enchères. Les Américains sont les champions pour faire traîner en longueur. Ils ont perdu tous les recours auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), maintenant ils tardent à nommer les juges qui devraient analyser les décisions. Je sais qu’ils vont tout faire pour retarder au plus loin la décision sur le bois d’œuvre , a-t-il poursuivi. 

Mario Simard, lors d'une intervention en Chambre.

Mario Simard, député de Jonquière et porte-parole du Bloc québécois en matière de Ressources naturelles

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Il insiste sur l’importance de garder le cap puisqu’en 2006, on a négocié une entente à rabais et ça s’est soldé par une perte de 1 milliard de dollars pour les gens de l’industrie .

Un long litige à prévoir

Bien que le Canada souhaite privilégier un règlement négocié, le litige pourrait s’échelonner sur plusieurs années.

J’espère qu’il y aura des consultations auprès des gens du milieu. Je vais tout faire pour faire entendre leurs voix dans les prochaines semaines , a martelé le député bloquiste.

Le joueur le plus affecté de l’industrie est Produits forestiers Résolu (PFR), qui doit acquitter des tarifs de l’ordre de 15 %.

Sa compétitivité est amplement limitée par des capitaux qu’elle doit mettre en garantie auprès des Américains, observe Mario Simard. 

Le bloquiste croit que l’industrie forestière devrait davantage axer sur la transformation que sur l’exportation de produits de commodité.

Envoyer du 2 x 4 aux États-Unis, c’est une chose, mais on aurait beaucoup plus de retombées économiques en valorisant ce 2 X 4 là, conclut Mario Simard.

Avec Louis Martineau

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