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Fonds des générations : le Parti conservateur du Québec critique la CAQ et QS

Pendant que ses vis-à-vis font des annonces sur le thème de l'économie, le Parti québécois défend son choix d'avoir lancé la campagne en parlant de la protection du français et d'environnement.

Éric Duhaime devant son autobus de campagne.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a concédé avoir été « profondément choqué » lorsqu’il a appris que la CAQ voulait attaquer le Fonds des générations.

Photo : CP / Jacques Boissinot

Le recours au Fonds des générations pour financer des engagements électoraux continue de teinter l’actualité en cette troisième journée de campagne. Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS) a, lui aussi, confirmé sa volonté d’utiliser les sommes versées au Fonds, alors que le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a répété que les citoyens réclament un allègement fiscal. De son côté, le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ) critique vivement le fait qu'on « attaque » le Fonds des générations.

De passage en Beauce, le leader caquiste François Legault a souligné que les finances publiques de la province sont en ordre et qu’il convient de s’atteler au poids de la dette.

Il faut continuer à réduire la dette qu’on laisse à nos enfants. C’est pour cela qu’on utilise seulement 40 % [des versements prévus] du Fonds des générations, a-t-il réitéré, mentionnant au passage que la province détenait des surplus avant les versements au Fonds, qui sert à rembourser la dette publique de l'État.

Il avance qu’il s’agit d’une demande des contribuables. Il faut faire les deux. Les gens nous le disent sur le terrain. On ne peut pas juste dépenser. Oui, il faut assurer les missions essentielles de l’État, mais il faut aussi remettre de l’argent dans le portefeuille, affirme-t-il.

François Legault sourit aux journalistes.

Le leader caquiste François Legault a dû expliquer à nouveau l'impact économique de l'utilisation d'une partie des sommes destinées au Fonds des générations.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Le premier ministre sortant assure que la baisse d’impôt de 1 % pendant quatre ans promise lundi n’empêchera pas un futur gouvernement caquiste de financer des services sociaux.

« C’est important pour moi d’avoir un équilibre. Bien financer les missions de l’État. Réduire le fardeau fiscal des Québécois qui est très élevé, mais aussi pour faire face à l’inflation. Et garder un ratio dette/PIB (produit intérieur brut) plus bas. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ

François Legault a fait remarquer que ce ratio est actuellement de 36,4 %, qu’il souhaite le réduire tranquillement à 35,8 % d’ici la fin d’un second mandat et à 31 % d’ici 10 ans.

Le texte est écrit sur un bandeau montrant le visage du premier ministre François Legault et menant à un dossier sur son bilan.

M. Legault a critiqué l’intention de Québec solidaire de prendre l’entièreté des versements au Fonds pour financer des promesses électorales. Je voyais ce matin que le chef de Québec solidaire dit qu’il va utiliser 100 % des versements au Fonds des générations, lui qui prétend représenter les jeunes. Je trouve ça assez spécial d’aller utiliser la carte de crédit de nos enfants.

Questionné en point de presse sur le fait que la CAQ affirmait, il y a dix jours, dans un document n’avoir aucune intention d’utiliser les versements au Fonds à d’autres fins que la réduction de la dette, le chef François Legault a répondu aux journalistes qu’il n’est jamais bon de se scooper soi-même, précisant que le parti n’entendait pas commencer à annoncer ce qu’il ferait avant que la campagne électorale ne commence officiellement.

Alors, la position transmise à un syndicat de l’enseignement n’était pas la vraie position du parti? C’était la position à ce moment-là. C’était la position durant le mandat de quatre ans. Maintenant, on vous parle du prochain mandat de quatre ans, a-t-il rétorqué.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

Québec solidaire prévoit suspendre les versements

De son côté, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, a confirmé que, comme en 2018, son parti proposera cette année de suspendre les versements au Fonds des générations. Il a fait cette déclaration en entrevue à l’émission Tout un matin diffusée sur ICI Première.

Gabriel Nadeau-Dubois regarde fixement debout derrière un micro.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, lors d'un arrêt de campagne à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Dany Pilote

M. Nadeau-Dubois a dévoilé qu'une bonne partie des montants affectés au remboursement de la dette servira à lutter contre les changements climatiques.

« La dette publique au Québec elle est sous contrôle. Elle est à un de ces planchers historiques. Pendant ce temps, la dette environnementale n’est absolument pas sous contrôle. La dette envers nos aînés est en explosion. »

— Une citation de  Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire

Le leader solidaire a exclu toute baisse d’impôt. Je n’ai pas l’intention d’entrer dans une surenchère sur les baisses d’impôt avec Dominique Anglade et François Legault. Pourquoi? Parce que, franchement, promettre des baisses d’impôt mur à mur qui vont surtout favoriser les plus riches de notre société, alors qu’on a des défis énormes pour l’avenir du Québec, je trouve ça irresponsable, a-t-il soutenu.

Gabriel Nadeau-Dubois a expliqué que sa priorité est de faire baisser les factures des gens. Il a dit qu’il comptait aider les citoyens dans divers postes budgétaires, soit le logement, le transport en commun et les frais dentaires. Des annonces sont à venir.

On a des milliards de dollars à investir pour prendre le virage vers les soins à domicile. Notre modèle de soins des aînés au Québec, il est brisé. On ne peut plus continuer à être un des endroits au Canada où il y a le plus d'aînés hébergés à l'extérieur de chez eux. Les aînés au Québec veulent vieillir à la maison. C’est meilleur pour leur santé, a poursuivi le porte-parole de QS.

Duhaime dit avoir été « responsable »

Pour sa part, le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, a concédé avoir été profondément choqué lorsqu’il a appris que la CAQ voulait attaquer le Fonds des générations.

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’encore une fois on est en train de voir un gouvernement prêt à hypothéquer l’avenir de la prochaine génération pour acheter la prochaine élection. Il faut que ça cesse. […] Je pense à la prochaine génération. C’est totalement irresponsable d’agir de cette façon, c’est même égoïste, a-t-il affirmé lors d’un discours prononcé dans la circonscription de Maskinongé, en Mauricie.

Éric Duhaime debout dans une cour.

Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, lors d'un discours dans la circonscription de Maskinongé

Photo : Radio-Canada

De plus, Éric Duhaime s’explique mal le changement de cap de la CAQ, en dix jours, sur le recours au Fonds des générations. Il se demande si le parti se sent menacé dans certaines circonscriptions, s’il est paniqué.

Ç'a pris deux jours de campagne électorale pour que François Legault, encore une fois, change totalement d’idée. C’est ça le problème avec ce gouvernement depuis trop longtemps. C’est un gouvernement qui n’a pas de convictions, qui n’a pas de vision, qui n’a pas de projets, qui ne gouverne que par sondages, qui est prêt à faire n’importe quoi pour augmenter sa popularité, a-t-il déploré.

Surfant sur le thème des baisses d’impôt, le leader conservateur a tenté de se distancier du plan de la CAQ et de celui du Parti libéral du Québec (PLQ). On a de loin au Parti conservateur du Québec les baisses d’impôt les plus substantielles. On est aussi le parti pour qui c’est le plus cohérent de baisser les impôts, cela fait partie de notre philosophie politique, cela fait partie de l’ADN d’un conservateur de vouloir un État réduit et un maximum de libertés pour les contribuables, a-t-il clamé.

Le PCQ prévoit financer ses baisses d’impôt en exploitant les hydrocarbures, en réduisant la taille de l’État et en éliminant les subventions aux entreprises. Le chef a refusé de dire combien elles coûteront au Trésor public, ni comment il compte amincir l’appareil gouvernemental, ni de combien les revenus augmenteront.

Il promet de divulguer ces informations plus tard. Il va nous rester quoi à faire pour les 34 prochains jours?, a-t-il lancé, préférant étirer ses annonces. Il dévoilera un cadre financier d’ici le 15 septembre.

Le Parti québécois « en parallèle »

Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, n’a pas semblé perturbé outre mesure de ne pas participer au débat sur les moyens de limiter la hausse du coût de la vie pour les contribuables.

« On est en parallèle parce qu’on choisit les thématiques qui pour nous sont les plus importantes. Si les autres trouvent que ce n’est pas important, la question climatique ou la question du français, cela leur appartient. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ

À propos du bouclier contre l’inflation proposé par François Legault, le dirigeant péquiste a eu la réaction suivante : Je ne sais pas ce que veut dire bouclier. C’est tellement emblématique des bébelles que la CAQ trouve pour faire son marketing politique.

Paul St-Pierre Plamondon parle et gesticule près d'une borne de recharge électrique.

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, lors d'un point de presse à Lavaltrie, dans Lanaudière

Photo : Radio-Canada

Néanmoins, il a finalement partagé son incompréhension sur l’envie de ses rivaux de diminuer les charges fiscales, ce qui privera l’État de fonds pour financer le réseau de la santé ou encore les centres de la petite enfance.

Je suis un peu abasourdi de voir un parti qui se définit à gauche comme Québec solidaire faire une mesure de réduction de taxes, qui va essentiellement profiter aux millionnaires, va profiter à des gens qui gagnent 200 000 $ par année. Ce n’est absolument pas une mesure ciblée que de baisser les taxes pour tout le monde, a-t-il commenté.

Paul St-Pierre Plamondon promet que le parti fournira mercredi une réponse beaucoup plus intelligente et beaucoup plus responsable par rapport à ceux qu’on veut aider, c’est-à-dire les familles qui ont de la misère à joindre les deux bouts.

Les libéraux prônent une assistance

Le Parti libéral du Québec, qui multiplie les promesses économiques et promeut son Plan portefeuille ces jours-ci, ne semble pas inquiet par la possibilité que l’ajout massif d’argent dans l’économie vienne alimenter l’inflation qu’il promet de combattre.

C’est du moins l’avis de Fred Beauchemin, candidat économique vedette du PLQ dans la circonscription de Marguerite-Bourgeoys, située à Montréal.

Dominique Anglade et Fred Beauchemin en point de presse.

Dominique Anglade, accompagnée du candidat Fred Beauchemin, faisait campagne dans la région de Québec, mardi.

Photo : La Presse canadienne / Karoline Boucher

Questionné sur un éventuel impact pervers que pourrait avoir l’ensemble des mesures économiques proposées par son parti, il a défendu le rôle de l’État d’intervenir pour prêter assistance aux contribuables.

En temps de crise, comme on l’est en ce moment, une crise d’inflation, le rôle du gouvernement, c’est d’aider la population. On peut mettre sur les épaules du gouvernement ce fardeau de façon peut-être temporaire, le temps que tout le monde puisse retrouver un certain équilibre, a-t-il soutenu.

N’y a-t-il pas un danger que les formations politiques, dans leur volonté de vouloir gagner des votes en promettant de l’argent aux citoyens, ne franchissent un seuil à ne pas dépasser?

Honnêtement, la situation actuelle au Québec pour les contribuables, elle est lourde. On doit donc aider les contribuables, c’est sûr et certain. […] C’est le rôle du gouvernement d’aider la population, de faire en sorte que les Québécois puissent être capables de rejoindre les deux bouts. C’est notre objectif. Ce sont les lentilles qu’on porte actuellement, a-t-il répondu.

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