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La Nouvelle-Écosse se verra probablement imposer la taxe carbone du fédéral

Steven Guilbeault et Tim Halman.

Le ministre fédéral de l'Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault (à gauche), et le ministre de l'Environnement de la Nouvelle-Écosse, Tim Halman (à droite), le 18 août 2022 à Halifax.

Photo : CBC

Radio-Canada

Le gouvernement du Canada rejette la solution de rechange proposée par la Nouvelle-Écosse qui souhaitait éviter une taxe carbone.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Tim Houston, a récemment soumis à Ottawa un plan qui prévoyait une plus grande réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) que celle prévue avec la taxe carbone du fédéral, mais le ministre responsable, Steven Guilbeault, l’a informé moins de deux semaines plus tard que ce plan était inacceptable.

Dans une lettre datée du 29 août, Steven Guilbeault explique que la tarification du carbone demeure un pilier fondamental du plan de son gouvernement contre les changements climatiques.

Selon M. Guilbeault, taxer la pollution est largement reconnu comme étant le moyen le plus efficace de stimuler l’innovation et l'efficacité énergétique afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Lorsque Tim Houston a présenté son plan meilleur qu’une taxe carbone plus tôt ce mois-ci, il a expliqué qu’il reposait sur une loi adoptée l’an dernier afin de réduire les émissions de GES et abandonner d’ici 2030 la production d’électricité avec des centrales au charbon.

La province devait trouver une nouvelle voie parce que le système de plafond et d’échange qu’elle emploie depuis 2019 et qui cible les grands pollueurs allait arriver à son échéance. On craignait aussi que ce système devienne moins efficace au fur et à mesure que la tarification annuelle du carbone augmente. La province devait proposer sa propre approche ou accepter la taxe carbone du fédéral.

Une question d’abordabilité

Tim Houston craignait notamment que la taxe augmente de 14 ¢ le prix du litre d’essence à compter de 2023.

Steven Guilbeault, dans sa lettre, explique que les provinces peuvent utiliser les revenus de la taxe carbone pour appuyer divers buts et priorités.

Selon le ministre Guilbeault, dans les provinces où la redevance fédérale sur les combustibles fossiles est en vigueur, environ 8 Canadiens sur 10 reçoivent plus d'argent que ce qu’ils paient. Si ce système s’applique un jour à la province, ajoute-t-il, les Néo-Écossais peuvent s’attendre à recevoir aussi des paiements de l’incitatif à agir pour le climat, c’est-à-dire des chèques chaque trimestre totalisant des centaines de dollars par année.

Le gouvernement déçu

Le ministre provincial de l'Environnement Tim Halman est déçu par la décision d'Ottawa.

Tim Halman parle aux médias le 8 août 2019.

Tim Halman, ministre de l'Environnement, se dit déçu du rejet de la proposition de son gouvernement à Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / CBC / Paul Poirier

C'est un bon plan pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour maintenir le leadership de la Nouvelle-Écosse dans la réduction [de ces émissions] et je ne peux m'empêcher de penser que nous avons manqué une belle occasion ici, déplore-t-il.

Le ministre indique que le gouvernement va se rencontrer et décider bientôt des étapes à venir avant l'échéancier de vendredi pour proposer un plan provincial. Il n'est pas clair à quoi ce plan pourrait ressembler et comment il pourrait être élaboré en une si courte période.

M. Halman espère que le gouvernement fédéral pourra réévaluer la proposition de sa province et ajoute envisager toutes les options avant le 2 septembre.

L’opposition n’est guère étonnée

Selon le chef du Parti libéral de la Nouvelle-Écosse, Zach Churchill, le gouvernement Houston a raté l’occasion durant la dernière année de mettre au point une approche néo-écossaise qui aurait été acceptable pour Ottawa.

M. Churchill juge que la proposition du premier ministre était défaillante. Il était évident, selon le chef libéral, qu’elle allait mener à une taxe carbone fédérale dans la province.

Il savait ce qui était en jeu et il a choisi de ne pas agir. Maintenant, les Néo-Écossais vont en payer le prix, conclut Zach Churchill.

Avec les renseignements de Michael Gorman, de CBC

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