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La méfiance règne encore au Musée canadien de l’histoire

Le musée vu de l'extérieur.

Le climat de travail demeure instable au Musée canadien de l'histoire, selon un rapport (archives).

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

La crise interne se prolonge au Musée canadien de l’histoire, une des principales institutions culturelles du Canada qui n’a pas de président permanent à sa tête depuis plus de deux ans.

Selon un rapport, les employés du Musée ont un faible degré de confiance envers l’équipe de gestion en place, qui comprend de nombreux hauts dirigeants par intérim.

Le rapport produit par une firme de consultants suggère que l’institution muséale située à Gatineau, aux abords de la rivière des Outaouais, est encore secouée par les allégations de climat de travail toxique qui ont fait surface en 2020.

Aux yeux de plusieurs employés, selon le rapport produit par la firme BDO, les mauvais comportements sont courants et ne sont pas corrigés au sein du Musée.

« Les employés pensent que l’organisation laisse les mauvais comportements continuer ou qu’elle étouffe les affaires. »

— Une citation de  Rapport de la firme BDO intitulé Évaluation du milieu de travail

Le Musée canadien de l’histoire (MCH) n’a plus de président-directeur général permanent depuis le départ à la retraite de Mark O’Neill, en avril 2021. Celui-ci n’occupait plus ses fonctions depuis l’été 2020, à la suite d’une plainte pour harcèlement en milieu de travail.

Mark O’Neill en entrevue à Radio-Canada

Mark O’Neill, président-directeur général du Musée canadien de l'histoire (archives)

Photo : Radio-Canada

Le Musée est sous la direction d’une PDG par intérim, Caroline Dromaguet, depuis près de deux ans. Celle-ci aurait aidé à raviver le sentiment de confiance des employés, selon le rapport, mais l’impression d’instabilité subsiste en raison du grand nombre de postes occupés par intérim.

Le choix du prochain PDG du Musée est entre les mains du gouvernement Trudeau, mais le dossier traîne depuis des mois.

Stabiliser l’équipe de direction

Le rapport de la firme BDO est basé sur un sondage réalisé auprès de plus de 300 employés du Musée, 49 entrevues en profondeur et quatre groupes de discussion.

Selon BDO, il est primordial pour le gouvernement de stabiliser l’équipe de direction du Musée en pourvoyant les postes de direction clés de manière permanente.

Pour l’instant, selon le Musée, un poste de vice-président sur huit est occupé par intérim et 11 postes sur 45 dans la haute direction sont occupés par intérim.

Le gouvernement fédéral a presque nommé un nouveau PDG en remplacement de Mark O’Neill, l’an dernier. Toutefois, le candidat pressenti ne parlait pas français et le gouvernement n’a pas procédé à sa nomination après que la situation eut été ébruitée par Radio-Canada.

Un nouveau processus d'embauche est en cours et le résultat sera annoncé en temps opportun, selon une porte-parole du ministre du Patrimoine, Pablo Rodriguez.

Sentiment d’appartenance

La personne qui prendra les rênes du Musée héritera malgré tout d’une main-d’œuvre motivée.

Dans son rapport, la firme BDO a trouvé un fort sentiment d’appartenance des employés envers le Musée canadien de l’histoire, affirmant que plusieurs d’entre eux y avaient trouvé l’emploi de leurs rêves.

« Les employés sont fiers de travailler pour le MCH, et ils pensent que leur travail est intéressant et utile. Il existe un sentiment de "prestige" et de réussite associé aux contributions uniques et précieuses que le MCH apporte aux Canadiennes et aux Canadiens. »

— Une citation de  Rapport de BDO

Toutefois, de nombreux employés aimeraient que le Musée reflète mieux la diversité canadienne.

L’opinion générale est qu’il faut accroître la représentation des personnes racialisées et autochtones au sein de l’organisation, à tous les niveaux et à tous les postes, affirme le rapport.

BDO affirme avoir trouvé un optimisme hésitant parmi les employés du Musée quant à l’avenir de l’institution.

Le [Musée] devrait définir des valeurs fondamentales et fixer des attentes sur les comportements acceptables afin d’instaurer une compréhension commune de la manière de faire les choses au [Musée], et de faire en sorte que les personnes rendent des comptes, recommande BDO.

Un édifice de pierre avec une architecture particulière.

Le Musée canadien de l’histoire à Gatineau (archives)

Photo : Radio-Canada / Jonathan Dupaul

Transformation

Sur son site web, le Musée étale une série de mesures pour répondre au désir de changement de ses employés, dont la redéfinition des valeurs de l’organisation et la modernisation de sa structure de gouvernance opérationnelle.

Bien qu’il reste beaucoup à faire, nous n’aurions jamais pu avancer autant sans la générosité du personnel du Musée, qui nous a donné son temps et de précieux commentaires. Nous tenons fortement à maintenir un dialogue ouvert avec tout le personnel au moyen de communications respectueuses et transparentes, affirme le Musée.

Une précédente version de ce texte indiquait que le rapport cité dans cet article date d'avril 2022. En fait, il date d'avril 2021. Il vient d'être mis en ligne par le Musée.

Le rapport de BDO est daté d’avril 2021 et a récemment été mis en ligne sur le site web du Musée.

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