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La Vérif : est-ce que les Québécois s’appauvrissent?

Plusieurs liasses de billets canadiens.

Selon Statistique Canada, la hausse des salaires a été plus élevée que l'inflation dans la dernière année au Québec.

Photo : Adobe Stock - epridnia

Nahila Bendali

La cheffe libérale Dominique Anglade veut faire de l’économie son cheval de bataille en ce début de campagne. Elle a déclaré en point de presse lundi : « Pendant que les coffres du gouvernement Legault se remplissent, les poches des Québécois se vident ».

Avec l’inflation galopante des derniers mois, c’est tentant d’affirmer qu’il est plus difficile de boucler son budget. Mais la déclaration de Dominique Anglade mérite d’être nuancée, puisque les salaires ont aussi augmenté.

Dominique Anglade derrière un lutrin, quatre personnes se tiennent derrière elle.

La cheffe du Parti libéral du Québec Dominique Anglade affirme que les poches des Québécois se vident.

Photo : Radio-Canada

Au Québec, le taux d’inflation a augmenté de 7,3 % entre juillet 2021 et juillet 2022, selon Statistique Canada.

Quand on regarde la hausse du salaire horaire moyen pour tous les employés au Québec, on constate une augmentation de 8 %. Les salaires ont donc progressé plus rapidement que l’inflation dans la province au cours de la dernière année.

Inflation et salaires au Québec

  • Hausse du taux d'inflation entre juillet 2021 et juillet 2022 : 7,3 %
  • Hausse du salaire horaire moyen entre juillet 2021 et juillet 2022 : 8 %

Source : Statistique Canada

Les Québécois sont dans une situation enviable lorsqu’on les compare à leurs compatriotes canadiens. Au pays, l’inflation a bondi de 7,6 % pour la même période. Les salaires, eux, ont augmenté de 5,2 %.

Inflation et salaires au Canada

  • Hausse du taux d'inflation entre juillet 2021 et juillet 2022 : 7,6 %
  • Hausse du salaire horaire moyen entre juillet 2021 et juillet 2022 : 5,2 %

Source : Statistique Canada

La principale raison pour ça, c’est probablement un marché du travail qui est plus serré. Notre taux de postes vacants est parmi les plus élevés au pays, explique la directrice générale de l’Institut du Québec, Emna Braham.

Le taux de chômage est également parmi les plus bas dans la Belle Province.

De plus, de nombreux salariés ont décidé de quitter des postes moins bien rémunérés durant la pandémie, pour aller dans des secteurs plus payants, ajoute Emna Braham, ce qui accélère la croissance des salaires.

Des disparités selon les secteurs d'emploi

Lorsqu’on regarde plus en détail, la situation n’est pas la même pour tout le monde. Certains secteurs en ont plus profité que d’autres.

Par exemple, le salaire horaire moyen des infirmières québécoises a augmenté de 10 % dans la dernière année, donc plus rapidement que l’inflation.

Mais si on regarde celui des cadres supérieurs, on voit que la hausse est beaucoup plus marquée, à 56 %.

À l’autre bout du spectre, le salaire des vendeurs et du personnel des arts et spectacles de même que des sports et loisirs fait du surplace, selon Statistique Canada.

Et puis, environ 40 % des employés au Québec sont syndiqués ou assujettis à une convention collective. À moins d’une renégociation récente, ces derniers n’ont probablement pas vu leurs salaires augmenter au même rythme que l’inflation, mais la tendance commence à changer, observe Mme Braham, de l’Institut du Québec

On commence à voir un rattrapage, et les salaires des personnes syndiquées ont commencé à augmenter également. Donc, les attentes d’inflation sont en train d’être intégrées à ces négociations salariales.

Les Québécois qui ont des revenus fixes, comme les retraités ou ceux qui bénéficient de l’aide sociale, ont des revenus qui augmentent moins vite que l’inflation. Il est donc vrai d’affirmer que cette catégorie de citoyens s’appauvrit, mais ce n’est pas le cas de l’ensemble des Québécois.

Revenus de l'État

La situation des salaires et l’inflation contribuent à remplir les coffres de l’État.

Depuis 2018-2019, la forte croissance des salaires et traitements des Québécois a contribué à l'augmentation des revenus provenant de l’impôt des particuliers. La vérificatrice générale affirmait dans son rapport préélectoral que cette croissance a été stimulée par un resserrement du marché du travail .

Pour l’année 2021-2022, les bonnes conditions économiques et l’inflation ont fait bondir les salaires et traitements de 9,4 %, toujours selon le rapport de la vérificatrice générale.

Guylaine Leclerc parle en conférence de presse.

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc, affirme que la croissance des salaires est stimulée par un marché du travail serré.

Photo : La Presse canadienne / Francis Vachon

La croissance des revenus de l’impôt des particuliers devrait encore augmenter en 2022-2023, estime le ministère des Finances. La croissance devrait cependant revenir à des niveaux plus modérés dès 2023-2024, une estimation plausible, selon la vérificatrice générale.

Par ailleurs, la croissance des revenus tirés des taxes à la consommation s’est élevée à plus de 15 % en 2021-2022. Une hausse qui provient presque en totalité de la TVQ, que la vérificatrice explique par l'augmentation de la consommation des ménages et l’influence de l’inflation sur le prix des biens et services.

Cette croissance devrait encore augmenter de près de 11 % en 2022-2023, toujours en raison de l’effet de l’inflation. Le ministère des Finances prévoit cependant un retour à une croissance d'environ 3 % d’ici 2023-2024.

Avec la collaboration de Nathalie Lemieux et d'Olivier Bachand

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