•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La CAQ et les libéraux promettent des baisses d’impôt

François Legault parle dans un micro avec un homme et une femme derrière lui.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, en point de presse lundi lors d'un événement de campagne à Québec.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont tous deux promis des baisses d’impôts, lundi, en ce deuxième jour de campagne électorale. Or, le chef caquiste François Legault a dû défendre son intention d'utiliser une part des versements du Fonds des générations pour financer cette mesure.

Le premier ministre sortant François Legault s’est engagé à réduire d'un point de pourcentage les deux premiers paliers d’imposition dès 2023 si son parti est reporté au pouvoir, et ce, pour toute la durée d’un futur mandat. La mesure vise à aider les citoyens à faire face à l’inflation, a-t-il justifié.

La CAQ évalue à 7,4 milliards de dollars le montant total en impôts que les contribuables économiseraient au cours d’un second mandat. Cette initiative bénéficierait à 4,6 millions de contribuables, selon le parti de François Legault.

Cela pourrait entraîner une économie de 329 $ par année pour une personne gagnant 50 000 $, ou encore de 629 $ annuellement pour un contribuable dont le revenu atteint 80 000 $, entre autres exemples.

Moins de versements au Fonds des générations

Le parti compte financer cette baisse d’impôt en utilisant une partie, soit près de 40 %, des versements prévus au Fonds des générations, créé en 2006 par le gouvernement de Jean Charest et destiné au remboursement de la dette du Québec.

François Legault insiste sur le fait que son parti continuerait à verser 60 % au Fonds, qui génère des rendements annuels qui avoisinent les 10 %, afin de réduire la dette du Québec.

La dette du Québec est encore élevée. Le Fonds des générations est là pour baisser la dette. N’oublions pas, quand on augmente la dette du Québec, on crée un problème d’équité envers les générations, a-t-il déclaré.

Le texte est écrit sur un bandeau montrant le visage du premier ministre François Legault et menant à un dossier sur son bilan.

Le chef de la CAQ a expliqué que la baisse d'impôts promise est limitée, en raison du ralentissement économique mondial prévu pour 2023. Il y a de l’incertitude économique. Il faut être prudent. On ne veut pas, on ne va pas, avec un gouvernement de la CAQ, retourner à l’austérité libérale, a-t-il affirmé.

Il estime que cet allègement fiscal servira aussi de moteur pour relancer l’économie. Quand on baisse les impôts, on s’attend aussi à ce que cela stimule l’économie et, éventuellement, que cela amène des augmentations de revenus, a-t-il dit.

« Il y a des partis qui prétendent vouloir aider les jeunes. Or, utiliser la carte de crédit de nos enfants pour financer nos baisses d’impôts, nos finances actuelles, c’est irresponsable. »

— Une citation de  François Legault, chef de la CAQ

Assiste-t-on à une surenchère sur la réduction du fardeau fiscal des Québécois? Il faut être prudent. Mme Anglade [la cheffe du Parti libéral, NDLR], j’espère qu’elle va déposer un cadre financier et qu’elle va nous expliquer comment elle financera ça, a-t-il répondu, précisant qu’il attendait d’avoir le portrait global avant de juger. On va comparer quand on aura toutes les données, a-t-il ajouté.

Le ministre des Finances dans le gouvernement sortant, Eric Girard, a assuré que cette proposition n’aura aucun effet sur la cote de la province auprès des agences de notation.

Nous allons réduire la vitesse à laquelle nous diminuons le poids de la dette pour redonner de l’argent aux contribuables. C’est une approche équilibrée, prudente et responsable. Cohérente avec le financement stable et prévisible des principales missions de l’État, la gestion rigoureuse des finances publiques, l’équilibre budgétaire, la poursuite de la réduction de la dette, a soutenu le candidat caquiste dans Groulx.

Le CAQ n’envisage pas de réduire la taxe de vente du Québec (TVQ). Elle prévoit cependant remettre un chèque de 400 $ à 600 $ aux contribuables en décembre et les laisser décider de la façon dont ils préfèrent l’utiliser. Cette mesure profiterait à 6,4 millions de Québécois, selon eux.

Ces mesures s'inscrivent dans un projet de bouclier anti-inflation de la CAQ qui comportera quatre volets.

Bannière promotionnelle de notre dossier sur les élections provinciales au Québec.

La proposition libérale

De son côté, la cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a présenté quatre promesses à saveur économique issues de ce qu’elle nomme son Plan portefeuille, lors d’une conférence de presse à Québec.

Les libéraux proposent aussi de réduire d'un point et demi de pourcentage les deux premiers paliers d'imposition, d’abolir la TVQ sur les produits de première nécessité, de geler les tarifs d’Hydro-Québec tout en enlevant la TVQ sur les premiers 4000 $ de la facture et, finalement, de bonifier le crédit d’impôt pour solidarité pour soutenir les plus démunis.

François Legault et Dominique Anglade ont fait la même promesse celle de baisser les impôts des Québécois. Le chef de la CAQ va plus loin en promettant aussi un chèque! Un reportage de Véronique Prince.

Le Plan portefeuille du PLQ permettrait à une famille avec deux enfants de faire un gain moyen annuel de 5000 $, soutient le parti. À elle seule, la baisse d’impôt proposée représenterait jusqu’à 1125 $ par année pour cette même famille, fait-on valoir. Dans leur plateforme électorale, les libéraux précisent que, dans un souci d’équité, cette baisse s’accompagnerait d’une augmentation des impôts pour les contribuables très riches.

Dans un message diffusé sur Twitter, la cheffe Dominique Anglade a soutenu, à mots couverts, qu’elle n’entendait pas modifier les versements au Fonds des générations pour financer ses propositions.

« Il est possible de baisser les impôts sans endetter les prochaines générations comme le promet François Legault. Jamais le Parti libéral du Québec n’hypothéquerait l’avenir de nos jeunes pour financer une promesse électorale. »

— Une citation de  Dominique Anglade, cheffe du PLQ

En point de presse, elle a accusé le chef caquiste de ne pas s’être occupé de l'économie du Québec. On ne peut pas penser être un parti de l'économie et avoir ignoré toute la question de la pénurie de main-d'œuvre. On ne peut pas penser être un parti de l'économie et avoir fait en sorte que les coffres de l'État se sont remplis à ce point et que les contribuables n'ont pas vu d'argent, a-t-elle déploré.

Mme Anglade a dénoncé le fait que les citoyens souffrent de l'inflation et que les poches des Québécois se vident.

C'est pour ça qu'il nous faut agir. Ce n'est pas normal aujourd'hui qu'on ait des gens qui doivent choisir entre faire l'épicerie ou bien payer le loyer, retarder des paiements de facture, qu'ils soient obligés de faire ces choix-là en 2022 au Québec, s’est-elle indignée.

D’autres annonces suivront au cours de la campagne électorale pour compléter le Plan portefeuille, a souligné le PLQ.

Les mieux nantis favorisés, selon QS

Pour sa part, le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, ne s’offusque pas de la possibilité de diminuer les versements au Fonds des générations.

Sur le principe général, on a toujours été critiques à Québec solidaire de cette idée de se priver de tant de revenus alors qu’il y a tant de choses à faire au Québec, a-t-il dit, souhaitant prioriser le bien-être des gens avant les questions comptables.

Gabriel Nadeau-Dubois parle dans un parc.

Le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Photo : Radio-Canada

Rappelons que la formation politique a déjà évoqué l’idée dans le passé de se servir du Fonds pour financer certaines mesures.

Cependant, Gabriel Nadeau-Dubois en a contre le projet caquiste de réduire les impôts des mieux nantis.

La question que les Québécois doivent se poser c’est : qui a besoin d’aide en ce moment au Québec? Regardons les chiffres de François Legault. Son plan baisserait les impôts d’une caissière au salaire minimum de 110 $ et il baisserait les impôts d’un avocat qui fait 250 000 $ par année de 760 $, a-t-il dénoncé.

Ça, c’est la vision de François Legault. Moi, je vais proposer autre chose. Moi, je vais proposer un plan qui va aider les gens en bas de l’échelle, les gens au milieu de l’échelle. Mais désolé, les gens qui font 250 000 $ par année au Québec, ils n'ont pas besoin d’aide, a-t-il enchaîné.

Une promesse « insensée », selon le PQ

Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a qualifié d’insensée la promesse caquiste, qui est, selon lui, dépourvue de vision.

Quand j’entends François Legault dire qu’on est devant des baisses d’impôts historiques, moi je vous prédis que ça va créer une période d’austérité historique, parce qu’on est en train de s’empêcher de financer nos services publics adéquatement à moyen et long terme, a-t-il déclaré.

Paul Saint-Pierre Plamondon parle avec un air sérieux.

Le chef du Parti québécois, Paul Saint-Pierre Plamondon

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Paul St-Pierre Plamondon dit comprendre la colère exprimée par les jeunes face à la proposition de la CAQ.

On a un Fonds des générations pour prévenir les iniquités. Elles sont financières, elles sont environnementales. Quand on profite de ce Fonds pour des politiques à courte vue, qui par surcroît vont saboter notre capacité d’offrir des services aux tout-petits en CPE, des écoles primaires de qualité […] Ils ont raison d’être fâchés. Ce n’est pas une bonne politique publique, a-t-il dit.

Le chef péquiste n’exclut pas la possibilité de se servir du Fonds des générations transition pour financer la transition vers la nouvelle économie juste, une idée applaudie par les jeunes, a-t-il mentionné au passage.

Le coût de ne pas s’occuper de l’environnement va être astronomique. Plus on attend, plus ça coûte cher. Ça, c’est un investissement dans l’avenir, c’est cohérent avec la mission du Fonds des générations, a-t-il indiqué.

La CAQ copie le PCQ, insinue Duhaime

En soirée lundi, Éric Duhaime s'est présenté dans un rassemblement militant à Lévis où il a décoché quelques flèches à François Legault, notamment en soutenant que la CAQ est à la remorque des mesures annoncées par le Parti conservateur du Québec (PCQ).

Il y a deux semaines, on a annoncé notre plateforme électorale où on propose les baisses d’impôts les plus généreuses possibles, avec une baisse d’impôts de 2 % jusqu’à 90 000 $, et même une exemption de 15 000 à 20 000 $. Et là, qu’est-ce que [François] Legault a annoncé aujourd’hui? Des baisses d’impôts, a-t-il lancé.

Il essaie même de dire qu’il va faire mieux que nous, mais dans 10 ans, a ajouté le chef conservateur, selon qui la CAQ aurait également repris en catastrophe l'idée d'embaucher des centaines de policiers supplémentaires pour contrer la montée de la violence par armes à feu dans les rues de Montréal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !