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Faudrait-il limiter les augmentations de loyer en Alberta?

Une affiche indique en anglais qu'une propriété est à louer.

Plusieurs Calgariens ont de la difficulté à trouver un logement abordable cette année.

Photo : Radio-Canada / Bryan Eneas

Radio-Canada

Certains Calgariens croient qu’il est temps d’imposer un plafond sur les loyers dans la métropole albertaine. Ceux-ci ont explosé au cours de la dernière année. Un logement d’une chambre coûte aujourd’hui 27 % de plus qu’en août 2021, par exemple, selon le site Rentals.ca.

Lindsay McNally vit dans son appartement du Beltline depuis deux ans. Lorsque son bail a été renouvelé, cet été, son loyer est passé de 1350 $ par mois à 1715 $, une somme trop élevée pour la vendeuse de produits de beauté de 30 ans.

Même chose pour Jason Ertl, 38 ans, dont le loyer du bungalow où il vait avec sa famille a subi une augmentation de 500 $ .

Cela m’a ébranlé! J’ai relu le bail plus d’une fois pour être certain, explique Jason Ertl. Son couple peut absorber la hausse, mais cela aura un impact sur ses économies, qui doivent permettre l’achat futur d'une maison.

Lindsay McNally assise sur un divan.

Lindsay McNally a déménagé en Alberta en partie à cause de l'abordabilité de la province. Elle n'est plus certaine que c'est le cas.

Photo : CBC / Paula Duhatschek

Au vu de leur expérience, les deux Calgariens se demandent s’il ne serait pas temps pour l'Alberta d’imiter d’autres provinces et d’imposer un plafond sur les hausses de loyer.

Je crois que cela aurait un gros impact, estime Lindsay McNally, qui cherche actuellement un autre logement, sans succès.

L’organisme Inn from the Cold a aussi remarqué une augmentation des demandes d’aide au cours des derniers mois. Il offre des logements d’urgence et de l’aide aux personnes sans-abri. Pour certains clients, une hausse de loyer est ce qui, en raison d'un budget à peine équilibré, peut mener à l'éviction et à l'itinérance temporaire, selon la directrice des programmes, Nathaniel Miller.

Prendre exemple sur les autres

En Colombie-Britannique, les hausses de loyer de 2022 sont limitées à 1,5 % par année, alors qu’en Ontario, le plafond se situe à 1,2 %, sauf exception.

En Alberta, la seule limite concerne le nombre de fois qu’un propriétaire peut augmenter le loyer en un an et le nombre de jours de préavis qu’il doit donner.

Selon un porte-parole du gouvernement provincial, un plafond aurait un effet négatif sur le marché à long terme, puisque cela pourrait décourager les promoteurs immobiliers et nuire à la capacité des propriétaires d’effectuer les rénovations nécessaires pour l’entretien et l’amélioration des logements existants.

Le professeur titulaire en économie Alexander Whalley, de l’Université de Calgary, croit aussi qu’un plafond aurait un impact sur le nombre de locations disponibles.

Les promoteurs immobiliers vont se retirer en se disant : "Vous savez quoi? Peut-être que nous ne devrions pas investir dans la construction de nouvelles unités multifamiliales", affirme Alexander Whalley. Résultat : il y aura moins de logements pour l’avenir. Cela a peut vraiment avoir des conséquences imprévues.

Nemoy Lewis, professeur titulaire à l’École d'urbanisme de l’Université métropolitaine de Toronto, donne plutôt l’exemple de l’exemption du plafond sur les loyers de nouveaux bâtiments occupés pour la première fois après 2018, en Ontario.

Selon lui, l’exemption n’a pas entraîné d'augmentation du nombre de locations abordables. Cela se traduit plutôt par la construction de copropriétés, dit-il.

Une étude de la Société canadienne de l’hypothèque et du logement (Nouvelle fenêtre) (SCHL) de 2020 montre que la relation entre le contrôle des loyers et la quantité de logements disponibles n'est pas prouvée et qu’il faut faire d’autres études.

Avec les informations de Paula Duhatschek

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