Crise en santé : la population se sent prise « en otage » selon une experte

Une dizaine de citoyens appuyés par des députés du Parti libéral et du Parti vert ont réclamé dimanche à Moncton des améliorations au système de santé du Nouveau-Brunswick.
Photo : Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2022 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
La population du Nouveau-Brunswick se sent prise « en otage » devant les problèmes du système provincial de santé, selon une experte.
Le Réseau de santé Horizon a prévenu la population vendredi dernier qu’il manquait tellement de personnel au service des urgences des hôpitaux régionaux de Saint-Jean et de Moncton en fin de semaine qu’il valait mieux pour les gens de ne pas y aller à moins d’être en danger de mort, gravement malade ou blessé.
Claire Johnson, professeure en gestion des services de la santé à l'Université de Moncton, estime que le gouvernement, les dirigeants du système et les associations professionnelles présentent tous une partie de la vérité sur les difficultés du système de santé. Pour les citoyens, il peut donc être difficile de s'y retrouver.
Parce qu’on voit que les acteurs principaux, dans ce cas-ci par exemple le gouvernement, puis les professionnels de la santé, ont un message légèrement différent. Ça fait que dans une situation comme ça, le troisième acteur principal, la population, ne sait pas tout à fait où se situer par rapport à tout ça. Oui, en quelque sorte, ils sont comme pris entre les deux. Pris en otage, ça décrit bien la situation
, affirme Claire Johnson au cours d’une entrevue accordée dimanche au Téléjournal Acadie.

« Tout à fait, si on avait un leadership un peu plus fort, un leadership un peu plus rassembleur, on ne verrait probablement pas cette situation-là », souligne Claire Johnson, professeure en gestion des services de la santé à l'Université de Moncton.
Photo : Radio-Canada
Un message du public au gouvernement
Une dizaine de personnes se sont rassemblées devant l'hôtel de ville de Moncton dimanche pour réclamer des améliorations au système de santé provincial. Les organisateurs du rassemblement, dont Julie Léger, ont lancé un message destiné au gouvernement de Blaine Higgs.
Je demande vraiment au premier ministre d'écouter les travailleurs de santé publique, de l'hôpital, même les ambulanciers. On ne peut pas juste les laisser d'un côté. C’est eux qui nous transportent. Ils sont vraiment, vraiment fatigués. [...] Et quand la fatigue pogne, la tête n’est pas là non plus à 100 %. Je ne peux pas les blâmer, mais ça ne devrait pas être une raison non plus pour qu’il y ait des personnes dans les hôpitaux [qui] meurent en attente
, a affirmé Julie Léger.
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Le premier ministre Blaine Higgs et son ministre de la Santé, Bruce Fitch, ont évoqué la semaine dernière la possibilité d’employer le secteur privé pour certains soins de santé. Le regroupement de citoyens rejette cette idée.
En gros, aller au privé avec la crise qui va dans le système de santé n'est pas la solution
, estime Julie Léger.

Julie Léger LeBreton, membre du regroupement de Néo-Brunswickois pour de meilleurs soins de santé, rejette l'idée de faire appel au secteur privé en ce domaine.
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Quelques députés des partis d'opposition à Fredericton étaient aussi présents lors du rassemblement pour dénoncer la gestion de la crise faite par le gouvernement de Blaine Higgs et pour réclamer plus d'investissements dans le système de santé.
Ici, on parle de la vie des gens. Il y a des listes d'attente qui s'allongent. J’ai entendu parler à Fredericton qu’il y a des gens, quand ils avaient des problèmes cardiaques ils passaient tout de suite, maintenant ils attendent une heure ou deux avant de passer. Ça ne peut pas continuer de même parce que les tragédies ne cesseront pas d'arriver. Donc oui, on demande au gouvernement provincial d’en faire davantage et immédiatement
, a déclaré le député libéral de Baie-de-Shediac-Dieppe, Robert Gauvin.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick doit investir davantage dans le système de santé, estime le député libéral de Baie-de-Shediac-Dieppe, Robert Gauvin.
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Les députés d’opposition ont également demandé plus de clarté de la part du gouvernement quant aux prochaines étapes pour répondre à la crise dans les soins de santé.
Avec les renseignements du Téléjournal Acadie et de Sarah Déry

