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Rentrée universitaire et COVID-19 : approches variées d’un campus à l’autre

Une personne devant une annonce de l'Université Western.

Le port du masque ainsi qu'un total de trois doses d'un vaccin contre la COVID-19 seront obligatoires sur le campus de l'Université Western.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

À l'Université Western de London, en Ontario, tous ceux qui veulent se rendre sur le campus de l’université doivent avoir reçu trois doses d’un vaccin contre la COVID-19. De plus, le port du masque sera obligatoire à l’intérieur.

D’autres universités de la province ont décidé d’avoir des exigences sanitaires moins strictes.

Dans tous les cas, ces décisions suscitent de vives réactions.

Ethan Gardner, président du conseil des étudiants de l'Université Western, a reçu plusieurs messages de ses collègues. [Certains] ont l'impression que le préavis est trop court pour l'année scolaire, dit-il.

Certains étudiants veulent simplement un raisonnement définitif sur les raisons de cette décision, étayé par des données scientifiques.

On assiste à l'émergence de différentes approches, en fonction du collège ou de l'université. Quelques-uns imposent des rappels de vaccin, d'autres réintroduisent le masque obligatoire. Et la grande majorité – pour l'instant – se contente de suggérer aux étudiants de porter le masque et d’encourager la vaccination.

Manifestations à Western

La semaine dernière à London, des manifestants ont demandé la fin de l’obligation vaccinale sur le campus.

L'organisatrice Kendra Hancock a affirmé qu'elle espérait que la manifestation mènerait à des négociations publiques et à une plus grande consultation des étudiants sur les règles de l'université.

Parmi ceux qui ont prononcé un discours à la manifestation figurait un ancien professeur du Collège Huron, affilié à Western, qui dit avoir refusé de se conformer au précédent mandat de vaccination de l'école, ainsi que le médecin-chef intérimaire de l'unité de santé Haldimand-Norfolk, le Dr Matt Strauss, qui est ouvertement contre les mesures sanitaires.

Or, selon Florentine Strzelczyk, provost et vice-présidente académique de Western, la décision s'inscrit dans le contexte de ses efforts pour tout faire pour protéger l'apprentissage en personne et une expérience formidable sur le campus, a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Notre approche [...] reflète celle de plusieurs des plus grandes universités d'Amérique du Nord, notamment Brown, Columbia, Harvard et Yale, conformément aux recommandations des [Centres américains de contrôle et de prévention des maladies].

De son côté, l'Université de Toronto a annoncé que les injections de rappel seront obligatoires cet automne, mais seulement pour les étudiants vivant dans ses résidences.

Le port du masque est obligatoire cet automne dans 14 des 83 universités interrogées par La Presse canadienne.

À l'Université Ontario Tech d'Oshawa, le port du masque sera obligatoire à l’intérieur pour la session d'automne. Mais il ne le sera pas au Collège Durham, qui partage une partie du campus de l’Université Ontario Tech.

Une mosaïque d'immunité

Bien que le Dr Zain Chagla reconnaisse que les responsables de l'enseignement supérieur ont une tâche délicate en essayant de s'y retrouver pour que l'année scolaire soit aussi sûre que possible, il a déclaré qu'ils devraient encourager les comportements positifs en matière de santé publique, améliorer la ventilation, rendre les tests de dépistage de la COVID-19 facilement accessibles aux personnes malades et établir des espaces de quarantaine.

Si ces mesures sont mises en place, vous en aurez pour votre argent, a déclaré le médecin spécialiste des maladies infectieuses et professeur associé à l'Université McMaster de Hamilton.

Le Dr Chagla a déclaré qu'il ne croit pas que l'obligation d’avoir reçu une troisième dose, par exemple, était la meilleure solution, étant donné la mosaïque d'immunité au sein de la population canadienne et la diminution de l'efficacité des rappels au fil du temps.

Zain Chagla est assis à son bureau et sourit.

Le Dr Zain Chagla affirme que chaque personne a une immunité différente contre la COVID-19. (Archives)

Photo : CBC/Radio-Canada / Craig Chivers

C'est la raison pour laquelle des milieux comme les soins de santé se sont arrêtés à deux doses [obligatoires] pour la plupart, reconnaissant que c'est devenu incroyablement complexe maintenant. Nous ne pouvons pas simplement mandater des vaccins alors que chacun a eu une expérience différente avec la COVID.

La Dre Lisa Barrett, médecin et chercheuse en maladies infectieuses à l'Université Dalhousie de Halifax, en Nouvelle-Écosse, a également fait remarquer qu'à ce stade, il existe une foule de mesures de soutien.

L'accès pratique aux tests [de dépistage de la COVID-19], le [port du] masque, des cliniques de vaccination sur le campus, les journées de congé de maladie et les possibilités d'apprentissage hybride sont autant de moyens de se soucier ensemble de nos communautés tout en restant dans le même espace plus qu'auparavant.

Le port du masque obligatoire, plus efficace

Les [directions de ces] écoles ont été échaudées par ce qui s'est passé lors des vagues précédentes, a déclaré le Dr Samir Gupta, pneumologue et clinicien-chercheur à l'hôpital St. Michael de Toronto.

Bien qu'il recommande aux personnes de recevoir une dose de rappel pour se protéger contre les maladies graves causées par le coronavirus, le Dr Gupta a fait remarquer qu'avec les derniers variants, les doses de rappel ne sont pas aussi efficaces pour prévenir l’infection ou la transmission.

Si le principe est de dire : "Nous voulons vraiment protéger nos étudiants. Nous ne voulons pas que vous contractiez une maladie grave, alors nous vous demandons de vous faire vacciner pour la troisième fois", la dose de rappel peut être une bonne idée, a déclaré le professeur associé de médecine à l'Université de Toronto.

Mais si le principe est de dire : "Nous voulons éviter les éclosions, nous ne voulons pas que nos salles de classe soient fermées", [...] les données scientifiques ne permettent pas d'affirmer qu'une troisième dose va nécessairement permettre d'y parvenir. Le [port du masque] obligatoire? Absolument. C'est de cette façon que vous allez atténuer la propagation.

Réduire les symptômes pour un meilleur enseignement

La Dre Allison McGeer, microbiologiste médicale et spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Mount Sinai de Toronto, affirme que la vaccination obligatoire peut avoir un effet positif malgré tout.

Il ne fait aucun doute que le fait d'imposer une [dose de] rappel réduira la maladie dans la population pour laquelle le rappel est imposé et réduira le risque que ces personnes transmettent le virus à d'autres personnes, a-t-elle déclaré.

Je n'ai aucune idée de ce que les universités vont décider de faire, mais je peux comprendre pourquoi elles s'inquiètent de la qualité de l'enseignement qu'elles peuvent dispenser et de l'impact que pourrait avoir la vaccination obligatoire.

Avec des informations de Jessica Wong de CBC

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