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L’insécurité alimentaire plus fréquente au Nouveau-Brunswick et à Terre-Neuve-et-Labrador

Une femme devant les portes d'une épicerie.

Le taux d'insécurité alimentaire parmi les provinces était le plus élevé en Alberta et le plus bas au Québec en 2021, selon une nouvelle étude.

Photo : CBC / Craig Paisley

Radio-Canada

La plupart des gens qui ne mangent pas à leur faim sont des travailleurs, indique la plus récente étude sur l’insécurité alimentaire au pays.

Celle-ci révèle que l’Alberta, le Nouveau-Brunswick, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador sont les quatre provinces où l’insécurité alimentaire est la plus fréquente. Le Québec est la province qui s’en tire le mieux.

L’étude sur l’insécurité alimentaire des ménages canadiens (en anglais (Nouvelle fenêtre)) a été réalisée par le programme de recherche interdisciplinaire PROOF de l'Université de Toronto, financé par les Instituts de recherche en santé du Canada, une agence fédérale. Les données relatives à l’année 2021 ont été partagées dans un rapport ce mois-ci.

L’insécurité alimentaire chez les travailleurs

Plus de la moitié (51,9 %) des Canadiens qui sont en situation d'insécurité alimentaire sont des travailleurs, apprend-on dans l'étude. Seulement 9,4 % étaient sur l'aide sociale.

Près de 12 % sont des personnes âgées qui dépendent de la pension de vieillesse reçue du gouvernement et 2,5 % de régimes privés de retraite. Un peu moins de 11 % ont vécu en 2021 des soutiens d'urgence liés à la COVID-19, comme la PCU.

Un enfant sur quatre touché à Terre-Neuve-et-Labrador

En Atlantique, c’est au Nouveau-Brunswick que l’insécurité alimentaire est la plus élevée. Ce seraient 19 % des ménages qui vivent avec cette difficile réalité, le deuxième plus haut pourcentage parmi les provinces.

Le pourcentage de ménages dans cette situation s’élève à 17,9 % à Terre-Neuve-et-Labrador (4e plus élevé); à 17,7 % en Nouvelle-Écosse (6e) et à 15,3 % à l’Île-du-Prince-Édouard (8e).

Valerie Tarasuk, professeure en sciences nutritionnelles à l'Université de Toronto.

Valerie Tarasuk, professeure en sciences nutritionnelles à l'Université de Toronto (archives)

Photo : Radio-Canada / Nicole Ireland

Ce seraient donc 90 000 résidents à Terre-Neuve-et-Labrador qui auraient en 2021 souffert d’insécurité alimentaire.

Valerie Tarasuk, du département des sciences nutritionnelles à l'Université de Toronto, observe que la statistique la plus alarmante dans le cas de Terre-Neuve-et-Labrador est combien d’enfants sont affectés par cet aspect de la précarité économique.

Plus d'un enfant sur quatre (26,4 %) vit dans un foyer qui souffre d'insécurité alimentaire dans cette province. Cela équivaut à environ 22 000 jeunes de 18 ans et moins.

Les parents vont faire tout ce qui est nécessaire pour que leurs enfants mangent, dit Valerie Tarasuk.

« Quand nous disons un enfant sur quatre, cela ne veut pas dire qu'ils sont affamés. Ils ne le sont probablement pas. Mais ils vivent dans un environnement de crise, parce que quelqu'un dans cette maison devient fou à essayer de les faire survivre de jour en jour. »

— Une citation de  Valerie Tarasuk, département des sciences nutritionnelles, Université de Toronto

Malgré les efforts de leurs parents, les enfants qui grandissent dans un tel environnement ont un taux d’échec scolaire et de problèmes de santé mentale plus élevé, affirme-t-elle.

L’insécurité alimentaire est définie comme la difficulté à avoir assez d’argent pour s’acheter de quoi se nourrir. Plus précisément, les auteurs de l’étude considèrent qu’un individu est en situation d’insécurité alimentaire lorsque :

  • il s’inquiète de manquer de nourriture avant la prochaine rentrée d’argent;
  • il est incapable de se payer une alimentation équilibrée;
  • il saute des repas pour des raisons financières;
  • dans des cas extrêmes, il ne mange pas pendant des jours entiers à cause du manque de nourriture ou du manque d’argent.

Le Québec, exemple à suivre?

À travers les 10 provinces, ce sont 15,9 % des ménages qui ont souffert d’insécurité alimentaire. Les trois territoires ne sont pas inclus dans l’étude, par manque de données pour 2021.

C’est au Québec (13,1 %) que le taux d’insécurité alimentaire est le plus bas, et en Alberta (20,3 %) que la situation est la plus préoccupante.

Les auteurs de la recherche pressent les gouvernements de s'attaquer aux causes de l'insécurité alimentaire, plutôt qu'à ses symptômes. On ne peut pas espérer que les banques alimentaires, les programmes de repas de bienfaisance et les autres initiatives alimentaires communautaires solutionnent ce problème, écrivent-ils dans leur rapport annuel.

Ils indiquent dans leur rapport que les gouvernements provinciaux ont des outils à leur disposition pour réduire les risques d'insécurité alimentaire.

Les chercheurs mentionnent que les provinces peuvent décider de diminuer les impôts sur le revenu des personnes qui gagnent moins, et hausser leur salaire minimum.

De plus, ils qualifient d'approche prometteuse l'idée d'un revenu de base garanti.

La grande variation de la prévalence de l'insécurité alimentaire d'une province à l'autre et les faibles taux d'insécurité alimentaire au Québec démontrent l'importance des gestes posés par les provinces, soulignent les chercheurs.

Avec des renseignements de Nick Ward, de CBC

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