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Plusieurs politiciens condamnent le harcèlement subi par Chrystia Freeland en Alberta

La vice-première ministre du Canada et députée libérale fédérale de University-Rosedale, Chrystia Freeland, s'adresse au public rassemblé à l'Empire Club du Canada, à Toronto, le jeudi 16 juin 2022.

Chrystia Freeland a été invectivée au moment où elle entrait dans un ascenseur. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

La Presse canadienne

Des personnalités politiques, anciennes et actuelles, alliées comme adversaires, condamnent le harcèlement verbal dont a été victime la vice-première ministre fédérale, Chrystia Freeland, en Alberta vendredi.

Une vidéo de 14 secondes a été diffusée sur Twitter sur le compte d'un groupe s'étant opposé aux restrictions de la santé publique visant à combattre la COVID-19. On y voit Mme Freeland entrer dans un ascenseur au moment où un homme costaud s'approche d'elle pour lui lancer des jurons et l'insulter.

Traîtresse! lui dit-il.

L'homme s'approche de façon menaçante des portes ouvertes de l'ascenseur pour dire à Mme Freeland de quitter l'Alberta. On entend aussi une femme dire à la vice-première ministre qu'elle n'est pas à sa place ici.

Chrystia Freeland était en Alberta pour rencontrer, notamment, la mairesse de Grande Prairie.

La vice-première ministre et ministre des Finances a commenté l'incident sur Twitter samedi : Ce qui s'est passé n'est pas correct. Personne, peu importe où il habite, ne doit avoir à tolérer des menaces ou de l'intimidation.

Un langage cru et une agression verbale dirigés contre la vice-première ministre Chrystia Freeland alors qu'elle était de passage à Grande Prairie, en Alberta hier. La vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux par le compte d'un groupe opposé aux mesures sanitaires et a grandement circulé depuis. Notre journaliste Gabrielle Proulx explique.

La vice-première ministre a réaffirmé sa fierté d'être Albertaine.

Elle a ajouté qu'elle était heureuse de l'accueil chaleureux qu'elle a reçu à Edmonton, à Grande Prairie et à Peace River ces derniers jours.

L'incident désagréable d'hier ne change pas ce fait, a conclu Chrystia Freeland.

Les réactions fusent

L’ancienne ministre conservatrice Lisa Raitt dit avoir eu un noeud dans l'estomac en regardant la vidéo. Elle a trouvé inquiétant de voir l'homme suivre Chrystia Freeland dans l'ascenseur. L’ancienne ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, dit avoir ressenti la même chose.

Catherine McKenna, qui a fait l'objet de mesures de sécurité supplémentaires pendant qu'elle était ministre, exhorte les chefs de parti à tenir une conférence de presse conjointe pour dénoncer ce qu'elle a qualifié d'agression contre Chrystia Freeland et s'engager à renforcer la sécurité des élus.

Le candidat à la direction du Parti conservateur du Canada et ancien premier ministre du Québec Jean Charest a aussi condamné le geste de l'homme. C'est de l'intimidation brutale, a-t-il dit sur Twitter.

« Les gens sont en colère. Je le comprends, mais ce comportement est dangereux. On ne peut pas normaliser cela. Tous les dirigeants politiques doivent condamner cela. »

— Une citation de  Jean Charest, candidat à la chefferie conservatrice fédérale et ancien premier ministre du Québec

Les collègues de Chrystia Freeland au conseil des ministres ont aussi dénoncé ce cas de harcèlement.

Le harcèlement sous toute forme est inacceptable. Chrystia Freeland, nous serons toujours à vos côtés, a notamment dit le ministre de la Santé, Jean-Yves Duclos. Le discours est la force de notre démocratie; la violence n'en fait pas partie. L'intimidation envers la [vie-première ministre] et son équipe ne peut être tolérée, sous peine de créer un dangereux précédent.

Personne ne devrait être harcelé, menacé ou intimidé, a affirmé la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly. La menace dont Chrystia Freeland a fait l'objet est absolument inacceptable et n'a pas sa place au Canada. Ni elle ni son personnel ne devraient avoir à subir ce comportement.

Le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, et la vice-première ministre du Canada, Chrystia Freeland, s'adressent aux médias en marge d'une rencontre, à Calgary, le mardi 7 janvier 2020.

S'il reconnaît que les politiciens peuvent avoir des différends, le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, dénonce le harcèlement subi par Chrystia Freeland et lui rappelle qu'elle est toujours la bienvenue dans sa province natale. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Todd Korol

« Le harcèlement verbal et les menaces adressées à Mme Freeland sont répréhensibles. »

— Une citation de  Jason Kenney, premier ministre de l'Alberta

Nos gouvernements ont eu de profonds désaccords, vous le savez, mais vous êtes toujours plus que la bienvenue pour nous rendre visite dans la province où vous avez grandi et où votre famille demeure, a écrit Jason Kenney en s'adressant directement à la vice-première ministre.

La députée néo-démocrate fédérale d'Edmonton Strathcona, Heather McPherson, s'est également adressée à Chrystia Freeland : Au nom de la vaste majorité des Albertains qui sont gentils, généreux et respectables, je peux dire que vous êtes la bienvenue ici.

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