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L’habileté des abeilles à se déplacer en ligne droite perturbée par deux pesticides

Des abeilles dans une ruche.

« Cette étude est la première qui démontre que la capacité des abeilles à décoder et à réagir à l’information visuelle est diminuée par certains insecticides », explique Rachel Parkinson. (archives)

Photo : Radio-Canada / Stéphan Gravel

Radio-Canada

Une nouvelle recherche menée par Rachel Parkinson, une ancienne étudiante au doctorat à l’Université de la Saskatchewan, indique que certains insecticides, même en faible quantité, auraient un impact négatif sur l'habileté des abeilles à se déplacer en ligne droite lorsqu'elles marchent.

Les travaux de Mme Parkinson ont porté sur le sulfoxaflor et l’imidaclopride, deux pesticides.

La scientifique souhaite maintenant voir si des effets similaires sont observables lorsque les abeilles sont en vol. Dans un tel cas, cela pourrait avoir de graves conséquences sur le processus de pollinisation.

Les abeilles volent parfois à plus d’un ou deux kilomètres de leur ruche, explique Mme Parkinson. Elles utilisent les informations sur le mouvement visuel qu’elles obtiennent à l’aller pour pouvoir retrouver leur chemin du retour.

Un tapis roulant pour insectes

Pour réaliser leur recherche, l’équipe de Rachel Parkinson a travaillé avec quatre groupes dans lesquels se trouvaient entre 22 et 28 abeilles.

Celles-ci étaient attachées au-dessus d’un ballon supporté par l’air, créant ainsi une sorte de tapis roulant pour insectes, explique-t-on dans un communiqué envoyé par l’Université de la Saskatchewan.

L’abeille était alors installée devant un écran où défilaient horizontalement des lignes verticales, lui donnant ainsi la sensation d'avoir été détournée de sa trajectoire. L'insecte croyait alors devoir réajuster ses mouvements pour revenir en ligne droite.

Le trajet parcouru par l’insecte sur la balle était enregistré puis analysé. Les chercheurs ont ainsi pu étudier sa capacité à contrôler ses mouvements.

Les abeilles ayant été en contact avec les insecticides, contrairement au groupe-témoin, ne tournaient rapidement que d'un côté et ne réagissaient pas au changement de direction du mouvement des lignes verticales.

Cette étude est la première qui démontre que la capacité des abeilles à décoder et à réagir à l’information visuelle était diminuée par les insecticides, explique Rachel Parkinson. Les abeilles utilisent le même type d’information visuelle lorsqu’elles sont en vol pour se stabiliser et s’orienter.

Les chercheurs ont également observé que les abeilles exposées au sulfoxaflor et à l’imidaclopride avaient un plus grand nombre de cellules mortes dans les lobes optiques du cerveau, une région importante pour analyser les informations visuelles. Ce changement ne serait toutefois pas l'unique cause du problème observé lors de l'expérimentation.

Les travaux de Mme Parkinson ont été récemment révisés par des paires et publiés par Frontiers (Nouvelle fenêtre) (en anglais seulement).

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