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Une montaison de saumons quinnat « catastrophique » sur le fleuve Yukon

Des saumons dans un bassin.

Le saumon quinnat est la seule espèce de saumon à atteindre Whitehorse sur le fleuve Yukon, photographié ici à la passe migratoire du barrage hydroélectrique en 2019.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

Les chiffres ne trompent pas. Cette année, la montaison des saumons quinnats dans le fleuve Yukon est la pire de son histoire. Des 41 000 saumons attendus cette année dans les eaux canadiennes, à la frontière de l'Alaska, les experts estiment que moins de 13 000 auront réussi le périple, sans toutefois pouvoir en expliquer la raison.

L'effondrement de la population s’est vite manifesté cette année à mesure que les données des stations sonars du fleuve Yukon ont été enregistrées.

Le saumon quinnat passe la majorité de son existence dans le détroit de Béring avant de remonter le fleuve jusqu’aux aires de fraie, un périple de plus de 3200 kilomètres que les saumons parcourent en deux mois.

Carte géographique montrant une ligne le long d'un cours d'eau.

Le saumon entame sa longue montaison dans le fleuve Yukon à partir de la mer de Béring, en Alaska, jusque dans le sud du Yukon et le nord de la Colombie-Britannique.

Photo : Yukon Salmon Sub-Committee

Cette montaison dénombre bon an, mal an, de 100 000 à 500 000 saumons, mais cette année, seuls 44 000 saumons ont été dénombrés à l’embouchure du fleuve au début de la saison.

Selon une entente canado-américaine, 42 500 saumons doivent traverser la frontière, mais l’objectif n’a pas été atteint depuis de nombreuses années.

Le gestionnaire des pêches et traités du fleuve Yukon à Pêches et Océans Canada, Marc Ross, affirme que la déception est généralisée, tant dans son bureau que dans la population.

« Les gens se préoccupent beaucoup du saumon et veulent que leur nombre augmente, pas l'inverse. L’impact [de l’effondrement] est significatif partout au Yukon. »

— Une citation de  Marc Ross, gestionnaire des pêches et traités du fleuve Yukon, Pêches et Océans Canada

À la passe migratoire de Whitehorse, l'une des dernières étapes des saumons vers les aires de fraie, les nombres observés sont tout aussi catastrophiques.

La passe migratoire est une structure de bois qui permet aux saumons de contourner le barrage hydroélectrique de Whitehorse. Un bassin d’observation permet aux responsables de dénombrer les saumons de façon précise, et aux visiteurs d’en apprendre davantage sur la migration.

Une petite fille regarde des poissons dans un bassin vitré.

La passe migratoire de Whitehorse permet aux saumons quinnats de contourner le barrage hydroélectrique, et au public, de les observer de près.

Photo : Radio-Canada / Claudiane Samson

L’an dernier, la montaison avait été qualifiée de pire de l’histoire, avec un total de 274 saumons aperçus à la passe migratoire. Cette année, une centaine seulement ont été répertoriés jusqu'ici.

La superviseure de la passe migratoire, Amy Jacobsen, affirme devoir expliquer la dure vérité aux visiteurs, à savoir que les saumons ne sont pas au rendez-vous et que personne ne sait pourquoi.

Elle explique que certaines hypothèses attribuent le phénomène au réchauffement du détroit de Béring, d'autres, à la surpêche ou à la pêche accidentelle, ou encore à un champignon qui attaquerait la population.

« Même si les nombres sont dévastateurs, selon moi, cela fait ressortir le fait que chaque poisson qui a réussi à revenir est d’autant plus précieux. Cela permet de réaliser à quel point ce phénomène est extraordinaire. »

— Une citation de  Amy Jacobsen, superviseure de la passe migratoire de Whitehorse

Quand à l’avenir, difficile de savoir comment orienter les politiques. Marc Ross admet que, pour la première fois, les discussions pour élargir le programme d'écloserie à l'ensemble du fleuve ont été entamées.

Les saumons font partie du bassin du fleuve Yukon depuis des millénaires et ils semblent avoir une habileté unique à régénérer leurs niveaux d'abondance après deux à trois cycles de vie, dit-il. Donc nous espérons que, si on laisse les saumons retourner dans leurs aires de fraie sans les toucher négativement, ils retrouveront naturellement leur équilibre, et leur nombre augmentera.

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