•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Lutte contre la violence armée : Montréal n’aura pas de chèque en blanc de Québec

Deux policiers du SPVM, de dos, marchent sur une scène de crime.

Un comité d’experts formé au SPVM évalue les besoins en ressources policières et en argent supplémentaire afin de lutter contre les violences armées.

Photo : Radio-Canada / Kolya Hubacek-Guilbault

Le ministère de la Sécurité publique (MSP) du Québec veut une certaine reddition de comptes avant d'octroyer des millions de dollars supplémentaires à la Ville de Montréal afin de l'aider à lutter contre la violence armée.

De hauts fonctionnaires du MSP sont en lien avec leurs homologues de la Ville de Montréal depuis mardi, après que deux meurtres par arme à feu ont été commis à 30 minutes d’intervalle en plein jour.

Les besoins de Montréal en ressources policières et en argent supplémentaire sont évalués par un comité d’experts formé d’urgence au Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Des fonctionnaires du MSP auraient sérieusement questionné l’administration de la mairesse Valérie Plante au cours des dernières heures sur les dépenses faites avec des montants accordés par le MSP.

Des sources ont confié jeudi soir à Radio-Canada que, bien que l’impression ne soit pas généralisée au ministère, certains fonctionnaires à Québec estiment que l’argent accordé à l’administration Plante pour contrer la violence armée n’a pas été utilisé à bon escient.

Québecor et La Presse, qui ont d’abord rapporté la nouvelle, ont même évoqué que l’argent aurait servi pour d’autres services municipaux que la police de Montréal.

Ces informations arrivent quelques jours seulement après que la Fraternité des policiers et policières de Montréal (FPPM) a reproché publiquement à l’administration Plante d’avoir dégarni les rangs du SPVM, plutôt que d’ajouter des policiers pour lutter contre la violence armée.

Les fonctionnaires du MSP souhaiteraient également analyser les chiffres avancés par l’administration Plante sur les embauches au SPVM et ceux de la Fraternité, qui a avancé une perte nette de 72 agents en 10 mois.

Tard en soirée, jeudi, le cabinet de la mairesse a dû réagir par écrit pour rassurer les citoyens sur l’utilisation des fonds accordée à la Ville pour son service de police.

Toutes les sommes reçues du MSP dédiées à soutenir le travail des policières et des policiers sont utilisées et sont essentielles, a déclaré Catherine Cadotte, attachée de presse de la mairesse Valérie Plante.

« Notre administration n’a jamais définancé la police, au contraire. Notre administration a d’ailleurs bonifié chaque année le budget du SPVM, ce qui a servi à mettre sur pied des équipes dédiées à la lutte contre le crime organisé, la saisie d’armes, et d’avoir le plus grand nombre d’effectifs policiers depuis 2012. »

— Une citation de  Le cabinet de la mairesse de Montréal Valérie Plante

Malgré cette déclaration, des sources proches du dossier de la lutte contre la violence armée affirment que la métropole ne recevra pas un chèque en blanc.

Même si Québec enverra assurément des fonds supplémentaires pour le SPVM, l’administration Plante devra néanmoins justifier chacune de ses demandes supplémentaires.

La métropole fait face à une hausse de la violence armée et réitère le besoin du soutien de l’ensemble de ses partenaires, en particulier le gouvernement du Québec, pour y faire face, a ajouté l’attachée de presse de Valérie Plante.

La ministre Geneviève Guilbault annule sa tournée en Gaspésie

Des sources soutiennent que la situation entre la Ville de Montréal et le MSP ne serait pas dans une impasse, de sorte qu’une annonce concernant une nouvelle enveloppe budgétaire pourrait avoir lieu à court terme.

Cependant, le lancement de la campagne électorale de dimanche représente un enjeu. Le gouvernement Legault souhaiterait aller de l'avant le plus rapidement possible pour éviter de se faire taxer d'électoraliste.

Le dossier de la violence armée est devenu prioritaire au point où la ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault s’est désistée jeudi d’un événement partisan auquel elle devait participer à Gaspé afin de rester engagée dans les pourparlers entre son ministère et la Ville de Montréal.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !