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Rachat du pont de Québec par Ottawa : le gouvernement Legault bloque la transaction

Le pont de Québec au crépuscule.

Le pont de Québec.

Photo : Radio-Canada / Daniel Coulombe

Rien ne va plus dans les négociations entourant le rachat du pont de Québec par le gouvernement fédéral. Dans un revirement inattendu, le gouvernement Legault a choisi de bloquer une entente survenue entre Ottawa et le Canadien National.

Honnêtement, à ce point-ci, Québec vient de traverser une ligne rouge, déplore une source bien au fait du dossier.

Selon les informations recueillies par Radio-Canada, une entente pour le transfert des droits de propriété du pont de Québec a bel et bien été conclue ces derniers jours entre le Canadien National (CN) et le gouvernement Trudeau.

Après plusieurs mois de négociations, le CN avait convenu de verser une compensation sur 50 ans à Ottawa, qui acceptait en retour de devenir l’unique propriétaire de la structure et d’en assurer la pérennité.

Or, le gouvernement du Québec, comme principal locataire du pont, possède un droit de préemption qui lui permet d’examiner toute offre d’achat reçue par le CN. Après analyse, il est libre de l’égaler.

Pour une raison qui n'a pas été dévoilée pour l'instant, le gouvernement du Québec aurait, depuis plusieurs jours, utilisé son droit de regard pour empêcher la transaction d'avoir lieu.

Yvon Charest a le mandat de négocier le rachat du pont de Québec pour le gouvernement fédéral.

Yvon Charest a le mandat de négocier le rachat du pont de Québec pour le gouvernement fédéral.

Photo : Radio-Canada

Selon plusieurs personnes contactées par Radio-Canada, le négociateur du fédéral, Yvon Charest, a demandé au cours des dernières heures à Québec de laisser le champ libre à Ottawa afin de permettre la transaction.

Québec aurait refusé net.

Tout le monde sait que le gouvernement du Québec ne veut pas devenir propriétaire du pont, déplore notre source. Visiblement, il s’agit d’une stratégie pour faire traîner le dossier.

Yvon Charest a affirmé son incompréhension, jeudi matin, au micro de l'émission Première Heure.

Ce que je trouve dommage, c'est que c'est un dossier qui se discute depuis 15 ans et tout le monde pensait que la partie difficile serait le CN, a-t-il lancé.

Les cabinets du premier ministre et du ministre des Transports n'ont pas souhaité commenter les informations de Radio-Canada.

Le tablier, rien de plus

La position du gouvernement du Québec dans cette négociation est bien connue : le ministère des Transports entend limiter sa contribution au seul remplacement du tablier du pont, arrivé à la fin de sa vie utile.

L’investissement, estimé à 200 millions de dollars, ne couvre cependant pas les travaux de réfection de la structure, essentiels afin d’assurer la pérennité de l’ouvrage.

Depuis des années, le pont de Québec est rongé par la rouille. Il doit être repeint et restauré.

De la corrosion sur le pont de Québec.

De la corrosion ronge le pont de Québec.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Nadeau

Une évaluation datée de 2020 évalue les travaux à 784 millions de dollars, mais tout porte à croire que la facture est encore plus élevée aujourd’hui.

Une entente qui arrive à terme

Avec un achalandage quotidien qui dépasse 30 000 véhicules, le ministère des Transports demeure le principal utilisateur du pont de Québec.

Le MTQ paie un loyer annuel de 7 millions de dollars au Canadien National en vertu d’une entente signée en 2012 qui arrive à terme le mois prochain.

Train de marchandises sur le pont de Québec.

Les trains du CN circulent sur le pont de Québec.

Photo : Radio-Canada

Selon nos informations, Ottawa souhaitait devenir propriétaire du pont de Québec avant de renégocier une nouvelle entente avec son principal utilisateur.

Du point de vue fédéral, une augmentation du loyer payé par Québec serait incontournable pour assurer la remise en état de l'infrastructure patrimoniale.

Le négociateur, Yvon Charest, souligne que le retour sur l'investissement serait favorable pour le Québec.

Pour chaque dollar additionnel qu'on demande à Québec, Ottawa va mettre deux dollars. C'est de l'argent neuf pour la région, précise-t-il.

Le pont Pierre-Laporte inquiète

L’impasse dans les négociations entourant le pont de Québec survient au moment où l’état de son voisin, le pont Pierre-Laporte, inquiète.

En juin dernier, Radio-Canada révélait l’existence d’un rapport concluant que les 160 suspentes de l’infrastructure devaient toutes être remplacées rapidement, car leur capacité portante était considérablement réduite en raison de leur âge.

Les suspentes du pont Pierre-Laporte.

Le remplacement des suspentes du pont Pierre-Laporte sera accéléré.

Photo : Radio-Canada

Au début du mois, un contrat d’urgence de 8 millions de dollars a été octroyé sans appel d’offres par le ministère des Transports, afin de réaliser des travaux sur 28 suspentes de l’infrastructure.

D’ici la fin de l’année, un total de 40 suspentes seront consolidées ou carrément remplacées.

Le MTQ assure que le pont Pierre-Laporte est sécuritaire. Environ 120 000 véhicules l'empruntent chaque jour.

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